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28/03/18
Necropolis
GODWATT
 
Ce trio italien est méconnu de ce côté-ci des Alpes mais il a d'ores et déjà à son crédit une discographie conséquente à son actif. Necropolis est en effet son sixième album (les deux premiers, The Hard Ride Of Mr Slumber et The Rough Sessions, étant parus respectivement en 2008 et 2012 sous le nom de GODWATT REDEMPTION). Dès 2013, à l'occasion de son troisième opus, Senza Redenzione, le trio a raccourci son nom et surtout opté pour un chant en italien plutôt qu'en anglais. Avec un tel passé, il n'est pas étonnant de retrouver GODWATT particulièrement affûté sur Necropolis.

Le style du groupe se réfère majoritairement au Doom Metal classique, inspiré par THE OBSESSED et PENTAGRAM, mais il se voit injecté une certaine élasticité rythmique propre au Doom, l'inspiration ultime demeurant comme bien souvent BLACK SABBATH. Dans ce cadre, on apprécie le travail de la section rythmique qui sait se faire sévère, voire austère (avec notamment des lignes de basse tendues et épaisses), mais qui trouve toujours le moyen de demeurer dynamique, avec un minimum de souplesse et d'élasticité. Il est indéniable qu'une telle assise permet à la guitare d'une part de multiplier les riffs charnus, charbonneux et crépitants, d'autre part de proposer des parties solo épaisses mais pleines d'un feeling bluesy appréciable.

Outre une capacité évidente à proposer des compositions extrêmement lisibles car fortement structurées, GODWATT possède un sens avéré des arrangements discrets mais qui apportent une dimension supplémentaire. A titre d'exemples, citons les sons d'ondes Martenot en filigrane sur Morendo, des parties de guitare harmonisées (Tra Le Tue Carni), l'orgue en arrière-plan de Tenebre, l'instrumental à la douceur presque psychédélique RIP. Même le chant relativement simple, un peu rauque, se trouve ponctuellement rehaussé par des parties doublées qui apportent du relief.
Au bout du compte, l'auditeur demeure captivé, même sur les deux titres longs, Siamo Noi Il Male (neuf minutes tout de même) et La Morte è Solo Tua (8'25 au compteur).

Riche de cet album fort en gueule, GODWATT peut prétendre fédérer les orphelins de CATHEDRAL et ceux qui désespèrent d'entendre un nouvel album de PENTAGRAM. Ce qui n'est pas rien, loin s'en faut !

Vidéo de Tenebre : cliquez ici
Alain
Date de publication : mercredi 28 mars 2018