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28/07/18
Låt köttet dö
VANHÄVD
 
Voilà ce que j'appelle une excellente surprise ! Carte de visite avant la sortie d'un premier album, ce copieux EP trois titres des Suédois VANHÄVD démontre que l'on peut encore proposer une version un tant soit peu personnelle du Doom Metal en 2018. Certes, VANHÄVD pratique avec maîtrise et application les codes de base du Doom Death Metal classique : lenteur des tempos, longueurs des compositions (entre huit et neuf minutes), pesanteur des rythmiques, noirceur des ambiances, vocaux caverneux et faiblement articulés. Rien à redire en la matière si ce n'est que le groupe a eu l'intelligence d'opter pour une prise de son et un mixage organiques, assurant un rendu vibrant et vivant. C'est ainsi que les riffs sonnent de cette manière un peu crade et crépitante qui fit la réputation du Death Metal scandinave dans les années 90.

Reste que si VANHÄVD en était resté au stade de la simple réitération d'un héritage glorieux, Låt köttet dö (traduction : Let The Flesh Die) serait sûrement juste un exercice de style méritoire, sans plus. Heureusement, le groupe a pris soin d'approfondir son écriture et de forcer son talent en matière d'arrangements. La longueur des compositions permet l'insertion de breaks et la variation des tempos. C'est ainsi que l'on peut être confronté à des séquences lentes, lourdes, voire massives (avec un petit côté Funeral Doom), auxquelles succèdent des passages plus classiquement Doom Death mais aussi des parties plus enlevées, sur lesquelles planent comme une pestilence Black Metal.

Par ailleurs, la présence dans l'effectif de deux musiciens s'occupant des synthétiseurs garantit un spectre plutôt large d'arrangements qui vont de nappes dépressives aux grondements telluriques, en passant par des textures flippantes et paranoïaques. Ces additifs représentent assurément une plus-value certaine et confèrent à VANHÄVD une identité plus variée et plus riche. Inutile de préciser que nous attendrons l'album avec une impatience non feinte !

Vidéos de Låt köttet dö cliquez ici et de Om den vulgära farsens nonsens cliquez ici
Alain
Date de publication : samedi 28 juillet 2018