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Chronique
WARBRINGER - Woe to the vanquished

Style : Thrash
Support :  MP3 - Année : 2017
Provenance du disque : Reçu du label
8titre(s) - 41minute(s)

Site(s) Internet : 
WARBRINGER WEBSITE
WARBRINGER WEBSITE
WARBRINGER MYSPACE 

Label(s) :
Napalm Records
 (19/20)

Auteur : Jan
Date de publication : 29/03/17
Un album d’une intensité rare dans le milieu du thrash metal...
« Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. »
(Léon TOLSTOÏ)

Léon TOLSTOÏ était un visionnaire qui avait compris la corrélation entre ce que l’on mange et comment l’on agit avec les autres. La Paix commence toujours par ce que l’on a dans son assiette. En effet, quand on avale égoïstement un individu d’une autre espèce, non seulement on est responsable de la souffrance qu’on lui a procuré par sa consommation alimentaire qui induit des massacres à la chaîne dans les abattoirs, mais on est également assez stupide pour ingérer de la douleur, du traumatisme, de l’horreur, du stress, de la rage, de la terreur, de la putréfaction et du sang tout en s’étonnant qu’il y ait plein de guerres autour de soi. L’adrénaline et la noradrénaline, dégagés en masse par l’épouvantable frayeur des animaux assassinés, égorgés, démembrés au nom d’une sacro-sainte « gastronomie » qui n’est, en fait, que le reflet de ce l’être humain a de plus mauvais en lui, sont des poisons qui rendent les Hommes violents et qui entraînent des réactions de domination mutuelle qui les poussent ensuite à s’affronter dans des combats d’une impétuosité à nulle autre pareille. Ce besoin permanent du primate, sensé être le plus évolué de la création, de se penser supérieur aux autres formes de Vie permet très clairement de se faire une idée de sa capacité à écraser cruellement ses semblables tout comme il annihile par milliards les espèces qui peuplent notre planète commune et qui, semble-t-il, le dérangent. Plusieurs grandes figures historiques ont elles-mêmes dénoncées ces agissements barbares menant à la perversité et la folie. Confucius, par exemple, énonçait que « tant que les Hommes massacreront les animaux, ils s’entre-tueront ; celui qui sème le meurtre et la douleur ne peut récolter la Joie et l’Amour. » De même, Gandhi disait si justement que « la grandeur d’une Nation et ses progrès moraux peuvent être jugés de la manière dont elle traite les animaux. » De même, l’anthropologue français Claude LEVI-STRAUSS a précisément mis le doigt sur l’origine des dissensions au sein même de l’espèce humaine en annonçant que « l’ethnologue prend davantage conscience que les problèmes posés par les préjugés raciaux reflètent à l’échelle humaine un problème beaucoup plus vaste et dont la solution est encore plus urgente : celui des rapports entre l’Homme et les autres espèces vivantes ; et il ne servirait à rien de prétendre le résoudre sur le premier plant si on ne s’attaquait pas aussi à lui sur l’autre, tant il est vrai que le respect que nous souhaitons obtenir de l’Homme envers ses pareils n’est qu’un cas particulier du respect qu’il devrait ressentir pour toutes les formes de Vie. » Ainsi, il est urgent de changer notre manière de voir notre place dans ce monde et d’agir positivement envers les autres animaux, en ayant conscience que nous aussi, homo sapiens sapiens, faisons partie intégrante du règne animal et que, de ce fait, il est impératif de stopper notre consommation de viande si nous voulons sauver notre espèce d’une extinction définitive qui se profile certainement et dangereusement à l’horizon.

« Soyons subversifs », écrivait Marguerite YOURCENAR, « révoltons-nous contre l’ignorance, l’indifférence, la cruauté, qui d’ailleurs ne s’exercent si souvent contre l’Homme que parce qu’elles se sont fait la main sur les bêtes. Rappelons-nous, s’il faut toujours tout ramener à nous-mêmes, qu’il y aurait moins d’enfants martyrs s’il y avait moins d’animaux torturés, moins de wagons plombés amenant à la mort les victimes de quelconques dictatures, si nous n’avions pris l’habitude des fourgons où les bêtes agonisent sans nourriture et sans eau attendant l’abattoir. »

Si nous appliquions ce principe pourtant simple qui consiste à ne pas faire subir à autrui, peu importe sa forme, ce que l’on ne voudrait pas subir nous-mêmes, le monde serait un bien meilleur endroit pour vivre, n’est-ce pas ? Malheureusement, peu parmi nous comprennent les sens profonds et réels des mots « respect », « empathie », « compassion »... « La cruauté envers les animaux et même déjà l’indifférence envers leur souffrance est », d’après Romain ROLLAND, « l’un des péchés les plus lourds de l’Humanité ; il est la base de la perversité humaine ; si l’Homme crée tant de souffrance, quel droit a-t-il de se plaindre de ses propres souffrances ? » Moi aussi, je m’interroge là-dessus...

Pourtant, rien n’est perdu. L’Homme peut reprendre le dessus sur sa Nature belliqueuse et prouver qu’il est digne d’appartenir à cette innombrable famille qu’il forme avec l’ensemble des créatures évoluant sur Terre, de côtoyer ces dernières en toute harmonie et qu’il peut se comporter intelligemment en éludant les pugilats et autres hostilités et en évitant cette fâcheuse tendance à exploiter le Vivant en se plaçant à son sommet, alors qu’il n’est qu’une partie infime d’un Tout plus vaste.

