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08/09/2026
A dark poem part ||| : the messiah complex
GREEN CARNATION
 
Le groupe norvégien GREEN CARNATION n’est pas étranger aux projets ambitieux. On se souvient de son deuxième album, Light Of Day, Day Of Darkness (2001), qui était constitué d’un seul titre d’une durée d’une heure ! Voilà qu’aujourd’hui le groupe s’est lancé dans un triptyque baptisé A Dark Poem. Le premier volet, The Shores Of Melancolia est paru en 2025, le second, Sanguis, début 2026 ; et voilà déjà que se clôt avec The Messiah Complex cette aventure. Défi à l’intérieur du défi, ce troisième opus ne comprend que quatre titres ; nous verrons plus loin dans cette chronique ce qu’il en est.

Cet album s’ouvre avec deux compositions d’une durée normale, conforme par ailleurs aux standards du Prog Metal produit par le groupe. Après une douce introduction Unconditional Artificial Chemistry avance au rythme de riffs quasiment Doom, sur un tempo médium, fortement appuyé par la section rythmique. Les claviers apportent une touche supplémentaire, plus lumineuse. Le chant clair module à la perfection, chargé d’émotions mélancoliques.
Le titre éponyme débute par une guitare en son clair qui égrène ses notes comme des flocons de neige tomberaient. Le chant, accompagné des claviers, de la basse, poursuit en douceur sur un tempo lent, les riffs de guitare n’apparaissant que ponctuellement. Le titre se déroule tout en nuances mélodiques, avec une alternance de passages ouatés et d’autres plus musculeux.

Avec le troisième morceau, Broken Souls, Common Enemies, on est confronté à un format conséquent puisque la durée affiche 8’45 au compteur. Un tel format permet la mise en place de séquences successives, avec toutefois des passages mélodiques qui servent de fil rouge. On trouve même une séquence rapide, avec des vocaux rauques ! Un tel dispositif permet de gagner en dynamique

Avec A Dark Poem – Orchestral Suite, on franchit carrément un cap dans le cadre de cet album, mais aussi par rapport à toute la discographie du groupe. D’une durée excédant les seize minutes, cette pièce est une authentique suite orchestrale, dépourvue de chant et de toute instrumentation typés Metal, mais jouée par d’authentiques musiciens ainsi qu’un chœur. On évolue dans un univers de musique classique pure. Là encore, les contrastes entre les séquences douces et les plages plus intenses jouent à plein et installe une dramaturgie tout à fait crédible. Cordes, cuivres et percussions concourent à créer un rendu passablement cinématographique : une véritable réussite !

La brillante clôture de cette trilogie laisse le groupe face à un dilemme positif pour l’avenir : revenir à des formats moins ambitieux ou continuer à imposer ses audaces, tant conceptuelles que musicales. On a connu dilemme plus difficile à trancher ; c’est ce qu’on appelle avoir l’embarras du choix…

Vidéos de Unconditional Artificial Chemistry cliquez ici et de The Messiah Complex cliquez ici
Alain
Date de publication : mardi 8 septembre 2026