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04/12/16
Beyond the heights of lust
ASTRAY
 
Formé en 2009, ce groupe originaire de Thessalonique a choisi d'évoluer dans l'univers du Stoner Metal. Plus précisément, le quintette fréquente ouvertement les marges les plus concises, les plus rugueuses et les plus directes du Stoner. Comprenez qu'il ne faut pas trop attendre ici de longues plages en formes de jams dégageant une forte odeur de cannabis (toutefois, le titre Cartridge possède des breaks presque planants, assez flippants d'ailleurs). A l'instar de UNIDA, DOZER ou ORANGE GOBLIN (trois formations passées ou présentes qui vont droit à l'essentiel), ASTRAY n'aime rien tant que les compositions plutôt ramassées (entre quatre et six minutes) basées sur des riffs goudronneux, appuyés par une basse véloce particulièrement épaisse, le tout sèchement ponctué par une batterie déployant à l'occasion un gros volume de jeu.

Forcément, on retrouve ce groove pachydermique qui caractérise le Stoner, avec un côté Boogie métallique d'une efficacité indéniable. Afin de maintenir des contrastes et une bonne dynamique, le groupe ponctue ses compositions de breaks judicieux. Sur cette instrumentation particulièrement consistante, le chant est plutôt clair, avec un léger voile rauque qui dérape assez souvent vers des territoires plus colériques, voire douloureux (notamment sur le titre Magik Stallion), ce qui apporte un petit côté Sludge.

Excellement produit et mixé, ce premier album présente une jeune formation en pleine possession de l'abécédaire du Stoner dans son appréciation la plus Metal, ce qui n'exclue ni le sens du groove, ni des nuances (il y a un bon équilibre entre titres frontaux et compositions moins enlevées, plus subtiles). Reste à ASTRAY à apporter une signature plus personnelle dans un genre ultra-codé. Bon début en tout cas !
Alain
Date de publication : dimanche 4 décembre 2016