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18/06/18
Sentinels
DESERT STORM
 
Ce quintette britannique existe depuis plus de dix ans et je confesse que je n'avais à ce jour jamais écouté sa musique. Abonné aux productions digitales et auto-produites et aux petits labels, DESERT STORM est peut-être une formation discrète mais elle fait assurément preuve de ténacité puisque ce copieux Sentinels est tout de même son cinquième album, qui paraît trois ans après son prédécesseur Omniscient. Et je dois confesser avoir été convaincu par ce Stoner par moments si âpre et vindicatif qu'il fleure bon le Sludge.

Certes, il n'est pas question ici de révolutionner quoi que ce soit mais la solidité des compositions, la pertinence des arrangements et l'engagement dans l'interprétation sont autant d'éléments positifs. Quand je parle d'engagement, je pense notamment à l'entame du tout premier titre, Journey's End, sur laquelle le chant grondant débute strictement en même temps que l'instrumentation ; il ne s'agit ni d'une charge, ni d'un bourbier Stoner pâteux, mais bien d'un mid-tempo appuyé, aux contours très clairement exposés., avec juste ce qu'il faut de breaks pour qu'on ne s'ennuie pas.
Fort de cette entrée en matière austère mais intense, le groupe peut dérouler ses riffs secs et grésillants (mais toujours très nettement assénés), ses lignes de basse trapues et métalliques, son jeu de batterie sec et souple à la fois.
En termes d'ambiances, colère et angoisse se partagent l'essentiel du paysage émotionnel, incarnées par ce chant rauque mais modulé (donc expressif) et ces rythmiques tendues, électrisées par des breaks tactiques redoutables.

Qui plus est, DESERT STORM ne mise pas tout sur l'épaisseur, la rugosité et la puissance puisqu'il sait préserver des plages aux mélodies simples mais splendides. Ainsi, la très calme et atmosphérique première partie de Kingdom Of Horns offre un parfait contraste avec une seconde partie nettement plus rêche. Le vindicatif Gearhead se trouve brièvement troué en son milieu par des arpèges clairs. Capsized débute tous muscles bandés avant de se muer en une ballade Stoner qui vous donne la sensation de téter une bouteille de mescal artisanal sous un magnifique ciel étoilé.

Sans parler des titres brefs et groovy qui atteignent leurs objectifs, à savoir s'incruster dans votre échine avec une efficacité virale.
Non seulement Sentinels s'impose comme un opus solide mais, si DESERT STORM continue à creuser cette cohabitation entre austérité et mélodie, on n'est pas à l'abri de les voir accoucher dans les années à venir d'oeuvres encore plus attractives. On a hâte !

Vidéo de Journey's End : cliquez ici
Alain
Date de publication : lundi 18 juin 2018