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11/11/17
Street reaper
R.I.P.
 
On ne peut pas dire que les quatre membres de R.I.P. aient particulièrement soigné leur présentation sur la photographie illustrant leur deuxième album : quatre types patibulaires, affalés dans une décapotable, perdus dans on ne sait quelles vapeurs éthyliques ou cannabiques, peut-être de retour d'une Desert Session particulièrement poussée. L'illustration du premier album du groupe, In The Wind (2016), proposait un visuel autrement plus Heroic Fantasy, allez comprendre... Dorénavant, on se situe aux confins de des imageries Gangsta Rap et Stoner ; par ailleurs, cette pochette me rappelle la session photo réalisée en 1987 pour le EP Thirsty And Miserable de SAINT VITUS, modèle white trash d'ambiance urbaine et picole. Poésie poésie...

Cela dit, l'analogie avec SAINT VITUS n'est pas tout à fait fortuite puisque le Heavy Metal trapu, grondant et direct pratiqué par R.I.P. me semble stylistiquement en phase avec ce qui motiva les premiers pas de SAINT VITUS, THE OBSESSED et PENTAGRAM, à savoir une approche sans fioritures du Heavy Metal de BLACK SABBATH. Tout fan de Doom classique, non lyrique, parcouru par un feeling Rock'n'Roll et une urgence quasi Punk, tombera en pâmoison devant Street Reaper. A cette différence près que R.I.P. ne mise pas sur la lenteur, évitant de ce fait l'étiquetage strictement Doom. Restent l'épaisseur des rythmiques, le rendu crasseux et crépitant des riffs, ce chant clair, partagé entre la plainte et la colère, montant (raisonnablement) dans les aigus.

Servi dans le cadre de compositions concises (4 ou 5 minutes maximum), le Metal de R.I.P. tape fort mais pas seulement. Le quartette possède une réelle capacité d'écriture, avec à la clé des rythmiques accrocheuses et des incises mélodiques pertinentes, qui aèrent le tout : lignes de chant modulées, solos de guitare bien construits... Même si la plupart des titres sont déroulés sur un tempo médium, quelques plages plus lentes et plus atmosphériques créent des respirations contrastées (par exemple au milieu de Shadows Folds, au début de The Dark et de Die In Vain, sur tout l'instrumental The Cross).

Oubliez la pochette et vous découvrirez un album fort et attachant, porté par un groupe qui développe une personnalité propre à partir d'influences assumées.

Vidéo de Street Reaper : cliquez ici
Alain
Date de publication : samedi 11 novembre 2017