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07/06/14
Nineteen
SPELLBLAST
 
Les voilà de retour ! Non, je ne parle pas des cyborgs T-101 et T-1000 ! Ni du Doc et de Marty McFly ! Mais des transalpins de SPELLBLAST, les sérieux concurrents à bon nombre de grosses pointures européennes qui évoluent elles aussi dans le power metal à tendance symphonique, comme DARK MOOR, WISDOM, ANCIENT BARDS ou encore RHAPSODY OF FIRE. La formation italienne vient d’accoucher d’un troisième « bébé » prénommé Nineteen, sujet d’un thème conceptuel basé sur l’œuvre littéraire ‘La Tour Sombre’ du génie du roman fantastique et d’épouvante Stephen King. Ce qui donne un résultat plutôt intéressant musicalement et textuellement.

Ayant déjà 3 sorties à son actif, une démo Ray Of Time (2004) et deux albums, à savoir Horns Of Silence (2007) ainsi que Battlecry (2010), qui ont reçu d’excellentes critiques dans les médias, le groupe a décidé de se « moderniser » un tantinet en mettant de côté le léger aspect « folk » présent sur Battlecry pour se concentrer sur une facette plus actuelle à l’aide de passages électroniques ou cinématiques qui renforcent la musique du quartet et l’amènent vers une autre dimension. Sans compter la production réalisée par le combo lui-même, soignée et puissante cette fois-ci, sûrement due au fait que SPELLBLAST s’est à nouveau emparé du New Sin Studio de Trévise, où de nombreuses formations prestigieuses ont également enregistré leurs pépites (RHAPSODY, ELVENKING, WHITE SKULL, MACBETH, LABYRINTH).

Daniele, Luca, Xavier et Michele ont bossé dur depuis 2010 pour nous présenter ce fabuleux témoignage de leur talent de composition et d’interprétation. Nineteen est un disque qui s’écoute sans mal et qui plaira à la majorité d’entre vous, même si on peut lui reprocher d’avoir beaucoup emprunté au power metal mélodique d’aujourd’hui, comme ces riffs un peu convenus, même si l’ensemble reste assez personnel en général. Mais, on ne peut s’empêcher d’entendre certaines structures qui peuvent rappeler par moments des groupes comme ELVENKING, FINNTROLL ou encore FALCONER. Mais, ce ne sont là que des exemples qui ne sont pas forcément représentatifs du metal créé et joué par SPELLBLAST. Et vous seuls pourrez vous faire une idée sur les similitudes possibles avec d’autres formations européennes. Toutefois, l’ennui n’est pas au rendez-vous et l’idée de mêler des parties orchestrales ingénieusement parsemées tout au long des titres permet à ces derniers de gagner en profondeur et en ambiances. C’est, principalement, le cas sur Eyes In The Void, The Reaping, Until The End, We Ride ou Programmed To Serve.

Entre les arrangements symphoniques, on retrouve avec plaisir des morceaux bien speed comme Banished ou A World That Has Moved On. Mais, surtout, et je tiens à le préciser, ce qui surprend le plus sont les clins d’œil réguliers sympathiques aux westerns-spaghetti et, notamment, aux pièces maîtresses d’Ennio Morricone (‘Le Bon, La Brute Et Le Truand’ ou ‘Il Etait Une Fois Dans L’Ouest’ du réalisateur Sergio Leone) sur Highway To Lud et Until The End, afin d’illustrer le premier tome de la saga de ‘La Tour Sombre’, dont le titre ‘Le Pistolero’ est fort éloquent quant à ce choix far-westien musical. Qui, d’ailleurs, nous amène au sein d’un film rempli de mélodies séduisantes et de rythmiques endiablées, la cavalerie des notes jouant à la guerre avec les peaux-rouges de la tribu des tempos massifs. Vraiment, les italiens se sont largement surpassés sur ce coup-là ! Pas une seule composition ne se démarque des autres, chaque piste ayant la particularité de faire partie d’un tout unifié, global, universel. Cette galette parlera sans doute à votre âme. C’est ce qu’elle a fait avec la mienne. Et après l’avoir écouté maintes et maintes fois, j’ai toujours la chair de poule. Il s’agit là d’un quatuor sur lequel il faudra désormais compter dans l’avenir, non pas qu’il soit si original que cela, mais parce qu’il fait les choses de manière très professionnelle et qu’il a à cœur de rajouter sa pierre à l’édifice du metal orchestral. Si vous ne savez pas quel récent album acheter dans la catégorie power metal, que cela soit en magasin ou en ligne, c’est celui-ci que je vous conseillerais le plus, étant donné sa très grande qualité.
Jan
Date de publication : samedi 7 juin 2014