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Chronique
BARB WIRE DOLLS - Desperate

Style : Rock
Support :  CD - Année : 2016
Provenance du disque : Reçu du label
10titre(s) - 36minute(s)

Site(s) Internet : 
BARB WIRE DOLLS BANDCAMP
BARB WIRE DOLLS FACEBOOK

Label(s) :
UDR
 (10/20)

Auteur : Jan
Date de publication : 09/12/16
Du punk-rock qui manque de consistance...
Autant vous le dire tout de suite, je ne suis pas une grande fan de punk. Ce qui me déplaît le plus dans ce style musical est son côté dépouillé qui manque sérieusement de recherche, de profondeur émotionnelle et artistique. Pourtant, il me faut bien l’avouer, certains de mes groupes préférés, IRON MAIDEN et MOTÖRHEAD en tête, ont été inspirés par la vague punk des seventies. Ce courant passé est même à l’origine de la NWOBHM. Sans le punk britannique représenté à l’époque par THE DAMNED, les SEX PISTOLS ou THE CLASH, nous n’aurions peut-être jamais connu SAXON, GRIM REAPER ou DEF LEPPARD. Fort heureusement, BLACK SABBATH était là aussi pour donner envie à Steve HARRIS, Biff BYFORD et Vivian CAMPBELL de se lancer dans des carrières bien remplies. Pour cela, il me faut, donc, dire merci à la mouvance punk d’il y a plus de 40 ans pour les bienfaits culturels dont elle a été l’initiatrice depuis.

Mais, n’attendez surtout pas de moi que je fasse l’acquisition des enregistrements studio de THE EXPLOITED, THE CASUALTIES ou NOFX. Il n’en est pas question. Je me suis arrêtée à Nina HAGEN et ça me suffit largement.

Pourtant, je ne sais pas vraiment ce qu’il m’a pris quand j’ai accepté de recevoir le 3ème album en date des petits grecs de BARB WIRE DOLLS. Sûrement un moment de folie passager ou alors quelqu’un m’a mis un bon coup sur la tronche avec une poêle en inox 18/10. Mais bon, si c’était le cas j’aurais un joli souvenir sur le crâne en forme de bosse. Donc, ce n’est pas ça. C’est sûrement ma curiosité sainement maladive et ma soif intense de découverte qui m’ont induite en erreur et m’ont mise sur une voie glissante. Non, je ne suis ni suicidaire ni masochiste. Cela dit, je connais assez bien mon sujet pour vous présenter ce petit bijou fantaisie coiffé d’une belle crête verte et revêtu d’une multitude de clous sur un manteau de cuir, ne vous en déplaise.

Alors, avant de vous parler de Desperate, il est important de vous résumer l’histoire de la formation crétoise en quelques lignes. Formée en 2010 sur l’impulsion de la vocaliste Isis QUEEN et du guitariste Pyn DOLL, la bande méditerranéenne s’est rapidement attelée à l’écriture d’un premier EP, Punk The Fussies, sorti la même année. Après une série de plusieurs concerts dans son pays, le groupe s’est temporairement exilé aux USA et en a profité pour mettre un premier album en boîte (Fuck The Pussies 2011). Un an plus tard, BARB WIRE DOLLS enfante de son deuxième opus, Slit, qui lui permet enfin de gagner en popularité, de tourner avec les plus grands (STATU QUO, AEROSMITH, GUNS’N’ROSES, IGGY & THE STOOGES, entre autres) et d’être la tête d’affiche de plusieurs festivals dédiés au punk et au rock. En quelques années, le quintet européen s’est bâti une visibilité maximum et une réputation en béton qui l’ont mené vers une opportunité inespérée. En effet, le légendaire Lemmy KILMISTER (MOTÖRHEAD), fin amateur de bonne musique bien visqueuse, l’a signé sur son label et lui a ouvert les portes d’une célébrité plus vaste. Ainsi, les cinq musiciens ont pu se pencher sur de nouvelles compos en comptant sur un soutien de taille.

