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06/02/18
Maintain radio silence
MR. PLOW
 
Formé en 1997, ce quartette originaire de Houston, Texas, semble vouloir s'en tenir à une stricte ligne basée sur l'esprit d'indépendance. En effet, tous ses albums ont été auto-produits : Head On (2000), Cock Fights And Pony Racin' (2004), Asteroid 25399 (2006). Maintain Radio Silence ne déroge pas à la règle... à ceci près qu'une fois l'album terminé, le groupe s'est vu accueilli par le label Ripple Music.
Stylistiquement parlant, le groupe n'a pas non plus renié ses influences originelles en matière de Stoner Rock. A savoir que les deux guitaristes n'aiment rien tant qu'asséner des riffs étouffés, confortablement calés sur des lignes de basse bien cotonneuses et épaisses (Greg GREEN à la manœuvre). Pour autant, le groupe ne joue pas la facilité qui consisterait à créer une sorte de mur du son goudronneux, et propose des variations teintées d'un psychédélisme bon tient, avec notamment des guitares solos bluesy et acides. Cette dimension lysergique permet de diversifier le spectre sonore, tout en le densifiant et en créant des effets de profondeur intéressant.
Le batteur Cory COUSINS développe en contrepoint un jeu nerveux, tranchant, très sec.

Sur le plan vocal, partagé entre les deux guitaristes Justin WAGGONER et Jeremy STONE, on n'a pas droit à de grandes prouesses, puisque le registre dominant s'avère médium et rauque, avec un phrasé un peu traînant. Ce qui convient bien avec les ambiances rampantes et lourdes, en même temps rebondies. D'autres passages m'évoquent par ailleurs davantage les prouesses lancinantes du jeune Ozzy ou de Scott Wino WEINRICH (THE OBSESSED, SAINT VITUS, SPIRIT CARAVAN) Pas le genre de psychédélisme fleuri et béat, mais bien celui qui suinte le malaise, celui que chantait Buffy SAINTE MARIE en 1964 dans sa célèbre chanson Cod'ine. En outre, les deux compères introduisent avec pertinence des vocaux plus apaisés, plus graves, rehaussés d'échos encore une fois psychédéliques.

En matière de compositions, MR. PLOW ne cherche pas à tout prix à charmer via des mélodies évidentes mais parvient à ancrer des plans rythmiques efficaces. Le résultat d'ensemble peut sembler de prime abord un peu austère et aride, mais des écoutes attentives et répétées permettent de pénétrer plus avant ce substrat entêtant, épais et rampant. Pour vous donner des points de repères, MR. PLOW fusionne en quelque sorte des univers respectifs de FU MANCHU et de MONSTER MAGNET. Pas mal, non ?
Alain
Date de publication : mardi 6 février 2018