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19/06/19
Tales of death and the devil
COLD BLACK RIVER
 
Originaire du Wisconsin, ce trio a d'ores et déjà produit un EP cinq titre, Hillbilly Zeus (2015) et un premier album, Ancient Depths (2016). Tales Of Death And The Devil prend la suite en proposant un Metal synthétisant des influences variées mais convergentes : Doom Metal classique à la THE OBSESSED ou PENTAGRAM, Stoner Rock à la CLUTCH, Sludge à la CORROSION OF CONFORMITY (période Deliverance), Blues Rock, Rock psychédélique... Influences nombreuses donc, mais qui aboutissent à un résultat tout à fait cohérent. Explications...

Bien que ne comptant que trois musiciens dans ses rangs, COLD BLACK RIVER se fait fort de proposer une musique épaisse et intense, dégageant une puissance tranquille qui n'a besoin d'aucune brutalité. Si les lignes de basse prodiguées par Eric COBB sont énormes, elles assurent avant tout un groove appréciable. Les riffs de guitare demeurent charbonneux mais Jeremy ROSELAND se garde tout monolithisme et injecte une vibration Blues savoureuse (c'est notamment flagrant sur Among The Stars), sans oublier de tracer de troubles volutes psychédéliques du meilleur effet. Solidement appuyés par la batterie de Aaron KANITZ, les motifs rythmiques se font entêtants, voire obsédants, qu'ils soient rampants sur les tempos lents ou plus affirmés sur des tempos moyens.
Assuré par le guitariste, le chant nasal et un peu rauque dégage un mélange paradoxal de chaleur bourrue et de menace voilée.

Au rayon des compositions, COLD BLACK RIVER se montre tout aussi capable de proposer des titres aux structures relativement classiques (Keep Rollin', Vengeance Of The Clouds, le long Oh My Goddess), que des défis plus ou moins imposants. Ainsi, après l'introduction Numbers Station, l'album début vraiment avec un instrumental, The Deserts Of Mars, dont le lent motif de Blues lysergique s'épaissit très progressivement. L'acmé de la pulsion exploratrice du trio se situe dans les 17 minutes et quelques de Anywhere Ya Wanna : lent et délicat début en mode Blues psychédélique, puis grosse rythmique lourde et paresseuse qui finit par accélérer autour d'un solo savoureux. Après un petit jeu d'accélération-décélération, intervient un long break qui fait écho à l'intro de l'album, Numbers Station : une voix laconique et filtrée énonce un décompte désordonné sur fond de bruitages grésillants qui fleurent bon le mauvais trip et la paranoïa. Six minutes plus tard, le morceau reprend son cours avec une certaine énergie. Cette dernière partie de cette étrange composition se trouve prolongée par un titre caché, Androids Embrace, sûrement l'un des plus accrocheurs de tout l'album.

Jouant avec les formats, COLD BLACK RIVER se fait plaisir en faisant montre d'une audace, rendue possible par la solide maîtrise instrumentale et par une interprétation à la fois carrée et incarnée.
Alain
Date de publication : mercredi 19 juin 2019