Et voilà, donc, comment ce Desperate (plutôt joyeux pour un titre pareil, un comble !) est né. Enregistré à la fois aux studios Sonic Ranch et NRG où les pépites de MINISTRY, MOTÖRHEAD ou NO DOUBT ont vu le jour, il a été produit et mixé par le fameux Jay BAUMGARDNER (qui a travaillé avec LACUNA COIL et EVANESCENCE), puis masterisé par le magicien Howie WEINBERG (déjà à l’œuvre naguère pour les RED HOT CHILI PEPPERS ou NIRVANA). Le son ne peut, par conséquent, qu’être excellent vu les pointures que je viens de citer. Cependant, la production ne fait pas tout. Le plus important restant les chansons.

Si vous aimez ce style, nul doute que cet album est fait pour vous. Les autres, abandonnez l’idée de vous y plonger, vous vous retrouveriez comme moi à vous nettoyer les conduits auditifs avec du bon heavy metal aussitôt après la première et dernière écoute. Cela dit cela ne fait pas de mal de changer de crémerie de temps en temps pour se rappeler à quel point celle que l’on chérit est la meilleure. Et passer du jour au lendemain de HERMAN FRANK à BARB WIRE DOLLS m’a vraiment fait bizarre tellement j’ai eu l’impression de changer de planète. Oui, c’est littéralement l’effet que cela m’a fait.

Après, même si rester objective m’a été difficile, je suis, toutefois, arrivée à me concentrer sur la musique des grecs et à l’analyser précisément pour en tirer toutes les qualités...et les défauts. Desperate est énergique, mélodique et assez créatif dans l’ensemble. Certains titres me rappellent Nina HAGEN, d’autres des choses plus conventionnelles comme Cindy LAUPER et sa girl power attitude ou GARBAGE, voire BLONDIE, ceci tout en conservant un côté punk-rock prononcé avec une saveur européenne. Ben oui, je vous rappelle que le groupe est issu du pays de la moussaka et du sirtaki. Donc, on ressent bien cette identité durant la totalité du disque. L’influence british est également au rendez-vous, mais moins prononcée que sur les galettes des CLASH ou des SEX PISTOLS. A la limite, je dirais que BARB WIRE DOLLS tire bien du côté anglais pour cette retenue caractéristique, mais que mélodiquement il lorgne vers le punk-rock des RAMONES, sûrement à cause de son séjour aux States et du grunge de PEARL JAM et NIRVANA. Les compos les plus marquantes ne sont pas légion. Il y a Drown, qui nous indique directement la teneur en acides gras de cette pita explosive. Puis, Take Me Home, Heart Attack et I Will Sail qui apportent une véritable plus-value. Le reste est plus anecdotique, même la chanson-titre n’arrive pas à décoller. Voilà à peu près tous les éléments positifs.

Malheureusement, il y a présence de choses moins réjouissantes. En premier lieu la voix d’Isis QUEEN, d’une platitude déconcertante. Sa tessiture n’est pas très étendue et a une fâcheuse tendance à endormir, comme celle de Shirley MANSON, dont son organe vocal se rapproche étonnamment par moments. Un conseil, n’ayez, surtout, pas la mauvaise idée de conduire en écoutant Desperate. Deuxième élément négatif : le mimétisme des compositions. Il n’y a pas assez de variété sur cet album. En même temps, c’est le genre pratiqué par les grecs qui veut ça, je ne peux pas les en blâmer à 100%. Néanmoins, la musique de MOTÖRHEAD s’est inspirée du punk, pas uniquement du rock’n’roll ou du heavy. Et pourtant, Lemmy et ses compères savaient varier les plaisirs pour rendre leur melting-pot sonore plus attractif pour différents publics. C’est pourquoi beaucoup de mélomanes, issus de divers horizons, se retrouvaient dans le rock du trio britannique. Les crétois auraient dû prendre exemple sur les natifs de la Verte Albion pour plaire à une large frange de gourmets de la musique amplifiée et pas seulement aux keupons.

