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08/12/13
Monkeys in bercy 13
SHAKA PONK
 
SHAKA PONK est véritablement LE phénomène musical français de ces derniers mois. LE groupe français de Rock (sans ampli) le plus agité depuis... Avec une tournée-marathon, le Geeks Tour (plus de 130 dates de concerts à travers la France et un million environ de spectateurs), SHAKA PONK n'en finit plus de s'attirer les faveurs d'un public de plus en plus nombreux et déjà conquis par The Geeks And The Jerkin' Socks (2011), leur dernier album studio dont sont issus leurs tubes My Name Is Stain (titre certainement le plus calibré "Pop", qui a tourné en boucle sur les radios et certaines chaînes de télévision nationales omnipotentes...), Let's Bang et I'm Picky. Mais le groupe n'a pas attendu le réveil (enfin !) tardif de ces médias français pour se tailler une réputation, entre autre de "bête de scène". Si Loco Con Da Frenchy Talkin' (2006) est plutôt orienté Electro. (et déjà soutenu par la webradio La Grosse Radio), Bad Porn Movie Trax (2009) et son tube Do vont véritablement propulsé le groupe sous les feux de la rampe. Leur 3ème album (disque de platine... mais est-ce que cela veut encore dire quelque chose aujourd'hui ?) enfonce définitivement le clou dans la carapace médiatique française. Leur Rock / Métal Electro. déjanté pimenté de Pop, Funk, "Disco", Rap est récompensé alors lors des Victoires de la musique cru 2013 - catégorie spectacle musical et lors des MTV Europe Music Awards 2013 (mais là aussi, est-ce que cela veut encore dire quelque chose aujourd'hui .... ?). Après avoir dus s'exiler en Allemagne à ses débuts, faute de trouver un soutien et une oreille un tant soit peu attentive en France, les musiciens de SHAKA PONK seraient-ils en passe d'en devenir maintenant ses Rock Star ?

Cerise sur le gâteau, le groupe enregistre son premier DVD, Monkeys In Bercy 13, au Palais Omnisports de Paris Bercy le 05 janvier 2013 devant 16 500 fans, venant ainsi clore une tournée dantesque à travers le pays (dont l'Olympia et le Zenith). Préparé durant la tournée par Samaha et Frah (chant), CC (guitare), Mandris (basse), Ion (batterie) et Steve (claviers), ce concert-spectacle unique est tout simplement et proprement... EXPLOSIF !! 114 minutes, 21 titres, dont 16 piochés dans sa discographie (avec une majorité issus du dernier album), un son énorme, une animation graphique 3D fantastique, de l'intro. avec GOZ (aux allures de Gollum-Sméagol) jusqu'au rugissement final d'un King Kong toutes dents dehors : SHAKA PONK met littéralement le feu au POPB !

Frah a le diable au corps, sautant dans tous les coins possibles et surtout dans le public, rampant (et se déplaçant de façon simiesque, à l'image de leur singe virtuel et mascotte Gustave Orlando Zimbana) malgré une attelle maintenant un genou droit opéré quelques semaines auparavant. Cependant, sa voix me semble quelque peu fatiguée, le sentant parfois peiner quand il veut grimper dans les aigus ou forcer pour haranguer la foule. Samaha, son "double" féminin, livre une prestation tout bonnement fabuleuse avec une présence scénique, un chant et un charme hypnotiques, portant à elle seule un Sex Ball déflagrant. Tous deux sont extrêmement complémentaires.
CC, Mandris et Ion ne s'économisent pas non plus ! Leur attitude est purement Rock'N Roll et radicalement Métal, tout comme le rendu sonore. Quant à l'imposant Steve, il utilise une large palette de sons avec ses claviers, bidouillant / vocodant sa voix au gré de ses interventions. Une vraie Team Atomic !!!

