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Reportage :  Un entretien avec : STICKY BOYS (Paris, le 25 septembre 2014) ( STICKY BOYS )
Date de publication : 28/09/2014
Auteur : metalmp
Rencontre avec STICKY BOYS
Entretien avec Alex KOURELIS (chant, guitare), JB CHESNOT (basse), Tom BULLOT (batterie), réalisé à Paris, le 25 septembre 2014.

METAL INTEGRAL : Votre second album transpire le Rock dur. On y sent des influences assez traditionnelles, comme ACDC ou MOTORHEAD, quelques influences Punk, aussi, mais, surtout, vous avez su apporter votre personnalité propre à ces onze morceaux. Comment avez-vous abordé la conception de ce nouvel album ?
JB CHESNOT : Pendant un temps, on a tourné sur les morceaux du premier album, et il arrivé un moment où on en a eu marre de tourner avec toujours les mêmes morceaux. On s’est dit « ça y est, on rentre en studio ». C’était en février 2014. A peu près 5 ou 6 mois avant, on avait commencé à composer, on a un mode de composition qui est toujours à peu près le même : il y a des thèmes dont on a envie de parler, Tom va s’occuper des textes – il fait plein de textes, plein, plein de textes sur plein de sujets… - Alex a les idées de morceaux, de riffs, et ensuite on se retrouve tous les trois et on essaie de faire coller les textes avec les morceaux. Parfois il y a des choses qui sont moins évidentes, il faut retravailler la musique ou les textes pour que ça colle, et ensuite on arrive à reconstruire les morceaux, tous les trois ensemble.

METAL INTEGRAL : C’est un processus somme toute assez classique…
JB : Oui. On n’arrive pas chacun avec un morceau qui nous tient à cœur. Chacun vient avec ses idées, et ça se construit autour de ça. Tom BULLOT : Tous les titres sont en effet construits à trois. Tu disais qu’il y a un côté plus personnel, et c’est pas faux, parce que, par rapport au premier album, on était plus à l’aise. Le premier album était notre première grosse expérience en studio… On est arrivés, on s’est raccrochés à ce qu’on savait faire, on s’en est tenus à un style, notre style de prédilection de départ, qui est Hard Rock. Et après avoir énormément tourné, après avoiracquis un peu d’expérience studio, on savait un peu plus à quoi s’en tenir, de quoi on était capables, et on a été capables de jouer un peu de plus d’influences, de mettre dans cet album certaines choses qui nous correspondent, d’oser un peu plus aussi. On a plus osé, sur ce second album, d’où le côté plus personnel.

METAL INTEGRAL : Le titre de votre album, Make Art, ressemble à un message simple, clair. En même temps, j’ai l’impression qu’il y a une critique de ce que l’on veut nous vendre comme étant de l’art.
Tom : Il y a une dimension un peu comme ça, mais en même temps, on n’est pas militants, donc on ne va pas jusqu’à dénoncer un système ou autre. En revanche, ce que nous nous autorisons beaucoup, c’est faire de l’humour. Aller jouer un peu autour du concept d’art ou d’artiste. A force de jouer dans des concerts ou festivals, on se retrouve toujours dans des loges pour « artistes », avec des bracelets pour les « artistes » et tout ça, et on ne se sent pas, au sens noble du terme, « artistes ». On est des faiseurs de riffs, des artisans du Rock’n’Roll, et du coup, on s’est demandé ce qui fait que quelqu’un est un artiste, et on s’amuse un peu autour de cette notion là, de ce concept. Ça nous permet de faire un peu d’humour, d’être, effectivement, un peu piquants parfois, mais sans aller jusqu’à dénoncer ou militer pour telle ou telle cause. On n’est pas là pour ça. En revanche, on s’amuse beaucoup !

Alex KOURELIS sort du placard dans lequel il donnait une interview téléphonique et nous rejoint.

