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14/12/18
Hail to the king
RIVEN
 
Pendant des décennies, le Heavy Metal a avant tout été une affaire de collectifs, de groupes. Il faut reconnaître que l'avènement du Black Metal dans les années 90 a fondamentalement remis en question la nécessité de rassembler une meute pour produire une musique forte, personnelle et impressionnante. Sous le pseudonyme de Zeromus, Tom MESENS a décidé de donner libre cours à son inspiration, en relevant les multiples défis inhérents : inspiration strictement singulière, interprétation forcément particulière, absence de recul et de contradiction constructive quant aux choix artistiques et techniques (prise de son, mixage...)...

Qu'à cela ne tienne, Zeromus a opté pour un sous-genre aussi existentiel qu'a priori fermement codifié : le Funeral Doom Metal. Avec seulement trois compositions qui affichent entre treize et quatorze minutes de durée, le projet solo RIVEN coche une première case obligatoire dans le code du Funeral Doom. Second choix ultra-classique, les vocaux sont réduits à une substrat ultra-grave, totalement caverneux et obligatoirement inarticulé. Troisième critère incontournable, le tempo demeure axé sur une lenteur irrémédiablement extrême. Quatrième critère incontournable : des riffs basiques. Cinquième case à cocher : des rythmiques pesantes. Sixième option sans laquelle nulle Funeral Doom s'envisage : la présence de claviers.

A priori, rien que de très classique, si ce n'est que le mixage rebat les cartes concernant le poids relatif et respectif des points quatre et six. En effet, le son de la guitare rythmique se résume à un bourdonnement aigre relégué à l'arrière-plan. Du coup, les claviers et tous leurs effets en viennent à occuper une place prépondérante, pourvoyant épaisseur, mélodie, ambiances gothiques, mélancolie profonde, solennité lugubre...

Pour tout dire, même si les sonorités des arrangements de claviers renvoient aux années 80 (comprenez, l'option la plus cheap des premiers synthétiseurs grand public), il apparaît que les choix esthétiques retenus pour le projet RIVEN permette de lui conférer une particularité et une cohérence qui sont à porter au seul crédit de l'unique auteur et interprète. La condition sine qua non pour apprécier Hail To The King consiste à renoncer aux critères esthétiques des années 2000 et 2010 pour accepter de se soumettre à une vision personnelle relevant des années 80 et 90.

Vidéo du titre Hail To The King cliquez ici
Alain
Date de publication : vendredi 14 décembre 2018