18 / 20
29/05/18
Excalibur
IRON VOID
 
Et dire que l'on ne faillit jamais entendre la moindre note enregistrée de la part de IRON VOID. En effet, ce trio anglais a vu le jour en 1998 sous l'impulsion du bassiste Jonathan SEALEY et du guitariste Andy WHITTAKER (SOLSTICE, THE LAMP OF THOTH), mais se sépara deux ans plus tard. Il est heureux pour nous, amateurs de Doom Metal, qu'une résurrection ait eu lieu en 2008, sous l'égide du SEALEY. Car, depuis cette date, l'activité discographique du groupe a pris corps avec un live dès 2008, le EP quatre titres Spell Of Ruin (2010), et trois albums : Iron Void en 2014, Doomsday 2015 et dorénavant Excalibur. La performance du trio était d'ores et déjà convaincante sur ses deux premiers disques et elle atteint ici un niveau qualitatif supérieur.

Fondamentalement, IRON VOID a choisi d'emprunter la voie aride du Doom Metal classique, fidèle aux préceptes établis dans les années 80 par les PENTAGRAM, SAINT VITUS et THE OBSESSED, perpétué dans les années 90 (IRON MAN, INTERNAL VOID, PENANCE, REVELATION, LOST BREED, UNORTHODOX...). Fondamentalement, le Doom de IRON VOID demeure lent, au mieux mid-tempo, les riffs sont austères et charbonneux, la section rythmique se veut sérieuse quoique capable d'une animation assez dynamique. Le chant demeure clair, délaissant les grandes envolées, les grondements et autres excès. Et tout ceci, IRON VOID le pratique avec une assurance et une pertinence totalement irréprochables.

D'où vient alors que ces compositions collent à merveille avec le concept de cet album, à savoir la geste arthurienne ? Laquelle appelle forcément un minimum de souffle épique pour coller avec l'imaginaire associé à ce mythe tournant autour d'une chevalerie faillible, de magie (l'album s'ouvre par la fameuse incantation par Merlin du souffle du dragon au bénéfice d'Uther Pendragon, au début du film Excalibur signé John BOORMAN), d'une épée magique et salvatrice, d'une quête éperdue (celle du Graal). Et ce souffle est bien présent, sans arrangements grandiloquents, sans vocaux acrobatiques. A l'instar d'un autre groupe de Doom traditionnel un peu particulier, je veux parler des Suédois de COUNT RAVEN, IRON VOID possède un art de la composition solidement charpentée, et donc rythmiquement accrocheuse (certains riffs évoquent CANDLEMASS, et c'est un compliment), et une exigence permanente de modulation des lignes de chant. Oh rien de spectaculaire, mais cette modulation bien maîtrisée rend les textes expressifs en introduisant une dimension dramatique essentielle.

A l'arrivée, IRON VOID nous fournit un des meilleurs albums de Doom Metal mi-traditionnel, mi-épique, de ces dernières années. Par rapport à tous les noms fameux que j'ai cités dans cette chronique, non seulement IRON VOID ne dépare pas mais je pense même que l'acquisition de Excalibur s'avère impérative pour tout fan de Doom qui se respecte. Allez écoutez les extraits de cet album divin sur le Bandcamp du groupe : la quête sera menée à bien et vous pourrez brandir l'épée de lumière !
Alain
Date de publication : mardi 29 mai 2018