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23/11/12
The silent witness march
CLOSURE
 
Initiée en 2002, la formation belge de Metal alternatif CLOSURE connaît une longue genèse. Il faut en effet attendre 2010 pour que son line-up se stabilise autour de Kevin LERMINIAU (guitare et chant), seul membre fondateur ayant poursuivi l’aventure. De la même manière, la réalisation de l’album The Silent Witness March constitue un travail de longue haleine. Son enregistrement a lieu en avril 2011, avec le concours des producteurs Mikey DOLING (SNOT, SOULFLY) et Gérald JANS. Mixé le mois suivant, le LP est finalement publié le 5 octobre 2012.

Avant même d’avoir délivré sa première mesure, The Silent Witness March frappe les esprits par l’imagerie funéraire qu’il développe. L’artwork de ce disque - publié de façon fort appropriée via le propre label de CLOSURE, Funeral Inc Records – présente une forêt, en filigrane de laquelle apparaît un crâne. Le livret, sobrement réalisé, fait apparaître un fossoyeur accomplissant son office, et le digipack, des cordes de pendu… Tout un programme, auquel font écho les atmosphères créées par le combo. Instantanément, nous sommes captivés par des paysages oppressants (Caught In Lies) ou instillant un sentiment de terreur diffuse (P.S.A.L.M.). L’apaisement, quand il intervient, est tout à fait relatif : sur Black Demons Army, il est figuré par une mélancolique guitare lead.

Le recours à ces procédés met en lumière un message radical, désespéré, dû aux plumes de Laurent MALCORPS et Kevin LERMINIAU : celui-ci signe les textes des six premiers morceaux, tandis que les paroles des trois derniers sont créditées à celui-là. Il s’agit d’explorer la noirceur de l’âme, thème dont le morceau final My Funeral apporte, avant toute écoute, un indice très net. Green Addiction proclame ainsi « There’s only gloom left in my soul. », alors que Siberian Bride évoque une souffrance indépassable (« Is there an escape from suffering ? ») et une tristesse qui se confond avec l’obscurité. De manière générale, le style apparaît remarquable tout autant que direct.

Toutefois, l’univers des musiciens bruxellois ne se réduit pas au pessimisme. Introduit par les clameurs d’une foule, le titre le plus puissant de l’album, Revolution, prône une subversion non violente (« No balls just words »). L’ordre établi y est dénoncé sans équivoque, le vers « Till we die, we are all their slaves. » témoignant d'un refus de la soumission. D’autres moyens viennent accroître la portée de la thèse défendue dans le morceau. Il s’agit tout d’abord du rythme du chant : martial, il met en exergue le leitmotiv « Revolution – Is The Solution ». Les techniques utilisées jouent également un rôle notable, avec le recours au growl, mais aussi à la double pédale. Ainsi, non content d’offrir un décor accablant, The Silent Witness March se mue à l’occasion en véritable manifeste, ce qui renforce encore son attrait. Par cette superbe production, CLOSURE nous offre une expérience passionnante, qu’on pourra sans nul doute revivre lors de ses prestations scéniques. Tout porte en effet à présumer qu’elles sont empreintes de la même solennité.

Line-up :

Laurent MALCORPS : chant
Kevin LERMINIAU : guitare rythmique / chant
Logan DANDOIS : guitare lead
Nicolas DE WIT : basse
Guillaume GAILLY : batteries, percussions
Chouman
Date de publication : vendredi 23 novembre 2012