METAL INTEGRAL : Toujours en ce qui concerne la pochette, il y a eu une chronique sur METAL INTEGRAL, et mon collègue et ami la trouve vilaine… Pour moi, elle évoque plutôt la fausse simplicité d’un Andy WARHOL, par exemple. Qu’est ce qui vous a inspiré cette pochette ?
Tom : Oui, je me souviens de cette chronique… (il sourit)
Alex KOURELIS : C’est la photo, la photo des Beaux Arts. On avait le titre de l’album, on avait la photo des « beaux arts » (NDMP : voir le site du groupe où l’un des musiciens pose nu, un verre de vin à la main, les deux autres s’attelant derrière leurs chevalets). On s’est demandé ce qu’on faisait : est-ce qu’on nous voit de face, derrière nos chevalets, notre muse de dos, ou est-ce qu’on voit notre modèle de face, et nous de dos en train de dessiner ? Dans ce cas, quel intérêt y a-t-il à ce qu’on voit vraiment nos reproductions du modèle ? Il fallait qu’on trouve autre chose. Il y en a qui s’est mis à dessiner un morpion, et l’autre qui s’est dit « je vais le dessiner, mais comme un enfant de 4 ans », un bonhomme bâton. On s’est dit que c’était plutôt pas mal. Et en regardant cette espèce de bonhomme noir sur fond blanc de plus près, on a trouvé ça assez percutant et on s’est dit qu’on pouvait en faire quelque chose. Et nous l’avons mis sur une pochette d’album.
Tom : On l’a ensuite décliné sous la forme un peu « street art », parce que, encore une fois, cet album, c’est jouer avec la notion d’art, ce que c’est que de faire de l’art. Il y a à la fois un cours de dessin de modèle vivant nu aux Beaux Arts et un peu de street art, un peu crado. Tout ce qui nous intéressait
JB : je souhaite rassurer les lecteurs et lectrices en précisant que, certes, sur l’album, sur la couverture, c’est la représentation du bonhomme, mais à l’intérieur de la pochette, il y a cette fameuse photo où l’on voit un STICKY BOYSqui pose nu et qui se fait peindre par ses deux…

METAL INTEGRAL : Qui se fait peindre, on est bien d’accord ? L’élocution prend ici toute son importance !
JB : Exactement ! (rire général)
Tom : C’est un très beau garçon, au passage...

METAL INTEGRAL : Un peu collant, non ? Pardon, je ne pouvais pas la rater, celle-là !
JB : Un peu oui ! (rires aussi)

METAL INTEGRAL : Qu’est-ce qui vous inspire, autour de vous, pour créer, et y a-t-il des thèmes que vous refusez d’aborder ?
Alex : Oh, oui ! Bien sûr…
Tom : D’ailleurs, on ne les abordera pas !
Alex : C’est ce que disait Tom tout à l’heure, on n’est pas un groupe militant. L’idée n’est pas là… On est là juste pour faire du Rock, point barre ! Aborder les sujets récurrents du Rock’n’Roll, des tableaux de vie, ce qui peut arriver partout, que tu sois sur la route, chez toi, ou aux toilettes. On parle de choses qui nous sont arrivées, de choses auxquelles on pense. On a un titre, Le Futur Est Dans Tes Mains dont l’histoire est toute bête : il y a des gamins dans le Nord qui viennent nous voir à chaque fois qu’on y donne un concert. Des gosses de dix ans, c’est papa qui les amène mais ils viennent nous voir, ils ressortent avec la banane ! Entre aller à un parc d’attractions ou venir voir les STICKY BOYS, ils préfèrent, je pense, venir nous voir. Et c’est fabuleux ce qui nous arrive : on sort de scène, on pue la bière, on sent la transpiration et il y a des gamins qui viennent nous voir pour nous faire un bisou, nous demander des médiators et on se dit que ces gosses là, il faut faire quelque chose pour eux. On leur a rendu hommage avec cette chanson. Un petit tableau de vie. Et tu en trouveras d’autres sur l’album.

METAL INTEGRAL : Avec qui rêveriez-vous de tourner ? Vous en tête d’affiche, évidemment...
JB : On a le droit de choisir n’importe quel groupe ?

METAL INTEGRAL : Bien sûr, qui vous voulez.
JB : Cool… Je peux commencer, les copains ?
Tom : Bien sûr, vas-y...
JB : J’aimerai vraiment tourner avec RANCID. Je trouve qu’ils ont une magie sur scène ! Leurs chansons sont géniales, le dernier album, il y a tout, plein d’influences… Ils font partie des groupes qui me font vraiment rêver…
Tom : Je pense qu’il y a un groupe qui représente bien le côté festif que j’aime dans le Rock et dans le Hard Rock en général : TWISTED SISTER. Si je pouvais tourner avec TWISTED SISTER, je serai l’homme le plus heureux du monde parce qu’on aurait plein de choses à apprendre, à découvrir, et on passerait sûrement de très bon moments avec eux.
Alex : J’en sais rien du tout… vraiment, je sais pas...
Tous (sur un ton compatissant et bienveillant) : C’est pas grave…
JB : Donc on n’a pas de première partie ?
Alex : Ben non…

METAL INTEGRAL : Vous faites un concert de trois heures…
Tom : Et ben voilà !

