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02/09/15
2113
CAROUSEL
 
Après Jeweler's Daughter (2013), le quartette de Pittsburgh CAROUSEL remet le couvert avec 2113. Le titre de ce second opus résonne comme un clin d’œil malicieux au classique 2112 de RUSH mais la comparaison s'arrête là. Chez CAROUSEL, il n'est point question de Metal progressif ni de concept obscur relevant de la science-fiction, mais bien de Hard Rock concis, direct, brûlant, servi droit dans la face.

C'est un véritable festival de riffs secs et teigneux, tressautant sur une section rythmique sans concession (mais pas sans nuances), avec un chanteur, Dave WHEELER, qui, bien qu'ayant un registre relativement restreint, compense par un timbre voilé et des intonations variées (du sardonique à l'émouvant). Ajoutez à tout cela deux guitaristes – WHEELER et son compère soliste Matt GOLDSBOROUGH – qui combinent des plans à deux d'une complémentarité électrique et mélodique qui évoquent forcément THIN LIZZY. Ecoutez l'introduction de Buried Alive In Your Arms pour vous faire une idée

S'il faut poursuivre dans le petit jeu des références, faisons-le pour le meilleur car CAROUSEL maîtrise tous les codes du Hard Rock le plus brûlant de la seconde partie des années 70 : le côté Rock'n'Roll salace et voyou de AEROSMITH (Jim's Song, Trouble ou même la ballade poignante Strange Revelation), la hargne électrique tour à tour lâchée et retenue de Ted NUGENT (le rampant Photograph), le sens de l'économie propre à THE ANGELS (c'est flagrant sur le titre 2113!). Le groove irrésistible de Highway Strut me fait un peu penser à du Bob SEGER.
En clôture d'album, CAROUSEL a l'extrême bon goût de reprendre avec talent le Turn To Stone de cet immense guitariste qu'est Joe WALSH (JAMES GANG, THE EAGLES) ; la version de ce titre paru sur les albums Barnstorm (1972) et So What (1975) est ici remarquable d'intensité et de feeling.

Décidément, tout est de bon goût sur cet album simple et chaud, rugueux et émouvant à la fois.
Alain
Date de publication : mercredi 2 septembre 2015