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22/06/18
Âmes de marbre
SADNESS
 
Pour tout amateur des scènes extrêmes des années 90, le label Vic records s'impose définitivement comme un havre grâce à ses rééditions judicieuses et soignées. Ainsi, on nous offre aujourd'hui l'opportunité de (re)découvrir un groupe qui, à l'époque, m'avait interpellé par son positionnement spécifique, j'ai nommé SADNESS.

Formé en 1989, ce groupe helvète publia en 1993 son premier album, Âmes de marbre, à l'époque sur le label Witchhunt records. D'entrée de jeu, le choix de la photographie illustrant la pochette démontrait une volonté farouche de se démarquer des clichés, quitte à dérouter le public. Musicalement, SADNESS semblait avoir décidé de ne pas se limiter et convoquait de multiples styles qui, à l'époque, n'était pas forcément communément fusionnés.
C'est ainsi qu'il était question de Doom au travers des ambiances sombres, lourdes et de rythmiques pesantes servies sur des tempos lents. Les vocaux partiellement caverneux apportaient une touche de Death Metal. Certaines lignes de basse tendues, des vocaux clairs (y compris féminins sur le titre Tears Of Sorrow), les ambiances torturées, voire certains arrangements mélancoliques (violon) relevaient clairement de l'univers du Rock gothique.
Tout ces éléments se côtoyaient, voire s'entremêlaient, au sein de compositions tortueuses, très rarement linéaires, seulement desservies par un son général assez rêche se traduisant par un déficit de puissance et d'épaisseur.

A noter que cette réédition se trouve augmentée de deux titres : Y (un des quatre morceaux de la première démo de 1991) et Eodipus (une des deux compositions de la démo de 1993). L'optique était nettement plus rugueuse, axée Doom Death, le son carrément étouffé et primitif, mais ces bonus montrent l'ampleur de la progression du groupe en très peu de temps.

Le second album de SADNESS, Danteferno (1995), offrit un visage plus cadré, penchant plus nettement du côté gothique, moins aventureux. En dépit de ses imperfections et de immaturités, Âmes de marbre demeure encore aujourd'hui un album à part, attachant et fascinant, une œuvre qui démontrait que la voie si brillamment explorée par CELTIC FROST sur Into The Pandemonium (1987) n'étant pas sans issue.
Alain
Date de publication : vendredi 22 juin 2018