METAL INTEGRAL : Vous annoncez au public « On a joué l’album, maintenant on vous le rejoue ! »
Rire général (oué, une interview avec MP ça peut être marrant, aussi)

METAL INTEGRAL : Quatre ans après, est-ce que…
Alex (une illumination dans le regard) : Ah, je sais ! Je peux ? NUCLEAR ASSAULT !

METAL INTEGRAL : Ah ? Intrigant…
JB : Très bonne idée...
Alex : J’ai toujours adoré ce groupe là, à mi chemin entre le Thrash et un peu Punk sur les bords, le côté pétage d’oreilles et pétage de cervicales intégral, propos fun et pourtant bien joué… J’ai toujours adoré leur image, leur côté un peu branleurs.

METAL INTEGRAL : Trois styles différents, donc. Ça permet d’élargir votre public. Alors, il y a quatre ans, le grand public vous a découverts avec une pub. Est-ce qu’aujourd’hui vous ressentez encore l’impact de ce « Hey, Sylvie ! »
Tom : Tu vois bien que oui…
Alex : Directement, non, mais on nous pose souvent la question, en tout cas. On a bien conscience que c’est grâce à ça qu’on s’est fait connaitre, on a bien conscience, aussi, que c’est grâce à cette pub qu’on a joué au Hellfest en 2011 en ouverture du festival. On l’assume encore complètement aujourd’hui.

METAL INTEGRAL : C’était quand même une pub assez exceptionnelle, originale, drôle, différente de ce que l’on peut voir habituellement.
Alex : C’était vraiment chouette, oui. Pour nous, c’était vraiment un coup gagnant. Aujourd’hui, on n’a plus de contact avec la SNCF, il n’y a pas de projet qui ait découlé de ça, mais des portes se sont ouvertes.

METAL INTEGRAL : Donc, vous ne voyagez pas gratuitement en train ?
Alex : Non.
JB : Malheureusement non, et je n’ai même plus la 12-25 !

METAL INTEGRAL : Le 10 octobre prochain, vous allez donner un concert au Divan du Monde à Paris pour la Release party de l’album. Vous nous réservez des choses particulières ?
Tom : On réserve le concert tel qu’on l’a construit et pensé de longue haleine. Le live, c’est très important pour nous, donc on s’est beaucoup cassé la tête pour savoir comment faire quelque chose de joli, d’appréciable, de divertissant, de fun, d’excitant… Tout ce qu’on aime, nous, quand on va voir des concerts depuis qu’on est gamins. On a construit ce concert là, c’est le plus beau que nous pouvions faire, c’est exactement ce que nous voudrions voir sur scène. Ça regorge de surprises, d’interaction avec le public, ça transpire la joie de vivre. On est vraiment très contents de ce spectacle là, maintenant on va le présenter et… advienne que pourra ! J’espère que le public le vivra comme nous on le ressent.

METAL INTEGRAL : En parlant du public, vous jouez une musique dynamique, explosive, fun, chantée dans un anglais à l’accent que je voudrais entendre plus souvent, mais il y a une difficulté : STICKY BOYS est un groupe français. Or, en France, on a la sale habitude de ne pas soutenir vraiment les groupes français, à de rares exceptions près. Comment le vivez-vous, et comment compter vous mener votre carrière pour en faire une vraie carrière ?
JB : Pour nous, la question ne se pose pas du tout. On fait du Rock’n’Roll comme une nécessité, parce que c’est ce que nous aimons. On y prend du plaisir et je pense que si nous commencions à avoir un plan de carrière, une stratégie pour « réussir » - je ne sais pas exactement ce que ça veut dire, « réussir »… On réussit à partir du moment où on donne des concerts qui sont joyeux, où on donne la banane à des gens qui viennent nous voir et qu’on prend du plaisir avec le public…
Alex : Où accessoirement on vend quelques T-shirts et CD
JB : Il n’y a pas de stratégie du tout. Le fait qu’on soit Français ? Ben c’est arrivé comme ça, et ça ne nous empêche pas d’avoir envie de jouer du Rock. Si on était Allemands ou Anglais, est-ce que ça aurait été plis facile ? Je n’en sais rien… Il y a peut-être plus de demande là bas, mais sans doute y a-t-il aussi plus d’offre… On ne se pose pas la question, on est devant le fait accompli : on est Français, et on joue du Rock.
JB : Je n’ai pas l’impression de ressentir un manque de soutient ou une frilosité… Comme le dit Tom, on cherche à jouer un maximum, et on se rend compte qu’en France, il y a des festivals, il y a des endroits où on peut jouer, qu’il y a une presse spécialisée, qu’il y a des gens qui écoutent de la musique… Nous, on fait le maximum et on verra où ça nous mènera… Tant que nous prenons du plaisir, c’est ça, l’important.

