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01/10/2026
Larmes des héros, même les dieux pleurent
SORTILEGE
 
En 2021, l’album Phoenix marquait la résurrection de SORTILEGE, avec une sélection de titres réenregistrés, dont pas moins de cinq issus du deuxième album du groupe, Larmes de héros (1986). Histoire de ne pas thésauriser sur son passé, le combo a depuis livré deux excellents albums avec de la matière fraîche, Apocalypso (2023) et Le Poids de l’âme (2025). Aussi, quelle surprise de constater que SORTILEGE a réenregistré Larmes de héros ! Quelles raisons ont-elles conduit à cette initiative ? L’envie de donner un son moderne à un album dont la production était limpide et équilibrée mais dont le mixage désavantageait les guitares rythmiques. Ou peut-être s’agit-il de reprendre la main sur ces compositions, à défaut d’avoir les droits sur l’album originel. Autant se concentrer sur le volet artistique.

Une chose n’a pas changé, c’est la qualité des compositions, riches d’un Heavy Metal racé, à la fois percutant et foncièrement mélodique. Des mélodies, tant vocales qu’instrumentales, qui marquent l’auditeur. Outre la ballade heavy et poignante Quand un aveugle rêve, on a des morceaux plus fringants, riches en mélodies flagrantes (La Hargne des tordus, Mourir pour une princesse, Messager). Le groupe accélère le tempo à plusieurs reprises (La Huitième couleur de l’arc-en-ciel, Messager, Le dernier des travaux d’Hercule). Au contraire, le groupe sait ralentir sur le lourd et menaçant Marchand d’hommes. L’introduction douce de La Montagne qui saigne se mue en heavy tendu, avec une nouvelle fois des vocaux tour à tour légèrement rauques et mélodiques. Aucun faux pas dans ce répertoire, moins tranchant que Métamorphose, mais indéniablement plus mélodiquement probant.

Reste à savoir ce que donne cette nouvelle version du point de vue de l’interprétation. Sans surprise, la section rythmique conserve la souplesse de l’originel, avec davantage de tranchant dans les guitares rythmiques. Michael ZURITA s’y entend pour émuler les solos originels, tout en fluidité et en technicité sous contrôle. Au niveau vocal, on s’adapte au timbre plus grave de Christian AUGUSTIN, ainsi qu’à de petits arrangements épars, toujours pertinents.

En somme, SORTILEGE version 2026 ne fait pas honte à celui de 1986. Le fan peut sans hésiter découvrir ce cru gouleyant. Espérons toutefois que la prochaine fois que l’on aura un disque de SORTILEGE entre les mains, ce sera pour de la musique nouvelle.

Vidéo de La Huitième couleur de l’arc-en-ciel : cliquez ici
Alain
Date de publication : jeudi 1 octobre 2026