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31/05/18
Act one
ALMS
 
Originaires de Baltimore (Maryland), ces cinq musiciens (dont une musicienne) frappent un grand coup avec leur premier album. Pourvu d'un artwork frappant (à défaut d'être parfaitement innovant), Act One synthétise plusieurs influences de manière splendide. ALMS puise majoritairement son inspiration dans le Heavy Rock des années 70, mais aussi un peu dans le Heavy Metal underground de la fin des 70's et des 80's (la New Wave of British Heavy Metal peut légitimement être prise en considération). On apprécie en premier lieu la concision de ce disque qui, avec seulement six compositions, dépasse de peu la demi-heure ; peu importe car, à peine les dernières notes s'éteignent-elles, vous vous précipitez pour revenir au début, tant l'écoute s'avère convaincante et addictive !

On peut mettre en exergue plusieurs éléments constitutifs de l'identité musicale de ALMS. Débutons par le jeu complémentaire des deux guitaristes, dont les exercices d'harmonies en duo rappellent forcément THIN LIZZY mais surtout certains groupes de la NWOBHM. Et si les deux guitaristes peuvent à ce point se lancer dans des joutes étincelantes, en plus des riffs menaçants mais assez secs, c'est parce que la section rythmique est au rendez-vous, avec des lignes de basse épaisses et agiles et un jeu de batterie alternant le sévère et lourd d'une part, le mouvementé et souple d'autre part. Sur le plan rythmique, ALMS se trouve parfaitement armé par animer des tempos plutôt lents (Dead Water, The Offering) ou des moments nettement plus enlevés (The Toll), les tempos médium s'avérant suffisamment nerveux pour ne pas sombrer dans une quelconque monotonie (Hollowed, Deuces Low, For Shame). A ce stade, on pourrait invoquer les mânes de formations également engagées dans une revivification de l'héritage ô combien crucial des années 70 et du tout début des années 80, THE SWORD, UNCLE ACID, SABBATH ASSEMBLY et BLOOD CEREMONY notamment. Sur plusieurs morceaux plane comme un esprit Doom Metal qui, cependant, ne se réduit jamais à la simple lourdeur ; il s'agirait plutôt de rythmiques épaisses, de tempos lents et d'atmosphères mélancoliques.

Autre point saillant, la présence de claviers vintage qui épaississent les rythmiques et donnent de la profondeur à certains passages, notamment en introduisant une dramaturgie assez similaire à celle que URIAH HEEP sut instaurer lors de son heure de gloire en 1971 et 1972 (songez aux albums Salisbury, Look At Yourself, Demons And Wizards et Magician's Birthday pour vous faire une idée).

Autre marqueur identitaire profond, la coexistence harmonieuse d'un chant masculin (rôle tenu par le guitariste Bob SWEENEY) et d'un pendant féminin (la claviériste Jess KAMEN est à l’œuvre), lesquels se succèdent, se superposent, se répondent, avec un résultat proprement envoûtant, ce ballet entre deux registres clairs me rappelant le superbe Rock lourdement psychédélique des Canadiens de BLACK MOUNTAIN.

ALMS possède d'ores et déjà un sens affûté de la composition et des arrangements ; l'interprétation combine quant à elle efficacité et feeling, le tout servi par une production vibrante et puissante. Franchement, que demander de plus ?

Vidéo (non officielle) de The Offering : cliquez ici
Alain
Date de publication : jeudi 31 mai 2018