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04/02/17
Hellish psychedelia
TRANZAT
 
Ah les salopiots ! Histoire d'endormir la méfiance, ils choisissent un nouveau de groupe qui évoque le farniente estival. Puis, ils ouvrent Into The Woods, le premier morceau de leur premier album avec un vieil air désuet d'orgue de barbarie. Et vlan, sans prévenir, ils balancent un riff de malade, sauvagement appuyé par une section rythmique dont on comprend immédiatement qu'elle n'est pas là pour faire des madeleines ! Juste le temps de se ramasser le cul par terre et on se fait happer par un Metal d'une puissance et d'une richesse incroyables.

Je ne sais pas si c'est à cause du climat ou d'un abus de chouchenn mais TRANZAT produit une musique pour le moins difficile à classer, du genre qui ne se déguste pas négligemment allongé dans un transat (mille excuses !). En toute discrétion et autonomie, les Bretons de TRANZAT ont publié à la rentrée 2016 un premier album fort de huit titres. Le groupe définit sa musique comme un mélange de Heavy Rock, de Stoner et de progressif. Le fait est qu'on retrouve tout cela dans la musique baroque et alambiquée du groupe mais aussi bien plus.

L'épaisseur des rythmiques peut faire tout autant penser au Stoner qu'au groove puissant de PANTERA, le chant écorché et au taquet rappelant par ailleurs un Phil ANSELMO qui serait capable de se poser de temps à autre et d'introduire un feeling plus délicat. On pourrait tout autant se référer aux rythmiques chez ALICE IN CHAINS, tandis que les structures agencées autour de séquences successives et articulées au gré d'une progression rampante peuvent évoquer les travaux les plus récents de CANDLEMASS (voire KRUX). La combinaison de l'intensité et des nombreux changements de rythme ne manqueront pas de ravir les aficionados de MASTODON.

Cela dit, les compositions de TRANZAT ne sauraient en aucun cas se résumer à un patchwork d'influences. Celles-ci existent mais elles sont fondues dans une écriture personnelle, capable d'accoucher de plans rythmiques accrocheurs (et pas seulement aplatissants) et de mélodies, tant dans la partie instrumentale que dans les lignes de chant (impeccablement tenues, que ce soit en mode énervé ou plus mélodieux). Le tout parfaitement mis en son par une production vibrante et pas clinique et par un mixage qui équilibre bien la clarté d'exposition des ingrédients et la puissance de tir.

A ce stade, vous aurez compris que Hellish Psychedelia représente pour moi une grosse baffe par la qualité des compositions et de l'interprétation. Quand on songe qu'il s'agit là d'un premier opus, on se prend à espérer de grandes choses pour la suite discographique de TRANZAT.

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Alain
Date de publication : samedi 4 février 2017