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14/03/17
Darkness shall prevail
HOLY MARTYR
 
On finissait par désespérer : le troisième album de HOLY MARTYR, Invincible, datait tout de même de 2011 ! Heureusement, le sevrage prend fin et nous pouvons une fois de plus nous régaler de ce Heavy Metal de premier ordre, parcouru par un souffle épique. Car tout l'intérêt de HOLY MARTYR depuis ses débuts est de reprendre à son compte l'héritage du meilleur Heavy Metal, sans tomber dans l'approche passéiste – vintage, si l'on veut être bienveillant – qu'adoptent de nombreuses jeunes formations actuelles. S'il conserve la ligne claire popularisé par JUDAS PRIEST à ses débuts, Darkness Shall Prevail bénéficie d'un son tranchant, net, bien balancé entre nervosité, finesse, entre énergie et mélodie. Par ailleurs, alors que son propos s'y prêterait volontiers, HOLY MARTYR ne cède pas à la facilité du recours massif à la double grosse caisse, pas plus qu'aux rythmiques épaisses, qui le ferait verser dans la catégorie Power Metal.

Non, HOLY MARTYR s'en tient à une ligne Heavy Metal et on peut même affirmer que le groupe favorise les tempos lents et médiums, là où ses premières œuvres réservaient de beaux moments de vivacité rythmique. On retrouve un tempo appuyé essentiellement dans le morceau de clôture, l'excellent et vivifiant Born Of Hope.
Incontestablement, les compositions de Darkness Shall Prevail favorisent un exposé plus pondéré qui fait la part belle au chant de Alessandro MEREU qui, sans forcer, sans effets inutiles (tout juste quelques arrangements vocaux et quelques chœurs occasionnels), module des lignes de chant expressives. Les guitares servent des riffs bien découpées, se fendent de belles mélodies (parfois jumelles) et de solos très bien agencés, privilégiant le feeling et la mélodie à la démonstration technique. La section rythmique appuie le tout, avec notamment un jeu de batterie plus complexe qu'il n'y paraît et un gros son de basse.

Par moments, des riffs plus massifs servis sur des tempos lents offrent un rendu majestueux pas si éloigné du Doom Metal. Par ailleurs, les fans de MANOWAR (première période, avant la débauche de grandiloquence en carton pâte) peuvent également trouver leur comptant. Il faut dire qu'après avoir abordé les Antiquités romaine (Still At War) et grecque (Hellenic Warrior Spirit), puis le Japon féodal (Invincible), HOLY MARTYR a jeté son dévolu sur un univers nettement plus courant, notamment dans le spectre du Metal : le monde de J.R.R. TOLKIEN, auteur du Seigneur des anneaux et de Bilbo le Hobbit.

HOLY MARTYR ne signe pas un retour facile et fort en gueule, plutôt une œuvre subtile et puissante dont on se plaît à visiter et revisiter les contours et les recoins, au gré d'une ambiance épique adroitement distillée.

Vidéo de Born Of Hope cliquez ici et de Numeror cliquez ici
Alain
Date de publication : mardi 14 mars 2017