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23/10/17
Koyo
KOYO
 
Originaire de Leeds, Angleterre, KOYO (les feuilles d’automne en japonais dixit la biographie) est un groupe formé en 2015 par de jeunes musiciens talentueux : Huw EDWARDS (chant – guitares) et Jacob PRICE (claviers – synthés – samples), rejoints par Seb KNEE-WRIGHT (guitares), Dan COMLAY (basse) et Tom HIGHAM (batterie – un lien de parenté avec Scott, batteur lui aussi, de PENDRAGON de 2008 à 2014 entre autre ?). Koyo est leur premier album éponyme, enregistré au Pays de Galles au Foel Studio. Il sort cet automne 2017 (respectant ainsi une certaine logique vis à vis de la signification de son nom) sur le label 88 Watt Records et sa promotion est assurée en France par Sébastien et Differ-ant.

Les 10 compositions travaillées au corps de Koyo s’égayent dans un paysage musical riche en saveurs, additionnant, multipliant les effets sonores, jouant avec les ambiances. Le groupe ne s’impose aucune retenue, ne se fixe aucune contrainte, sans pour autant verser dans un grand foutoir inaudible et insondable. Bien au contraire, toutes les ressources que le groupe partage durant cette heure sont accessibles, restant centrées sur la cohérence des développements mélodiques et instrumentaux. Koyo est une aventure sonore classieuse, d’une grande finesse, aux fréquences plus ou moins complexes, mais avec toujours cet esprit harmonique et enchanteur. L’ensemble est inspiré, ouvragé, profond. Frais aussi, même si certaines influences évoquées datent : OZRIC TENTACLES, PINK FLOYD, THE VELVET UNDERGROUND, plus récemment RADIOHEAD (Jettisoned) et OPETH… Cependant, c’est surtout vers l’univers de l’artiste anglais Bruce SOORD (PINEAPPLE THIEF, VULGAR UNICOR, PERSONA NON GRATA…) que la musique de KOYO me ramène (Lost In The Kigdom, Jouska… mais c’est vrai pour le reste de l’album). Un rock progressif 70’s atmosphérique, aérien, aux atours psychédéliques mais jamais bordéliques (Ray Of Sunshine, Now I Understand), teinté de pop progressive sophistiquée et esthétique, de haute volée, illumine ce premier album. Sans jamais se presser, l’album prend son temps (tempi plutôt lents et aventureux) pour se dévoiler et se laisser apprivoiser. Toutefois, à aucun moment l’attention fléchit, l’apathie n’a pas sa place ici. Quelques compositions accélèrent tout de même le rythme (Strange Bird In The Sky, The Beauty In Loneliness).
Tetrachromat (part 1 & 2) (cliquez ici) se colore avec bonheur de sons de saxo. Sa longue plage instrumentale finale est totalement aboutie. What Is Mine (cliquez ici) couple voix féminine, éthérée sur l’intro., et la voix claire et légère de Huw. Le duo se complète à merveille. La mélodie de cette composition est soyeuse, roulant son thème sur un tapis de velours. Aussi, le chant final de Release et de The Beauty In Loneliness, gorgé d’émotions et d’une certaine mélancolie, peut se rapprocher de celui de Gabriel d’ULSTER PAGE.

Alors si certaines musiques s’entendent, d’autres s’écoutent, la musique de KOYO se déguste. Se savoure même, avec toute l’attention requise nécessaire pour profiter entièrement et idéalement de cet univers sonore harmonique, personnel, riche et audacieux.

Koyo :
01 : Strange Bird In The Sky – 02 : Jettisoned – 03 : The Beauty In Loneliness – 04 : Lost In The Kingdom – 05 : Jouska – 06 : Ray Of Sunshine – 07 : What Is Mine – 08 : Now I Understand – 09 : Tetrachromat (part 1 & 2) – 10 : Release
Ben
Date de publication : lundi 23 octobre 2017