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27/03/18
Madness is too pure
MAIDAVALE
 
Paru au milieu de l'année 2016, le premier album du quartette féminin MAIDAVALE, Tales Of The Wicked West, ne m'avait pas pleinement convaincu, tant il débordait d’influences et d'intentions mais manquait d'une écriture focalisée (relire ici : cliquez ici. Toutefois, ce premier opus rencontra un certain écho critique et MAIDAVALE se présente aujourd'hui avec Madness Is Too Pure, un second album destiné à enfoncer le clou et à surpasser son aîné. Pourtant, la biographie fournie par la maison de disques charge encore un peu plus le creuset dans lequel MAIDAVALE concentre ses influences. En sus du Rock, notamment du Rock psychédélisme, typique de la charnière des années 60 et 70, il est dorénavant question de Krautrock (NEU!, CAN, AMON DÜÜL II) et de Post Punk (PIL, Siouxsie AND THE BANSHEES, THE WIRE, KILLING JOKE).

Certes, l'illustration qui orne la pochette possède l'exubérance colorée et presque rêveuse du psychédélisme qui bourgeonna à partir du milieu des années 60 pour déteindre sur le graphisme de l'univers musical, mais aussi largement au-delà, jusque dans les années 70. Pour autant, on se tromperait si l'on prenait MAIDAVALE pour une gentille formation revivaliste, charmeuse et plaisante. La musique des quatre musiciennes suédoises reprend à son compte un goût certain pour le vagabondage où bon leur semble. La guitare de Sofia STRÖM surtout se plaît à évoluer dans l'acidité, dans l'écho, dans les sonorités troubles ; mais n'attendez de la mollesse, du soyeux, du moelleux, la dame préfère griffer, grincer, gripper. Même la guitare lâche ponctuellement de fort beaux riffs nerveux, elle a le champ libre pour tisser des arabesques mordantes, parfois arides, avec ponctuellement des motifs répétitifs et évolutifs.
Si la six cordes dispose d'une telle altitude, c'est qu'elle est soutenue par une section rythmique tout à fait pertinente, avec en premier lieu les lignes de basse tendues et sévères de Linn JOHANNESSON (dans lesquelles on sent bien les influences Post Punk), mais aussi le jeu mouvant et subtilement dosé de la batteuse Johanna HANSSON.
Reste à évoquer les prouesses de la chanteuse Matilda ROTH, capable d'évoluer dans plusieurs registres, du médium ample au nasal plus aigu et agressif. Avec toujours une belle assurance, elle parvient à assurer l'animation des compositions.

Puisqu'on parle de compositions, soulignons leur concision, qui n'obère en rien la capacité développée par le groupe à varier les ambiances, à introduire des breaks. Par ailleurs, si MAIDAVALE ne cherche ni à charmer, ni à installer l'auditeur dans le confort, il faut toutefois pondérer en précisant que les quatre musiciennes savent proposer des rythmiques et des mélodies mémorables ; seulement, elles n'en font pas l'axe unique de leur musique, ce qui est tout à leur honneur.
MAIDAVALE semble avoir trouvé un dosage subtil et équilibré qui pourrait leur attirer les faveurs d'un public Rock qui ne se satisferait pas d'un classicisme de musée et de formules déjà rebattues. Madness Is Too Pure marque l'avènement d'une fort belle personnalité musicale.

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Alain
Date de publication : mardi 27 mars 2018