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20/11/08
Shogun
TRIVIUM
 
Mine de rien, en bien ou en mal, voilà un groupe qui est parvenu à mettre son nom dans toutes les bouches. Taxés de mauvaise copie carbone de METALLICA par certains, et de vilains métalcoreux pré-pubères à leurs débuts, TRIVIUM a tout de même été reconnu par beaucoup (du bout des lèvres) comme un groupe d'excellents compositeurs de chansons de Métal au sens large. Shogun enfonce le clou.

Sans rentrer une fois de plus dans le décryptage de morceaux usuels, des généralités peuvent être tirées de ce disque : globalement, il s'agit d'une collection de chansons aux inspirations très heavy-metal, probablement pour le côté très accrocheur du chant et notamment des refrains, et aussi pour l'orientation très guitaristique, avec ses riffs riches, ses solos superbes, et les twin guitars à profusion (le long pont de Torn Between Scylla and Charybdis).

Revenons au chant, et à ce qui me pose problème le plus dans ce disque. Il est clair que le sieur HEAFFY, jadis comparé à James HETFIELD, ne faillira pas à sa réputation ici, mais il parvient tout de même à imposer son grain et ses mélodies personnelles. Mais voilà : le retour des parties de chant en scream font un effet bizarre, dans ce disque résolument mélodique, même si puissant. Les hurlements, très metalcore, tombent le plus souvent comme un cheveu dans la soupe, et il y a un effort conscient de les imposer coûte que coûte, même quand cela n'est pas nécessairement « indiqué ». Alors que le chant exclusivement clair du précédent album était un effort tout aussi calculé mais totalement pertinent, vu le son du groupe, on se pose ici des questions.

Mise à part cela, et même si ce disque ne surprend pas (hormis peut-être la dernière chanson éponyme, très longue et progressive dans ses ambiances), il faut avouer quelque chose : le talent des musiciens de TRIVIUM finit ici par faire oublier les rapprochements stylistiques avec d'autres formations, et « impose » quelque part son style délibérément influencé, mais revendiqué et personnalisé. S'ajoutent à cela de très bonnes mélodies, et vous obtenez un disque rafraîchissant d'un groupe qui continue à mûrir son propos, et qui risque de proposer la prochaine fois quelque chose d'encore plus intéressant à ce bon rythme.
Phil "KOB"
Date de publication : jeudi 20 novembre 2008