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09/12/15
Heliodromus
SUNRUNNER
 
SUNRUNNER est un groupe du Maine qui a déjà sorti deux albums (Eyes Of The Master en 2011 et Time In Stone en 2013) ainsi que deux EP et un single. Arrive donc l'étape souvent décisive du troisième album, avec au bout du compte un verdict mitigé mais intéressant, voire encourageant.

Si l'on s'en tient à l'écoute de titres comme Technology's Luster et Keepers Of The Rite, on jugera que SUNRUNNER fait partie de ces cohortes de groupes reprenant à leur compte avec compétence le Heavy Metal mélodique, rapide et fringant tel qu'il fut immortalisé par HELLOWEEN avec le diptyque Keeper Of The Seven Keys. Tempos rapides, rythmiques nerveuses, guitares jumelles génératrices de mélodies entêtantes : jusque-là, rien que de très convenu quoique fort habilement exécuté sur le plan instrumental.

Là où SUNRUNNER s'avère plus intéressant, c'est dans sa propension à injecter une bonne dose de progressif dans son Heavy Metal racé. Cette dimension est surtout prégnante dans les rythmiques – riches en contretemps et en breaks – et, d'une manière plus générale, dans les structures des compositions, basées sur une imbrication de séquences multiples reposant sur des contrastes d'ambiances, de rythmes et de tempos. Quand on parle conjointement de Metal et de progressif, on a tendance à s'imaginer immédiatement un Metal surpuissant, ultratechnique, voire carrément démonstratif. En fait, SUNRUNNER s'inspire de la démarche plus pondérée et plus subtile adoptée par une formation pionnière comme FATES WARNING. Certains passages font en outre penser à IRON MAIDEN.
Dans ce registre, le groupe est suffisamment solide pour se permettre un monumental titre éponyme de 21 minutes qui s'écoute de bout en bout sans lassitude aucune : un tour de force qui mérite d'être salué ! Rien d'ostentatoire, rien de prétentieux, même les quelques plans jazzy qui se glissent ici ou là s'intègrent bien à l'ensemble.

Seconde singularité stylistique du groupe, son penchant Folk concrétisé par des arrangements de mandoline et même par une composition intégrale, The Plummet, qui fleure bon le chant de taverne avec sa mandoline, sa guitare acoustique, son tambourin, son violon, ses choeurs masculins. C'est fort habilement troussé et cela diversifie l'album.

Avec tous ces atouts, comment se fait-il que SUNRUNNER ne parvienne pas à réaliser un album encore plus fort ? Il manque encore un atout clé au groupe : un chanteur solide et puissant. Trop souvent, on tique sur des lignes de chant un peu justes et manquant d'ampleur. Avec un renforcement dans ce secteur, nul doute que la musique de SUNRUNNER gagnerait une stature nettement supérieure.

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Alain
Date de publication : mercredi 9 décembre 2015