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28/07/18
Vanity
NORNES
 
Si la France a produit et produit encore encore un bon nombre de formations de Black Metal non seulement hautement qualitatives, on peut sans risque affirmer que notre Hexagone demeure relativement rétif au Doom Metal. Pour cette raison, il faut savoir sauter sur l'occasion quand un nouveau groupe s'attache à pratiquer ce style. Ce qui est le cas de NORNES, quatuor originaire de Valenciennes, formé par des musiciens ayant déjà de multiples expériences dans divers styles, allant du Death Metal au Grind, en passant par le Folk Rock, le trip Hop et le Metal industriel.

Forts de ces expériences passées, les quatre cavaliers de l'Apocalypse décident d'explorer la face sombres de l'humain par le truchement d'un Doom Metal qui se revendique tout autant du Doom épique de CANDLEMASS que du Doom classique, plus terre-à-terre de SAINT VITUS, sans oublier les groupes plus récents qui ont contribué à reprendre le flambeau (WARNING, PALLBEARER, BELL WITCH sont cités dans la biographie). Et le fait est que NORNES, s'il ne donne pas dans les envolées épiques d'un CANDLEMASS, ne se contente pas pour autant d'entasser les rythmiques pesantes sur des tempos lents. Au fil de compositions aux durées conséquentes (entre huit et dix minutes), le groupe agence des séquences successives qui apportent des variations de rythmes, d'ambiances, de tempo, éradiquant du coup la monotonie. Les riffs sonnent de manière crépitantes et organiques mais, ponctuellement, ils prennent une tournure froide, distordue, sans oublier les postures plus mélodiques, vecteurs de mélancolie.
De même, les vocaux alternent entre d'une part un registre clair, peu puissant et volontairement lancinant, mais modulé, d'autre part des inserts plus caverneux et vindicatifs, hérités du Death Metal. Sûrement faudrait-il gagner un peu en assurance sur les parties claires mais, en l'état actuel des choses, il n'y a rien là de rédhibitoire.

En somme, ces trois compositions de Vanity révèlent un groupe qui assure simultanément la lourdeur indispensable au Doom, la dramaturgie indispensable, quelques prurits plus extrêmes qui pimentent le tout. La seule question qui s'impose est la suivante : à quand un album de cet acabit ? En attendant, Vanity est disponible en téléchargement à un prix dérisoire : ne laissez pas passer l'occasion !
Alain
Date de publication : samedi 28 juillet 2018