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28/08/17
Skaarv
SKAARV
 
Le quintette norvégien SKAARV a mis pas mal d'atouts de son côté pour lancer son premier album (le groupe avait sorti en 2015 un mini-album, Seed of Justice). Bien ancré dans son concept maritime glauque et angoissant, cet opus est tout d'abord doté d'un son massif, le mixage préservant cependant une grande lisibilité et un bon équilibre entre tous les ingrédients. Puissance et clarté constituent des paramètres essentiels quand on pratique du Sludge, sous peine de verser dans le monolithisme bruyant.

Comme l'exige ce sous-genre, les rythmiques s'avèrent particulièrement trapues, littéralement gonflées par des lignes de basse titanesques et par des riffs âcres, animées par une batterie plus souple qu'on ne pourrait le croire de prime abord. Là-dessus, le vocaliste nous agresse avec un chant colérique, rauque, écorché, qui ne déparerait pas dans un registre Hardcore. Bref, les compositions de SKAARV évoluent majoritairement dans le lourd et l'agressif. L'introduction du premier titre, Prey, donne même carrément dans le Doom Metal monumental.

Mais pas que, et c'est là tout l'intérêt de cet album. SKAARV gagne incontestablement en attrait quand il se donne les moyens de la nuance, sans que cela ôte une once d'efficacité à l'ensemble. Cela donne par exemple l'introductif mélodique et paisible de l'imposant Culling In The Mist, une composition qui alterne les séquences contrastées et complémentaires. On note même des vocaux en registre clair, plus expressifs et expressifs que leurs homologues rageurs.
On retrouve ce jeu d'alternance sur White Moth, au tempo rampant, avec à nouveaux des guitares mélodiques et du chant clair par endroits. L'introduction de Buried At Sea est une lente pulsation feutrée vers l'intensification ultérieure, avec notamment une guitare déchirante. Enfin, l'instrumental Horizon clôt paisiblement l'album sur fond de guitares acoustiques et de synthés.
Si elles sont impitoyables et monolithiques en rythmiques, les deux guitares sonnent de manière plus mélodieuse dans les arrangements et les solos, ceux-ci débordant d'un feeling bluesy du plus bel effet.

Pleinement ravageur et pesant, cet album recèle qui plus est un potentiel certain au niveau des ambiances troubles et des mélodies, potentiel que SKAARV serait bien avisé d'exploiter plus avant dans sa discographie future.

Vidéos de Mirror cliquez ici, Culling In The Mist cliquez ici et de Gévaudan cliquez ici
Alain
Date de publication : lundi 28 août 2017