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10/01/16
Lugnet
LUGNET
 
Il n'aura pas fallu attendre longtemps avant de ressentir la première grosse sensation de 2016, en l'occurrence avec ce premier album des Suédois de LUGNET. Sur le papier, Lugnet n'est qu'un nième album de Hard Rock classique inspiré par les années 70. A l'arrivée, il s'agit bien de cela, mais littéralement par un sens particulièrement affûté de la composition et par une interprétation qui chatouille les sommets.

Les guitaristes de se contentent pas de livrer des riffs acérés, ils combinent leurs interventions en duo, évoquant inévitablement par moments THIN LIZZY ; les solos sont également du genre gorgés de feeling et de mélodie, prenant leur temps pour promener l'auditeur sur un parcours électrique à souhait. L'essentiel de la puissance est apporté par une section rythmique impressionnante d'intensité : toujours en mouvement, parfaitement soudée et en appui parfait des riffs, c'est un modèle du genre, combinant force et mobilité. Pour parfaire le tout, un orgue Hammond vient subtilement ajouter des couleurs et de la profondeur à une musique déjà fort riche, condensée dans des compositions d'une efficacité confondante. On a déjà évoqué la puissance, il faut ajouter le groove, l'énergie presque sauvage que mettent en œuvre des musiciens qui évoluent soudés comme un pack !

Du point de vue des compositions, LUGNET a conservé cet irrésistible feeling Bluesy et Boogie typique des années 70 mais il les a ramassés, condensés, avec un sens de la concision propre au Hard Rock du début des années 80. Les compositions s'étagent entre trois et six minutes, à l'exception du titre final, Into The Light, qui atteint des sommets de feeling déchirant et d'intensité au long de ses dix minutes. S'il fallait évoquer des références afin de guider l'auditeur, nous évoquerions forcément WHITESNAKE, à nouveau THIN LIZZY, mais aussi GREAT WHITE, ou plus récemment THUNDER et RIVAL SONS, toutes formations qui combinent à merveille les héritages des années 70 et 80.

Reste à évoquer ce qui s'avère un atout majeur de LUGNET, sans manquer le moins du monde de respect pour les instrumentistes du groupe : le chant de Roger SOLANDER. Ce bonhomme maîtrise tout autant le velouté bluesy d'un Paul RODGERS et la capacité à propulser un timbre éraillé par des sommets de puissance, à l'instar de Robert PLANT. On peut sans souci l'inscrire comme un digne héritier et collègue de chanteurs aussi talentueux que David COVERDALE, Chris CORNELL, Cormac NEESON (THE ANSWER), J.B. (GRAND MAGUS), Jorn LANDE et consorts. C'est la classe à l'état pur, toute en expressivité, nuances et force !!! Sur les morceaux plus Heavy, on ne peut s'empêcher d'évoquer le souvenir de l'immense Ronnie James DIO.

Vous l'aurez compris, LUGNET a frappé très fort en proposant un premier opus inattaquable et irrésistible, à vrai dire bien plus vivace et passionnant que tout ce que WHITESNAKE a pu sortir depuis des lustres. Terminons en saluant l'humour à froid du groupe dont le nom signifie calme, sérénité, repos en suédois : on ne pouvait plus contradictoire avec cet ouragan électrique !

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Alain
Date de publication : dimanche 10 janvier 2016