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21/12/10
The complete ozzy years 1970-1978
BLACK SABBATH
 
C’est à n’y rien comprendre ! Le fan ultime de BLACK SABBATH pensait sûrement avoir fait le tour de la période Ozzy en 2004 en acquérant le coffret Black Box, ses huit CD, son copieux livret avec DVD, publié par Rhino-Warner. Ben non, la fin d’année 2010 réserve une surprise de taille : Sanctuary-Universal sort la même chose, avec des plus, histoire de tenter de se démarquer.

Tout d’abord, pourquoi cette doublette ? Inutile d’agonir le groupe lui-même qui n’y est pour rien et qui tente avec The Complete Ozzy Years d’apporter une plus value. En fait, la Black Box était un produit américain, tandis que The Complete Ozzy Years est une sortie européenne. En effet, BLACK SABBATH n’a pas la même maison de disques des deux côtés de l’Atlantique : Warner via Rhino chez l’Oncle Sam, Universal via Sanctuary chez nous.

Ceci étant dit : quel est l’intérêt de ce coffret ? Au plan sonore, chaque album est proposé dans une version remasterisée absolument redoutable... comme dans la Black Box ! Le packaging de la Black Box était discrètement luxueux dans le genre coffret fourreau. Là, on fait dans l’ostentatoire puisque le coffret est en forme de crucifix d’une envergure de 56x43 !!! Avouez que cela en jette. Ensuite, les CD de la Black Box étaient des digipacks qui ne reprenaient que partiellement l’artwork original. The Complete Ozzy Years a mis les petits plats dans les grands avec un format vinyl replica très soigné, reprenant les présentations d’origine, y compris pour les sous pochettes, les posters, les doubles pochettes, les livrets ! Les fétichistes apprécieront.

Là où la Black Box se contentait des huit albums studio avec Ozzy, The Complete Ozzy Years fait un effort en ajoutant la double compilation sortie en 1975, We Sold Our Soul For Rock’n’Roll (aucun inédit cela dit et une sélection discutable), trois documentaires audio réalisé par le journaliste Malcolm DOME avec la participation de Tony IOMMI et Geezer BUTLER (respectivement guitariste et bassiste du SAB) pour les albums Black Sabbath, Paranoid et Master Of Reality. Plus quelques babioles assez dispensables : médiators aux couleurs du premier album, poster (dont une face reprend celui déjà présent dans l’album Master Of Reality, alors qu’un bon cliché live ou une affiche de concert auraient fait l’affaire). Le livret d’une centaine de pages est au format CD et s’avère complémentaire de celui de la Black Box : des commentaires accompagnent chaque album mais surtout des dizaines de pochettes d’albums et de 45 tours sont reproduites.

Pour les néophytes, rappelons brièvement la valeur intrinsèque du BLACK SABBATH originel. Cette formation est considérée comme génitrice du Heavy Metal, tout simplement . Le premier album (1970) était encore très marqué par l’esprit aventureux de la fin des années 60 : les influences Blues, voire Jazz, hantent des compositions souvent assez longues et tortueuses, faites de séquences multiples et contrastées. Paranoid (1970), Master Of Reality (1971) et Volume 4 (1972) synthétisent la formule que des dizaines de formations ont tenté de reproduire depuis : des riffs saturés, simples, des rythmiques lourdes au possible, un chant lugubre. Le Heavy Metal, quoi ! Les velléités d’évolution, déjà perceptibles sur Volume 4, explosent sur le merveilleux Sabbath Bloody Sabbath (1973), bénéficiant d’un son plus épuré au service de compositions franchement barrées, et sur le trop méconnu Sabotage (1975) qui recèle des merveilles comme Hole In The Sky, Symptom Of The Universe et Megalomania. Les deux derniers albums de la décennie, Technical Ecstasy (1976) et Never Say Die (1978), sont la marque d’un groupe épuisé, tant moralement qu’artistiquement. Certes, on trouve de sérieuses pépites et des curiosités délectables : mais Tony IOMMI était le seul à l’époque à tenter de tenir encore la barre, le reste de l’équipage ayant sombré dans la dope et l’alcool, Ozzy plus que tout autre.

A chacun de se déterminer en fonction des albums de BLACK SABBATH déjà présents dans sa discographie et en fonction de son compte en banque. Cela dit, The Complete Ozzy Years représente un cadeau de taille pour un Black Christmas idéal.

Mais le fan ultime attendrait plutôt la publication d'enregistrements live : en plus de Live At Last, il en existe de bonne qualité, pris directement sur la table de mixage : cela aurait le mérite d'apporter un peu de nouveauté !
Alain
Date de publication : mardi 21 décembre 2010