Mais ce show n’est pas seulement sonore ! SHAKA PONK, grâce à une maîtrise professionnelle des nouvelles technologie et de l’ordinateur, plus quelques bricolages, use d’effets visuels 3D, graphismes et animations pour mettre en scène leur mascotte, jouer avec des ombres chinoises ou faire intervenir sur écran Deborah DYER, la chanteuse du groupe anglais SKUNK ANANSIE (séquence enregistrée auparavant lors d’une rencontre avec la chanteuse). Les caméras scotchées en bout de micros, à la guitare, à la basse ou portées par d’étranges individus grimés en noir déambulant sur la scène produisent des images hallucinantes. Sur le DVD apparaissent aussi des humanoïdes sur scène et autres animations sur les corps. Proprement… EPOUSTOUFLANT !! Quelques petits clins d’œil « facétieux » au générique de James Bond et à la scène psychédélique (Doors), à NTM (dans ma benz, benz, benz… au début de Let’s Bang) ou MUSE (I’m A Lady) entre autres parsèment ce concert. Réflexion et ressenti tout à fait personnels : l’intensité, la puissance et l’énergie (voire la démesure !) de ce Monkeys In Bercy 13 sont tout aussi étourdissantes que les deux livrées de RAMMSTEIN (groupe qu’apprécie particulièrement Samaha) : Live Aus Berlin (1998) et dans une moindre mesure Volkerball (2005).
Et puis c’est aussi une histoire d’amitié, lorsque le groupe laisse la place à Bertrand CANTAT (rencontré lors d’un concert) et au bassiste Pascal HUMBERT pour l’interprétation minimaliste et sincère de Avec Le Temps (1969) de Léo FERRE. Pur instant d’émotions. Qui se prolonge avec la cover des ROLLING STONES, Gimme Shelter (Let It Beed – 1969 aussi !), moment Rock’N Roll magique qui voit Samaha verser une larme ! Puis Bertrand reste sur scène, transcendé, pour interpréter Palabra Mi Amor, titre qu’il a co-écrit sur The Geeks And The Jerkin’ Socks. Bravo l’Artiste.
Autre présence sur scène, celle du rappeur américain Beat Assailant (de son vrai nom Adam TURNER) qui vient exhaler son flot de paroles coulé et propre (façon old school à la EMINEM) entre les riffs et la rythmique tonitruante (un petit côté ici LINKIN PARK…) de Morir Cantando, cover de… Dalida, entamé a capella par Samaha. 4 pom pom girls (la Team Angels) viennent s’agiter sur le final. Histoire d’amitié là aussi, puisque cet artiste interprète un titre, Old School Rocka sur le dernier album.

Petits singes que nous sommes, nous suivons grâce à Monkey TV la seconde partie de ce DVD, riche de 80 minutes ou le groupe livre « ses secrets » de compositions, son travail graphique de scènes (mais aussi le montage et les dessins de l’artwork, magnifiques, réalisé par Liberatore), ses rencontres (Bertrand CANTAT, Deborah DYER…), ses péripéties (la blessure au genou de Frah… Et non, la douleur ne se calme avec des pépitos !)… etc. Bref, nous découvrons des artistes profondément humains, adultes et humbles, professionnels, partageant cette vie Rock’N Roll en parfaite osmose et intelligence. Sérénité qui contraste avec l’énergie et la folie dégagées sur scène ! Et « petites » gâteries supplémentaires : 6 titres live ! Prima Scene, Run Run Run, Higher Ground avec le groupe FISBONE (la grande classe !), I Can Dream, Spit You Out avec le groupe SKUNK ANANSIE et une cover de Kim WILD, Kids In America, en compagnie du chanteur de SKIP THE USE, Matt Bastard (A quand la reprise en totalité de Run To The Hills, refrain entonné par Frah et Matt en coulisses ?).

Disponible en simple DVD-CD ou en coffret (garni d’un teeshirt), ce Monkeys In Bercy 13 est l’aboutissement d’une tournée monumentale, témoignage unique d’un groupe explosif, « bête de scène », un show-spectacle visuel et musical rodé à la sueur et à l’énergie à travers la France entre autre. Oui, vraiment du Grand Spectacle ! Infatigable, SHAKA PONK prépare déjà son 4ème album, qui verra le jour au printemps 2014, et entamera une nouvelle tournée dans la foulée, dont un passage est annoncé à Musilac (Aix-Les-Bains) en juillet 2014, au côté de MOTÖRHEAD ! Démoniaque !!! J’en serai ! Et vous ?

Setlist DVD : Intro, Shiza Radio, Reset After All, Hombre Que Soy, Twisted Minda, Hell’O, Doors, Sex Ball, I’m Picky, Dot Coma, Te Gusta Me, Morir Cantando (Dalida, feat. Adam TURNER aka Beat Assailant), Let’s Bang, I’m A Lady, Avec Le Temps (Léo FERRE, Feat. Bertrand CANTANT et le bassiste Pascal HUMBERT), Gimme Shelter (THE ROLLING STONES, Feat. Bertrand CANTAT et Pascal HUMBERT), Palabra Mia Amor (feat. Bertrand CANTAT), How We Kill Stars, My Name Is Stain, French Touch Puta Madre, Spit.

Setlist CD : Intro, Shiza Radio, Reset After All, Hombre Que Soy, Twisted Minda, Hell’O, Doors, Sex Ball, I’m Picky, Let’s Bang, My Name Is Stain, I’m A Lady, Spit (56’52).


Ben
Date de publication : dimanche 8 décembre 2013