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12/10/14
Black snow
KLOGR
 
Depuis sa fondation, en 2011, KLOGR a été confronté à plusieurs changements de line-up. Ainsi, le seul rescapé des musiciens ayant enregistré le premier album du groupe, Till You Decay (2012) se nomme Gabriele « RUSTY » RUSTICHELLI (chant). Todd ALLEN (basse), Nicola BRIGANTI (guitare) et Filippo DE PIETRI (batterie) ont en effet respectivement été remplacés par Giovanni « JOBA » VIGNALI, Giampaolo « GIAMPI » VIESTI et Stefano « STE » MAZZOLI. Malgré cette instabilité, la formation, devenue un quintette avec l’arrivée de Eugenio CATTINI (guitare), continue à nous livrer ses productions à une cadence soutenue. Après l’EP Till You Turn (2013), elle nous propose en 2014 son deuxième LP, Black Snow.

Dans ce nouvel opus, KLOGR s’inscrit indéniablement dans la continuité de ses albums précédents. Le Rock alternatif du groupe dégage une impression de puissance, sensible dès l’introductif Zero Tolerance, dont les couplets se distinguent par une section rythmique lourde et par le recours au chant saturé. Toutefois, les compositions des Italiens possèdent également un caractère mélodique. Ce dernier apparaît notamment sur Refuge, où les refrains, relativement apaisés, et les interventions de la guitare lead – pont et solo gorgés de feeling – forment un contraste avec les parties vocales par ailleurs menaçantes de RUSTY. Un registre auquel le chanteur est loin de se cantonner : en témoigne la douceur dont il fait preuve lors des couplets de Heart Breathing, power ballad aux accents mélancoliques.

En outre, Black Snow offre des textes particulièrement intéressants, dont le fil conducteur est constitué par la dénonciation des excès du capitalisme, et en particulier ses ravages sur notre environnement. Ainsi, par ces vers, Zero Tolerance condamne l’absurdité de la recherche effrénée du profit :

« Greedy man you're looking for new wealth / What are you gonna do when everything is wasted ? »

Ce morceau a été inspiré par les véritables massacres de dauphins régulièrement perpétrés dans la baie de Taiji, au Japon, depuis 2010, actes absolument intolérables selon KLOGR. On retrouve la thématique écologiste sur l’incroyable Draw Closer, dont l’irrésistible refrain proclame : « Tell me motherfucker aren't you dying / When you kill your world ».

Au-delà des considérations politiques, les Italiens proposent une réflexion plus générale sur différents thèmes tels que le déclin, déjà largement abordé sur Till You Decay :

« They're falling down / All their crowns will fail » (Failing Crowns),

la formule de « vie brisée » (Severed Life) pouvant également se rattacher à cette notion. Ce diagnostic sombre mais lucide sur notre société se conclut par la ballade désabusée Ambergris, où le narrateur évoque la honte que lui inspire la nature de l'homme :

« All my shame / For what we call man. ».
Chouman
Date de publication : dimanche 12 octobre 2014