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14/01/11
A sinner's loneliness
CEPHEE LYRA
 
En 2009, CEPHEE LYRA nous avait fortement séduit avec son 2ème EP, Dawn Of Revelation. Rémifm en louait alors les qualités dans une chronique richement argumentée (cf rubrique Futures Stars).
En cette toute fin d'année 2010, le groupe chambérien / lyonnais revient sur les devants de la scène Métal Intégral avec cette fois-ci un album autoproduit, mixé et masterisé par Sacha BESSON (ARCAS) : A Sinner's Loneliness. Des 7 péchés capitaux, CEPHEE LYRA en a retenu 3, la colère, l'orgueil et l'envie pour fonder le thème de l'album.

Signe de bonne santé du groupe, le line up n'a quasiment pas changé : nous retrouvons avec gourmandise la voix de Maud HENT (soprano), les guitares de Sylvain CLAUX, la basse d'Aurélien VISSIO et les claviers de Stéphane ALBANESE. C'est du côté de la batterie qu'est intervenu le seul changement : le départ de David EXARTIER, remplacé par Hector LUGAZ. De plus, 2 chanteurs ont apporté leur concours : Gaëtan PAUCHET et François GUICHARD, chanteur du groupe de Métal annécien BROKEN MIRRORS. Ainsi que les choeurs, composés de Stéphanie CHOPIN (soprano aussi), Caroline SANCHO (mezzo-soprano), Laurent CALLU (ténor) et Sacha BESSON himself (basse), embrasant 4 titres.

A Sinner's Loneliness est la réponse parfaite à l'espoir et à l'idéal dont le 2ème EP avait plus que laissé entrevoir les prémices. Le groupe a musclé sa musique, véhiculant un sang neuf dans une veine plus tonique.
Le Métal est à l'honneur, se drapant, à l'envie et au fil des compositions mélodiques et homogènes, d'un Heavy, d'un Progressif, aux souffles symphoniques et classisants. Voire même épique sur certains titres, comme par exemple Horsemen Of The Apocalypse dont les passes d'armes entre claviers et guitares sont remarquables.
La longueur des compositions et leurs structures permettent au groupe de développer des ambiances pertinentes et laissent s’épancher des plages instrumentales étourdissantes. Comme sur les titres les plus progressifs (avec son enveloppant parfum de DREAM THEATER…) A Destructive Victory, où la voix de François titille le Death Métal et The Myth et son cours passage voix / piano, ses guitares plus ou moins arabisantes.
Burning Paradise ménage aussi ce genre de « délicatesse », plus ou moins sombre et énigmatique, rappelant le CREMATORY des débuts.
Le percutant Deeper Into Rage, où cohabitent les voix de Gaëtan et Maud, me fait furieusement songer à l’album d’un autre talentueux groupe français, ASYLUM PYRE et son superbe Natural Instinct ?.
Sons Of Sorrow, le titre le plus long de l’album (8’40), lui aussi tout en ambiances mélodiques, avec ses variations de tempo, est captivant, ensorcelant.
Lost In A Controversial Mind et le court Dusks Of Pride lorgnent quant à eux vers un Power Métal.
L’album se termine comme il a commencé, par une courte pièce, Nights Of Envy, symphonique et apaisante.
Les chœurs, sur l’intro Days Of Wrath, A Destructive Victory, The Myth et Sons Of Sorrow, nous font penser à ce que THERION proposait du temps de Theli (1996).
Magistral et constant, le chant de Maud alterne le lyrisme de Tarja TURUNEN et la vigueur de Floor JANSEN (lors des ses participations sur les albums d’AYREON et STAR ONE). Hypnotisant !

La production est tout à fait correcte et met en valeur la musique de CEPHEE LYRA. Mais que penser si le groupe avait bénéficié des avantages d’un studio professionnel (les finlandais de Finnvox…) ?
Reste la pochette et le livret (œuvre de Natacha FORLINI), qui par le thème de l’album, sont relativement sombres et froids. Certes, l’habit ne fait pas le moine, mais un costume vaut toujours mieux qu’une robe de bure pour accrocher l’œil ! Toutefois, l’ensemble est rehaussé par un logo doré magnifique.

CEPHEE LYRA a placé la barre très haute avec ce premier album, que ce soit au niveau technique, chant et qualité d’écriture. Et oui, A Sinner’s Loneliness est une étoile qui brille dans le paysage des jeunes groupes français promis à un bel avenir !
Ben
Date de publication : vendredi 14 janvier 2011