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10/07/11
Marching on timeless tales
STONELAKE
 
Le groupe suédois STONELAKE est plutôt du genre bosseur et régulier ; Marching On Timeless Tales est en effet son cinquième album depuis 2006. A priori, l’illustration retenue pour ce nouvel opus ainsi que le titre laissaient augurer d’une nième formation de Heavy Metal classique, grandiloquent, obsédé par l’imaginaire européen. Après écoute, le cas de STONELAKE s’avère nettement plus intéressant.

Non pas que STONELAKE se révèle comme un parangon de l’innovation. Au contraire, au rayon composition, le groupe s’empare exclusivement d’éléments balisés, connus, codifiés, en provenance des préceptes propres au Hard Rock et au Heavy Metal mélodiques des années 80. Des riffs secs, tranchants, propulsés par une section rythmique velue mais mis en contraste par des claviers intelligemment utilisés ; des soli de guitare brillants, virtuoses (mais sans excès), prouvant que leur auteur Jan AKESSON se met avant tout au service des compositions ; des structures introduction couplet refrain et on recommence ; des refrains mélodiques ; des lignes de chant travaillées par un vocaliste – Peter GRUNDSTRÔM – puissant et nuancé à la fois.

Concernant le style, j’ai évoqué ci-dessus à la fois le Hard Rock et le Heavy Metal dans leur acceptation des années 80. A vrai dire, sur certains morceaux, le type de structures, le sens mélodique constant, la présence des claviers renvoient au monde du Hard Rock tel que pratiqué par RAINBOW au début des années 80, par RIOT et DOKKEN (celui des débuts !) également. Par contre, sur d’autres morceaux, le traitement sonore global coule le tout sous un vernis rutilant de Heavy Metal. Exemples. Le chant est certes posé, mélodique mais il sait se faire menaçant ou monter dans les aigus, à la HALFORD ou Tony MOORE (RIOT sur les albums Thundersteel et Privilege Of Power). Les riffs sont rendus plus lourds par une production implacable. Le batteur joue carré mais son usage occasionnel et très bien dosé de la grosse caisse s’apparente à l’univers du Power Metal. Si un titre échevelé comme Sound Of A Whisper, même les claviers contribuent à renforcer l’ambiance épique.

Marching On Timeless Tales n’apprendra rien aux habitués de Hard mélodique ou de Heavy à la JUDAS PRIEST ; par contre, la qualité réelle des compositions et de l’interprétation en font une oeuvre franchement digne d’intérêt.
Alain
Date de publication : dimanche 10 juillet 2011