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09/05/13
The mouths of madness
ORCHID
 
Si jamais ORCHID avait pour idée d'échapper aux comparaisons avec BLACK SABBATH, c'est définitivement peine perdue avec ce second album (après Capricorn paru en 2011). Par ailleurs, les indices évoquant les géniteurs du Heavy Metal sont tellement nombreux que nier l'inspiration serait vain. Le nom du groupe est le titre d'un morceau sur l'album Master Of Reality. Le lettrage du titre de cet album est identique à celui de l'album Volume 4 ; la couleur du logo est semblable à celle de BLACK SABBATH sur Master Of Reality. Ceci pour en rester aux éléments les plus superficiels.

Quant au propos musical à proprement parler, il s'inscrit lui aussi très nettement dans le corpus magistral édifié durant les années 70 par le gang de IOMMI et consorts. Même goût pour les riffs énormes et saturés, pour les solos bluesy, pour les lignes de chant calquées sur la rythmique, pour les structures alternant plusieurs thèmes assez simples, pour les lignes de basse énormes et très présentes, pour un jeu de batterie puissant mais très mobile et souple. Il n'est pas rare de sursauter au détour de tel ou tel titre, tant les similitudes de certains plans avec la discographie du Maître est troublante. On vous fera grâce du petit jeu des ressemblances...

Pourtant, The Mouths Of Madness développe un charme certain et ORCHID ne saurait se résumer à une pâle copie. Tout d'abord parce que le groupe maîtrise à merveille les codes du Heavy Metal de la première partie des années 70, n'oubliant notamment pas les mélodies troubles fleurant bon le Rock psychédélique. Ensuite parce que ORCHID possède un authentique savoir faire en matière de composition : riffs et mélodies sont solides, les breaks sont pertinents et relancent l'intérêt au sein même des morceaux. Pas moins de quatre compositions approchent ou dépassent les sept minutes et on peut vous garantir que ORCHID ne s'égare pas, ne s'enlise pas.

Même si ses modulations sont somme toute proches de celles d'Ozzy dans les années 70, le chanteur Theo MINDELL met en œuvre un timbre un peu différent, qui rappelle davantage celui de Eric WAGNER de TROUBLE.

Voilà donc un album que l'on peut approcher de deux manières radicalement différentes. La première option consiste à pointer du doigt l'allégeance trop flagrante à qui vous savez. La seconde permet de laisser sa chance à un groupe qui respecte avec un certain panache le programme révérenciel qui est objectivement le sien.
Alain
Date de publication : jeudi 9 mai 2013