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30/08/20
Technatura
VULKAN
 
Tous les groupes de Rock et de Pop se formant de nos jours possèdent un avantage stratégique indéniable : en guise d'inspiration, ils bénéficient des décennies passées depuis les années 50 pour préparer leur propre formule. Hélas, nombre de groupes se complaisent dans l'exercice, parfois réussi, voire jouissif, de la recopie, de la réitération à l'identique. Beaucoup plus rares et précieux sont les projets qui plongent à pleines brassées dans les héritages afin de proposer un propos personnel (à défaut d'être révolutionnaire). Vous l'aurez peut-être deviné, le quintette suédois VULKAN (volcan dans leur langue natale) se place dans cette dernière catégorie.

A l'écoute de leur troisième album Technatura – qui prend la suite de Mask Of Air (2011) et de Observants (2016) -, on comprend aisément que ce groupe possède une quantité fabuleuse de références issues des mondes respectifs du Rock progressif et du Heavy Métal. Cela dit, après des écoutes répétées et obstinées, il faudrait afficher une incroyable mauvaise foi pour réduire l'ambition artistique du groupe à un rabâchage émérite de formules éprouvées. En fait, VULKAN se sert de celles-ci pour produire son propre magma.

C'est ainsi que l'auditeur bénéficie tour à tour de rythmiques très tendues et nerveuses, reposant sur des lignes de basse qui auraient reçu (dans leur principe) la bénédiction du défunt et fondamental Chris SQUIRE (YES). Quand ces lignes nerveuses se combinent avec des riffs teigneux et une batterie aux aguets, lâchant sans discontinuer des contre-temps, sans rien perdre en nervosité, je vous assure que l'on aboutit à un résultat tranchant, d'une précision millimétrée.
Pour autant, la raison d'être de VULKAN ne se site pas dans les mathématiques musicales, le groupe fuyant la démonstration et privilégiant l'efficacité de compositions certes complexes, mais résolument abordables car richement pourvues d'accroches rythmiques et mélodiques.

Au hasard des séquences et des arrangements, vous tomberez sur les lignes de basses terribles déjà évoquées, sur des riffs millimétrées, sur des guitares lumineuses en son clair, sur des solos impressionnants de maîtrise, sur des chœurs harmonisés, des sonorités vintage comme des arrangements électroniques modernes. Impossible de caser dans une boîte rétro, pas plus que dans une tendance d'avant-garde ou néo-je ne sais quoi.

L'auditeur se promène de séquences sèchement musclées (oubliez les gros riffs compressés) en périodes notablement plus tempérées, plus ostensiblement mélodiques et atmosphériques. Ici, l'électricité la plus concentrée, parfois furieuse, côtoie les passages essentiellement émotionnels, les sonorités vintage et électroniques contribuant tour à tour à cet ascenseur émotionnel parfaitement contrôlé.

Conformément aux canons du Rock progressif, VULKAN a prévu pas moins de cinq compositions dont la durée s'étale entre plus de huit et plus de dix minutes. De belles digressions en perspectives, quoique ne perdant jamais la structure narrative de vue. Quant aux titres les plus concis, ils ne se réduisent pas à des interludes accessoires mais possèdent au contraire une logique et un charme propres.

Au cas où vous ne l'auriez pas compris, Technatura s'avère tout à fait attractif et addictif : laissez-vous tenter impérativement !

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Alain
Date de publication : dimanche 30 août 2020