Au final, après mûre réflexion, il m’est apparu très clairement que ce disque, plutôt sympathique, aurait pu gagner en intérêt si seulement les grecs avaient su sortir des sentiers qu’ils ont mille fois battus précédemment et s’ils avaient intégrés des éléments stylistiques plus divers afin de satisfaire les non-initiés au punk-rock et au grunge ceci dans le but de leur faire apprécier deux genres rebelles restant, notamment, dans l’underground pour cette raison. Les rythmiques répétitives, les guitares rêches et les voix linéaires ne sont pas forcément du goût de tout le monde. D’autant plus quand elles manquent de consistance. C’est vrai, Desperate n’est pas un ouvrage mémorable. Cependant, il permet de passer le temps en sirotant une bonne bière. Et c’est ce qui compte vraiment, n’est-ce pas ? Et, en parlant de ça, je viens de retrouver la mémoire (sans l’aide d’Obélix et de ses menhirs, un miracle j’vous dis !) et me souviens enfin de ce qui m’avait poussée dans cette direction casse-gueule. C’est le clip de L.A., titre extrait de Slit, qui m’avait bien plu jadis (6 mois, déjà ?!) et à la suite duquel j’ai donné mon accord au big boss pour recevoir cet opus amusant. Ouf, j’ai évité l’hospice de justesse, mais je l’ai évité. Dommage pour vous, vous aurez encore droit à plein de chroniques somnifères de ma part, chères lectrices et chers lecteurs. Pas de bol, mwahahaha ! Tout ceci pour vous dire, d’un rire sadique intérieur, que Desperate mérite peut-être qu’on lui donne une chance malgré ses défauts et qu’il ne faut pas juger un album d’après sa pochette, même si encore une fois (une habitude chez BWD), elle est horriblement répugnante. Mais quelle idée de faire un visuel pareil ? Bref, si vous êtes des nostalgiques de Kurt COBAIN, de Joe RAMONE ou de Nina HAGEN, ce disque est fait pour vous. Si, à contrario, vous êtes allergiques à tous les blondinets aux cheveux poisseux qui portent un pull ringard, aux grands dadais maigrichons qui se la pètent grave avec leur perfecto couvert de ferraille rouillée et leur crête bien droite sur le caillou et aux révolutionnaires teutonnes qui ont des batteries entières de casseroles dans le gosier, évitez de vous faire du mal pour rien, hein. Mais, si vous tenez à vous aventurer en milieu hostile, libre à vous, les Indiana Jones en herbe. Perso, je l’ai fait et je ne m’en porte pas plus mal que cela, au final. J’ai pu, de cette manière, découvrir une formation intéressante, bien qu’elle n’exploite pas son potentiel et son talent judicieusement. Quelques années de pratique lui seront encore nécessaires pour arriver à un résultat plus probant, qui pourra parallèlement me donner la chair de poule et me botter les fesses. Bilan définitif dans cinq ou six ans, le temps que les Balkans mûrissent un chouïa de plus leur projet commun.

Line-up :

Isis QUEEN (chant)
Pyn DOLL (guitare lead)
Remmington PEARCE (guitare rythmique)
Iriel BLAQUE (basse)
Krash DOLL (batterie)

Equipe technique :

Jay BAUMGARDNER (production, mixage)
Howie WEINBERG (mastering)

Studios :

Sonic Ranch
NRG

Tracklist :

1) Drown
2) Surreal
3) Take Me Home
4) Heart Attack
5) Desperate
6) Blind To Your Misery
7) I Will Sail
8) Darby Crash
9) Problem Of The Poet
10) Rythm Method

Date de sortie :

Vendredi 22 juillet 2016

Discographie :

Punk The Fussies EP (2010)
Fuck The Pussies (2011)
Slit (2012)
Desperate (2016)


Drown (clip officiel) : cliquez ici

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