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02/02/2026
Wormholy world
MOUNT PALATINE
 
Quand on sait la mettre pleinement à profit, la formule du trio offre un vaste panel de liberté et d’audace. C’est ce qu’a parfaitement bien assimilé ce groupe originaire de Finlande, qui nous livre son second album, lequel fait suite à Cockroach Crusade, paru en 2024. Les trois compagnons reprennent à leur compte la lourdeur du Doom Metal pour la conjuguer en mode psychédélique. La durée conséquente des compositions, comprises entre six et plus de dix minutes, permet de surcroît d’agencer plusieurs séquences contrastées au sein d’un même titre, selon une logique progressive.

C’est ainsi que, tour à tour, la rythmique s’impose fortement, propulsant avec puissance des riffs torturés, ou, au contraire, se fait plus subtile, permettant des ambiances moins impérieuses, plus douces. Dans les deux configurations, la guitare s’impose comme le véhicule du versant psychédélique, avec ses riffs d’acier, ses parties tordues, mais aussi ses motifs plus éthérés. En somme, chaque composition se mue en invitation pour un voyage dont on ne connaît pas le point d’arrivée. Il est agréable de se laisser porter par ce substrat instrumental efficace, à défaut d’apporter le moindre élément novateur.

Si l’instrumentation ne souffre d’aucun reproche, il est fort probable que les vocaux s’avèreront plus clivants. Ils évoluent à tour de rôle dans un registre rauque et déjanté ou dans un registre clair, nettement plus apaisé (quand il ne s’agit pas de murmures comme sur The Dreaming). Mixé en retrait, ce versant de la musique de MOUNT PALATINE ne sonne pas toujours très juste et apparaît en contraste fort avec les parties les plus douces du répertoire.

Au final, MOUNT PALATINE nous invite avant tout à de longs voyages qui permettent à l’auditeur de flotter au gré des vagues instrumentales toujours en mouvement. Pas essentiel mais très agréable et trippant tout de même.

Vidéo de New Born Sun : cliquez ici
Alain
Date de publication : lundi 2 février 2026