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17/11/17
The atrocity reports
WHEELFALL
 
The Atrocity Reports est le troisième album des Nancéiens de WHEELFALL et nous révèle pas mal de choses intéressantes. Il parachève notamment la mutation entamée avec le second album, Glasrew Point (2015), double opus qui voyait le groupe abandonner les univers Stoner et Sludge du premier EP From The Blazing Sky At Dusk (2010) et du premier album Interzone (2012) au profit d'un Post Metal glacial et ravageur.

Dans un format simple, The Atrocity Reports semble vouloir incarner non pas tant un malaise existentiel que l'expérience authentique et douloureuse du versant le plus sombre de l'humanité. C'est ainsi que les titres proclament tour à tour Violence Is Seduction, The Way To Every Crime Is Ours ou encore There Is No You, ou bien lâchent des constats aussi laconiques que définitivement désespérés : Lost Cause, Nothing But Worms... Noir, c'est noir.

Comment mettre en musique cette débauche de noirceur ? Comment incarner la violence intrinsèque qu'elle implique ? En convoquant les meilleurs éléments du Metal d'avant-garde, du Post Metal et du Post Hardcore. En vrac, l'auditeur subit des parties de batterie ô combien intenses, avec double grosse caisse à l'avant-garde (héritage Thrash), des riffs millimétrés en rafale (idem), des vocaux écorchés et agressifs (Hardcore en ligne de mire), une basse énorme et métallique. Sans oublier des parties de guitare largement plus dissonantes (VOIVOD) et de nombreux arrangements électroniques, le tout dessinant un arrière-fond industriel, dans une ambiance paranoïaque, à la limite du bruitisme par moments (esprit des SWANS, es-tu là ?). Comme chez NEUROSIS, on croise des moments plus posés, on n'ose dire plus calmes tant ils exsudent une menace rampante et mettent en exergue la résurgence de la violence qui, immanquablement reprend le dessus.

Même si les compositions s'avèrent relativement concises (un seul titre dépasse les six minutes), elles n'en fourmillent pas moins de breaks qui font sursauter, de ces ruptures qui poussent l'adrénaline et qui épuisent les nerfs. Ce son extrêmement touffu et ces structures en ligne brisée pourraient faire craindre un rendu bordélique ; il n'en est rien car les points de repères pullulent et, mine de rien, un souci de clarté dompte tant bien que mal le chaos dévastateur. C'est ainsi que les rythmiques accrochent, même certains vocaux interpellent l'oreille. De surcroît, la production privilégie un son sec mais le mixage combine idéalement la puissance et la clarté, condition sine qua non à une expression intelligible de la douleur, de la haine, de la violence.

Terminons en saluant la qualité du design du digipack dans lequel cette œuvre au noir vient s'insérer. Impressionnant...

Vidéos de Violence Is Seduction cliquez ici et de The Way To Every Crime Is Ours cliquez ici
Alain
Date de publication : vendredi 17 novembre 2017