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28/04/20
Spirit of the cat
CENSUS OF HALLUCINATIONS
 
Je confesse découvrir ce collectif britannique avec ce qui me semble être une compilation de titres anciens remasterisés, piochés dans la quarantaine d'albums déjà publiés par ce collectif depuis le début de ce siècle. En fait, il s'agit Quand on sait que chaque album comporte une tripotée de compositions et que les durées totales dépassent de loin les normes commerciales. Cela tombe bien car, d'optique commerciale, CENSUS OF HALLUCINATIONS n'en a cure ! Ayant opté pour un Rock progressif ouvert à quantité d'influences, au premier rang desquelles le Rock psychédélique et le Space Rock, il est parfaitement inutile de tenter de faire rentrer dans une petite case afin de convaincre un public qui se contente trop souvent de piocher un morceau de temps à autre. Or là, nous voilà invités à un voyage au long cours.

Certes, le morceau inaugural et éponyme, ressemble à un manifeste Neo Prog des années 80, du haut de ses onze minutes de vocaux doux et harmonisés, d'atmosphères cotonneuses, de nappes de synthétiseurs, sa très longue progression vers deux dernières minutes plus nerveuses et rythmiquement marquées.

Mais CENSUS OF HALLUCINATIONS n'est certainement pas là pour nous faire le coup du revival et le reste des compositions, plus concises, sautent allègrement du coq à l'âne. Si la tonalité dominante demeure un Rock progressif doux, presque rêveur, celle-ci se trouve fréquemment pimentée, notamment par des bruitages, des bidouillages électroniques ou par une approche instrumentale psychédélique. Majoritairement délicates, les guitares peuvent se faire ponctuellement plus acides et mordantes, par exemple sur Manifest Your Magick et Pillow Full Of Dreams, hendrixiens en diable.
L'humour potache à la Monty Python prend forme de façon surprenante avec des morceaux comme Merlin You Left Your Hat, Flight Of The Cozmic Snot et Stragon Cluin The Dragon. D'une manière générale, le chant se veut très expressif, tour à tour caressant, ironique ou sardonique, parfois secondé par une voix féminine.

CENSUS OF HALLUCINATIONS évolue dans un univers qui, s'il est objectivement redevable au patrimoine du Rock progressif, n'en demeure pas moins à la fois personnel, cohérent et foutraque, en tout cas d'une densité objective. Libre et imaginatif : à prendre ou à laisser.

Vidéo de Spirit Of The Cat : cliquez ici
Alain
Date de publication : mardi 28 avril 2020