METAL INTEGRAL : Parlons du contenu de votre album. Comment décririez-vous votre musique à quelqu’un qui ne la connait pas ?
Alex : Ah… ! Ben, c’est un album de Rock’n’roll qui va taper un peu dans les racines du Hard Rock, en mordant un peu sur la bande blanche du Punk, comme quand tu prends un virage un peu vite… Ce sont des titres directs. Les titres qui font cinq, six minutes, progressifs, c’est bien chez certains groupes, un peu progressifs, mais ce n’est pas notre cas du tout…
JB : On progresse pas, nous…
Alex : Nous, on propose des titres de trois, quatre minutes, grand maximum, avec des structures très simples, couplet refrain solo, et tchao les enfants… Du Rock simple, quoi !
Tom: Du fun, de l’énergie, de la bonne humeur, je crois qu’on a tout dit.

METAL INTEGRAL : : Il y a un morceau sur l’album dont vous êtes particulièrement fiers ?
Alex: Ben… non…
JB : Eh bien, moi, si… J’aime particulièrement le titre éponyme, Make Art, parce que c’est un morceau sur lequel on s’est autorisés à, par exemple, mettre un orgue. Il y a un refrain assez éclatant, des chœurs arrangés, des choses comme ça. C’est un morceau qui a une couleur particulière que j’aime beaucoup. Maintenant, c’est personnel, Alex, lui, à l’air de tous les aimer…
Alex : Moi, ça tourne… Il y a deux semaines, c’était deux titres, maintenant, deux autres… Je n’ai pas encore arrêté un morceau en particulier. Peut-être que c’est trop frais, qu’il faut les jouer un peu en concert pour voir ce que ça donne, celui que je préfère jouer. Mais à écouter, pour le moment il n’y en a pas un que je zappe quand j’écoute l’album. Que je peux écouter d’une traite, ce qui est vachement bien car ce n’est pas le cas du premier, et c’est rarement le cas quand tu t’écoutes toi-même. Je suis encore content de tout, et pourtant, ça fait déjà six mois que nous sommes passés en studio, c’est plutôt bon signe.
Tom : Je comprends ce que dit JB, et je le rejoins assez. Si je trouve chacun des morceaux au meilleur de ce qu’ils pourraient être, et je suis fier de chacun, je crois que Make Art est celui sur lequel on s’est complètement lâchés, celui sur lequel on a le plus osé. On s’est posés la question quelques secondes… On s’est regardé, on s’est demandé: « celui-là, on ose le mettre, ou pas ? ». On s’est dit qu’on osait tout, même ça ! Alex parlait tout à l’heure de prendre un virage un peu vite et rouler sur la ligne blanche… Là, on double carrément à droite et en double-file ! (rire général)

METAL INTEGRAL : : C’est peut-être une piste à explorer pour l’avenir ?
JB : En tout cas dans l’état d’esprit. Si on le sent, si on se dit qu’il y a quelque chose qui peut paraître un peu « osé » - ça reste de la musique – si on le sent, on peut se faire confiance, et on y va…

METAL INTEGRAL : : Un dernier mot pour votre défense ?
JB : Oui, il faut que tout le monde vienne le 10 octobre au Divan du Monde ! Nous, on ne fait pas ça pour nous enfermer dans un studio, on ne fait pas de la musique pour qu’elle soit écoutée dans le salon, on en fait pour qu’elle soit écoutée sur scène, en public, avec du monde, des gens qui crient, qui bougent, qui font la fête, qui boivent des bières… C’est là que ça va vraiment se passer. Si vous voulez savoir ce que c’est que STICKY BOYS, venez en concert, c’est là que ça se passe !

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