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14/11/11
Addictions
SATAN JOKERS
 
Lors de son retour en 2009, j’ai eu quelques difficultés à écouter SATAN JOKERS. Car a priori, cette formation n’avait rien de commun avec le groupe que j’ai pu écouter et diversement apprécier dans les 80’s : seul Renaud HANTSON semble avoir survécu à cette période (RIP, Laurent BERNAT) mais le batteur est désormais chanteur. Pourtant, l’écoute de Fetish X, en 2009, m’a convaincu que ce retour avait une réelle raison d’être.

SATAN JOKERS a subi quelques modifications (Aurélien OUZOULIAS est officialisé batteur tandis qu’Olivier SPITZER est parti fonder le génial SUPERFIZ) et revient aujourd’hui avec un Addictions fascinant à plus d’un titre.

Musicalement, le quatuor nous propose un album varié, au cours duquel les chansons violentes et explosives (Reine Cocaïne, Appétit Pour L’Autodestruction, Ma Vie Sans) côtoient des moments plus intimistes (Dealer (Docteur Vice), Substance Récompense, Une semaine En Enfer…) ou oppressantes (Euphorie), toutes efficaces, exception faite de Chute, Rechute, seul titre moins inspiré. On reconnait cependant un style d’écriture, HANTSON et sa bande s’adressant aujourd’hui autant aux fans de Hard Rock qu’à ceux qui ont suivi la carrière pop/variété qui fut celle du chanteur dans les 90’s et qui laisse d’incontestables traces dans certains refrains et mélodies imparables.

Pourtant, c’est avant tout la démarche introspective de cet album qui m’a attiré. Renaud, addict à la cocaïne, suit avec cet album une véritable thérapie, de celles qui visent à mettre un terme à une addiction destructrice en s’exposant ouvertement à tous. Sans fard. Sans honte. Avec honnêteté, pudeur et réalisme. Pour cela, HANTSON a travaillé avec le docteur Laurent KARILA, psychiatre spécialisé dans les affaires de drogues, d’addictions à diverses substances. C’est son autorité en la matière qui donne au treize textes qu’il a écrit (certains en compagnie du chanteur) la force de cet album. Une force et un intérêt superbement mis en musique par un SATAN JOKERS inspiré, pour un résultat qui ne peut laisser indifférent. Car si l’album démarre sur une déflagration qui doit ressembler à l’excitation d’un sniff, la suite est variée, alternant doute et euphorie, envie et déception… Une descente aux enfers dont le lent, lourd et cauchemardesque Puzzle Cérébral est une prévision inquiétante de la thérapie qui doit suivre.

Addictions est une véritable analyse d’une dépendance que l’on ne peut souhaiter à personne, et, honnêtement, la vision d’un être esclave d’une substance à de quoi faire réfléchir… Plus qu’un album, cette œuvre est à considérer comme une nécessité préventive dans la lutte contre la drogue. A présenter, expliquer et détailler dans n'importe quel cours de SVT ou de chimie... Un album d'utilité publique!
metalmp
Date de publication : lundi 14 novembre 2011