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30/03/12
Steamroller
PHILIP SAYCE
 
Le public européen fait connaissance avec PHILIP SAYCE en 2009, lorsque Mascot Label Group décide de distribuer pour le Vieux Continent son premier album Peace Machine, paru quatre ans plus tôt aux États-Unis. Toutefois, le singer-songwriter canadien d’origine galloise a investi la scène Rock dès le début des années 2000. Signé à sa sortie de l’université, il fréquente assidûment les clubs de sa ville de Toronto, ce qui lui permet de jammer avec son compatriote Jeff HEALEY. Rapidement intégré à son groupe, il débute donc une carrière prolifique de session-man, qui le conduira également à accompagner Melissa ETHERIDGE. En 2010, il assure les premières parties de la tournée française de DEEP PURPLE. Parallèlement à ces activités, il officie en solo depuis 2005. Steamroller, son quatrième album, paraît en 2012.

Dès les premières mesures de l’introductif Steamroller, on constate que l’esprit de Jimi HENDRIX habite le disque. PHILIP SAYCE a parfaitement assimilé l’influence du gaucher de Seattle, qui, écumant les scènes aux côtés de grands bluesmen avant de débuter une carrière solo, a connu un parcours similaire au sien. Le Canadien signe ainsi sur Holding On de superbes lignes mélodiques rappelant Little Wing, l’un des plus grands chefs d’œuvre du Voodoo Child.

Steamroller présente une dominante Rock, donnant lieu à des titres tels que Beautiful, dont le refrain imparable doit autant à un riff concis qu’à la voix remarquable de SAYCE. Dans une optique proche, Stung By A Woman se colore de Funk. Le musicien durcit le discours au travers du Hard Rock de Black Train et du Hard Blues de The Bull, qui confirme un penchant pour la « musique du Diable » révélé par ailleurs. L’album recèle enfin un véritable joyau, la somptueuse ballade Marigold, qui tire parti d’un chant absolument poignant.

PHILIP SAYCE apparaît comme un artiste accompli, un talentueux guitariste multipliant les riffs efficaces. Des plans bluesy de la plage éponyme au lyrisme de l’instrumental Aberstwyth, ode à sa ville natale, l’intégralité de l’album bénéficie de son feeling. On lui reconnaîtra en outre le mérite de ne pas faire étalage de sa technique. A quelques exceptions près, dont le solo de Black Train, il met en effet rarement en exergue sa virtuosité.

Regroupant de superbes compositions, Steamroller se rapproche de la perfection. Les inconditionnels de Jimi pourront l’acquérir les yeux fermés : ils connaîtront alors une expérience inoubliable. Incontestablement, PHILIP SAYCE doit recevoir tous les honneurs de la planète Rock.
Chouman
Date de publication : vendredi 30 mars 2012