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01/12/19
Uncertain times
MIDNIGHT PREY
 
S'il est bien une chose que l'on ne saurait reprocher à ce jeune trio allemand, c'est de miser sur son image pour attirer l'attention ! La pochette donne un premier indice flagrant puisqu'elle propose une photographie vaguement posée en extérieur des trois musiciens, qui ont par ailleurs l'air de s'ennuyer un peu. Peu attrayant, ce parti pris visuel correspond pour autant parfaitement aux choix musicaux qui caractérisent MIDNIGHT PREY. En effet, toute l'attitude du combo repose sur un refus farouche des artifices et des postures.

Privilégiant systématiquement une approche directe et sans fioritures, MIDNIGHT PREY propose un Hard Rock débordant d'énergie, frondeur et fonceur, basé sur des rythmiques tout à la fois nerveuses et relativement techniques. A l'instar de ce que proposèrent des formations de la New Wave Of British Heavy Metal à leurs débuts, telles que IRON MAIDEN et ANGELWITCH, MIDNIGHT PREY ne recule pas devant les changements de rythmes et de tempos au sein de compositions majoritairement concises (entre quatre et cinq minutes). Au centre de ce dispositif rythmique, on trouve les lignes de basse très tendues de Daniel FRIESEN, aux sonorités métalliques, sous-tendues par un jeu de batterie pétaradant, sec au possible (prodigué par Hannes RUHLAND); sur cette trame, la guitare dépose des riffs peu épais mais teigneux, ainsi que de nombreuses incises solo, toujours mélodiques et concises.

Cet attelage s'ébroue avec vivacité au gré de tempos la plupart du temps rapides. Cela dit, la formule du trio expose au risque de laisser s'installer un déficit de puissance, risque pas tout à fait évité, malgré l'intensité rythmique que le trio tente de maintenir en permanence. On peut certainement incriminer une production qui, si elle privilégie les vibrations live, laisse peu de profondeur de champ et expose un MIDNIGHT PREY à l'os, avec les avantages (sensation d'entendre le groupe sur scène) et les inconvénients (manque d'impact) qui vont avec.

Nettement plus embêtant, le chant, assuré par le guitariste Winston ZILLER constitue à point d'amélioration. Le garçon évolue dans un registre médium, clair, et on sent qu'il cherche à moduler le plus possible afin de créer des lignes expressives et passionnées. Une fois saluées les vibrations live qui s'en dégage, la prestation manque de puissance et, nettement plus embêtant, de justesse par moments. Sur le seul morceau long de l'album, The Fall (Into The Atmosphere) (plus de huit minutes), on perçoit une volonté d'instaurer un climat épique, mais force est de constater que le chant ne parvient pas à se hisser pas au niveau de l'intensité du versant instrumental.

Uncertain Times expose des qualités évidentes, autant qu'il indique des axes de progression et d'amélioration tout aussi indispensables. Cela dit, si dans les années 80, des trios comme RAVEN et
VARDIS sont parvenus à livrer des œuvres intenses et solides, il n'y a pas de raison que MIDNIGHT PREY n'y parvienne pas !

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Alain
Date de publication : dimanche 1 décembre 2019