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27/09/14
Dies grows
LUCIFER WAS
 
Les Norvégiens de LUCIFER WAS livrent leur sixième album depuis 1997. Quand on sait que le groupe s'est formé en 1970, on ne peut pas dire que la carrière du groupe ait été linéaire et productive. Mais le groupe semble dorénavant à livrer régulièrement des albums, pour notre plus grand plaisir.

S'ils sont généralement catégorisés comme un groupe progressif, il faut d'emblée préciser qu'ils ont développé une formule qui contourne bon nombre des clichés propres au genre.
Débutons par ce qui rattache effectivement au Rock progressif et au Rock des années 70 en général. Le choix des instruments est essentiel. Les claviers sont majoritairement vintage (orgue Hammond B3, Mellotron) et excellent aussi bien dans l'arrangement que dans le dialogue avec les guitares. Sauf que le dialogue est en fait un ménage à trois, une flûte venant rehausser l'ensemble avec force ou délicatesse.
On pourrait également évoquer les harmonies vocales qui appuient le chant de Jon RUDER, dans la grande tradition Folk de la fin des années 60 ou du Rock progressif le plus accessible des années 70 (BARCLAY JAMES HARVEST). Ecoutez le pastoral I Am Outside et vous comprendrez...

Pourtant, LUCIFER WAS ne sonne pas comme la rencontre entre DEEP PURPLE et JETHRO TULL. Tout d'abord, le groupe propose des chansons plutôt courtes, dotées de mélodies très efficaces, fuyant toute démonstration technique. Non pas que les musiciens de LUCIFER WAS aient à rougir de leurs capacités : grande cohérence et versatilité de la section rythmique, belle intensité des guitares en solo, claviers impeccables et surtout le chant ample, dramatique et puissant de RUDER.
La variété des compositions est également un atout majeur. Outre les tendances plutôt douces déjà évoquées (Dies Grows, I Am Outside, Crazy World Turns To Me), le groupe durcit notablement le propos à plusieurs reprises, avec des titres très Hard Rock (l'irrésistible The Devil Is The Boss Animal, Glass Shoe, From Behind Everybody's Blind), voire Heavy (Yellow House, Silver Spoon, Afterlife). Dans les moments les plus intenses, LUCIFER WAS se rapproche de formations comme URIAH HEEP et ATOMIC ROOSTER, dans cette manière de combiner lourdeur, mélodie et emphase.

Définitivement, Dies Grows est un excellent album, quelle que soit la catégorie dans laquelle on le range.
Alain
Date de publication : samedi 27 septembre 2014