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27/08/17
Born from fire
THE QUILL
 
Pour les fins connaisseurs, THE QUILL est tout autant synonyme de qualité que de manque de reconnaissance. Depuis le début des années 90, ce quartette suédois (qui comportait en plus un claviériste à ses débuts) aligne des albums à mi-chemin entre Hard Rock majestueux et Heavy Metal racé, avec un écho critique élogieux mais une trop grande indifférence du public. Certes, les deux premiers albums - The Quill, édité en 1995, réédité en 2000, et Silver Haze, paru en 1999 - n'ont bénéficié que d'une distribution et d'une promotion réduites. Mais, dès la signature chez Steamhammer-SPV, le groupe aligna pas moins de trois albums absolument somptueux : Voodoo Caravan (2002), Hooray ! It's A Deathtrip (2003) et In Triumph (2006). Le titre de ce dernier opus ne fut hélas pas prémonitoire et l'emblématique chanteur Magnus EKWALL quitta ses trois camarades. Passés dans l'écurie Metalville, les trois membres restants embauchèrent un nouveau chanteur, Magz ARNAR, avec lequel ils gravèrent deux albums d'un très bon niveau : Full Circle (2011) et Tiger Blood (2013).

Et voilà qu'aujourd'hui, nous assistons au retour de Magnus EKWALL derrière le micro, avec en prime un nouvel album copieux (plus d'une heure au compteur) : le bonheur intégral pour le fan, d'autant plus qu'on retrouve intacte cette incroyable capacité à composer des titres empruntant autant au meilleur Hard Rock (école WHITESNAKE, BAD COMPANY, UFO) avec un Heavy Metal tranchant mais élégant (un peu à la BLACK SABBATH période DIO). Avec en prime des arrangements un brin psychédéliques qui fleurent bon les 60's et le début des 70's, discrets mais disséminés de manière à rehausser et à diversifier le spectre sonore de Born From Fire.

THE QUILL se montre capable de pondre des morceaux fonceurs et tranchants, comme Electrical Sons et Snake Charmer Woman. mais il excelle surtout dans les tempos plus pondérés, Heavy, riches en riffs d'airain contrebalancés par un soin mélodique jamais démenti (Stone Believer, Hollow Of Your Hand) Sur certains d'entre eux, on touche du doigt une lourdeur sabbathienne (Ghosthorse, The Spirit And The Spark et sa basse absolument gigantesque).

Le groupe manie tout aussi bien le Hard Rock puissamment groovy (Skull & Bones, Revelation), le Heavy Blues psychédélique sur les huit minutes et quelques de l'envoûtant Set Free Black Crow, la ballade à l'ambiance d'un psychédélisme poisseux (Metamorphosis).
Un titre lent comme Unchain Yourself combine même des riffs à la Tony IOMMI en alternance avec des parties d'un calme gorgé de Soul, hanté par des vapeurs psychédéliques.

Servies par une production et un mixage puissants mais limpides, ces compositions se trouvent qui plus est transcendées par des interprètes non seulement affûtés mais aussi portés par une alchimie retrouvée. On a déjà évoqué plus haut la basse titanesque de Roger NILSSON ; il convient d'en souligner la complémentarité avec son collègue batteur Jolle ATLAGIC, qui frappe vraiment lourdement mais développe un volume de jeu suffisamment varié pour ne pas verser dans le monolithisme. Le guitariste Christian CARLSSON doit être schizophrène tant est saisissant le contraste entre ses riffs granitiques d'une part, ses solos mélodiques et gavés de feeling d'autre part, sans oublier ses nombreux arrangements (arpèges, bruitisme psychédélique de bon goût). Et le vocaliste Magnus EKWALL n'a rien perdu de son timbre un peu éraillé et nasal, souvent puissant et percutant, plus nuancé et chaleureux quand il le faut, toujours varié et expressif. C'est bien simple, ce type a toujours sonné comme une alliance miraculeuse entre Phil MOGG (UFO) et David COVERDALE (WHITESNAKE), sans jamais frôler la copie : un authentique talent, une voix en or !
Que dire de plus, si ce n'est que le titre de l'album ne ment absolument pas !

Vidéo de Stone Believer cliquez ici et de The Spirit And The Spark cliquez ici
Alain
Date de publication : dimanche 27 août 2017