Malencontreusement, la société humaine devenant de plus en plus instable, notamment en raison de cette obsession quasi-pathologique pour l’ingestion de chair animale, il n’est pas étonnant de voir des foyers de guerre s’embraser un peu partout aux quatre coins de notre planète. Le carnisme et le spécisme menant tout droit à la rage, celle-ci conduisant à la colère, deviennent de plus en plus présents et la haine s’empare progressivement mais sûrement des coeurs les plus faibles. Cela fût déjà le cas à de très nombreuses reprises durant les siècles précédents. Cela sera aussi le cas dans un avenir plus ou moins proche, surtout si l’Homme continue de se prendre pour un représentant divin qu’il n’est pas et si, dans le contexte actuel, la France et ses voisins continentaux optent pour la mise en place d’une Défense Européenne et s’amusent à provoquer du Russe, comme ça, pour le plaisir de faire suer son monde. Sans qu’il n’y est de perdant ni de vainqueur. Parce que la guerre ne mène ni à la victoire ni à la défaite, juste à la désolation et à une mort certaine (tout cela en raison du fait que l’Homme a bu les paroles nauséabondes des religions qui ont empoisonné son esprit et l’ont privé d’un sens inné de la raison pourtant nécessaire à son passage sur Terre).

Pourtant, certains semblent penser le contraire. Comme les ricains rageurs de WARBRINGER qui sortent de leur hiatus bénédictin pour nous présenter un cinquième album bien belliqueux qui en laissera plus d’un(e) pantois(e). L’efficacité et la destruction sont les maîtres mots ici. Les cinq zicos ne sont pas là pour jouer les divas à la METALLICA ou MEGADETH, mais pour tout ravager dans un rayon d’au moins six kilomètres autour de votre platine. Je ne plaisante vraiment pas. Woe To The Vanquished, car c’est le nom de cette bombe atomique sonique, est d’une intensité rare dans le milieu du thrash metal. Sombre et massif, il ne faillit jamais et nous plante directement dans un décor post-apocalyptique dès le départ avec Silhouettes, dont les paroles décrivent un hiver nucléaire et son atmosphère bien particulière. De quoi mettre en appétit l’auditeur, amateur de chronologie factuelle et de musique extrême.

S’enchaînent alors d’autres déflagrations métalliques à un rythme soutenu, comme le proéminent et éponyme Woe To The Vanquished, dont la trame textuelle prend sa source à l’époque antique, en 390 avant JC pour être plus exacte, lors de la prise de Rome par Brennus et son armée. Pour affranchir la capitale du Latium de sa présence, le chef gaulois a exigé des latins qu’ils déposent mille livres d’or sur une balance. Or, la mesure pondérale n’étant pas la même sur la péninsule italienne et sur le territoire celtique, Brennus jugea, à tort ou à raison, que le compte n’y était pas et que les romains avaient tenté de le pigeonner, même si la triche était plutôt à rechercher du côté des Sénons. C’est alors qu’il prononça les mots « Vae Victis », en français « Malheur Aux Vaincus » après avoir déposé son épée sur l’un des plateaux de la balance en tentant ainsi de prouver que les pauvres transalpins avaient essayé de le tromper. Cependant, après cet épisode fort déplaisant pour les romains, Brennus subit de multiples revers et fût forcé de se replier au Nord de l’Italie. Où il disparaîtra par la suite.

Ou des titres comme Shellfire et Descending Blade. Cependant, le point culminant de ce cinquième opus s’incarne dans l’épique et violent When The Guns Fell Silent qui clôt ce disque sur une note plutôt pointue et assez émouvante. Le morceau débute par une citation du poète, romancier et militaire britannique Siegfried SASSOON extraite de sa tirade « Prelude : The Troops » (’Counter-Attack And Other Poems’, 1918), élégie qu’il a rédigée au crépuscule de la 1ère Guerre Mondiale, quelques mois avant qu’elle ne prenne définitivement fin avec l’armistice du 11 novembre et les paraphes de Foch, Wemyss, Hope, Weygand, Deledicq et Grandchamp, du côté allié, et de Erzberger, Von Oberndorrf, Von Winterfeldt, Von Gruennel et Vanselow du côté allemand. SASSOON continuera toute son existence à exorciser son expérience des conflits divers et essaiera à de maintes reprises d’ouvrir les yeux à ses semblables sur l’horreur que représente ces boucheries innommables qui ne mènent qu’à la ruine et à l’état de poussière (« The unreturning army that was youth The legions who have suffered And are dust »). Cette composition consistante, When The Guns Fell Silent, s’articule en cinq parties bien distinctes nommées respectivement « Prelude : The Troops », « Attrition », « Voie Sacrée (The Sacred Way) », « The Voice Of The Guns » - pour laquelle WARBRINGER s’est inspiré d’un autre rhapsode anglo-saxon, Gilbert FRANKAU, et de son dramatique récit portant le même nom – et « All Quiet » qui résume à elle seule le silence macabre qui résonne inévitablement sur les champs de bataille lorsque tous les hommes sont à terre...D’ailleurs, cette huitième piste explique d’une manière claire et concise ce que furent, notamment, les carnages de Verdun et Paschendale durant ces longues années d’hostilités passées dans la boue, le froid et la confusion de part et d’autre des camps adverses. Tout comme a pu le faire également l’obscure Paschendale de la Vierge de Fer en un peu plus soft quinze printemps auparavant sur le mélodique mais bien heavy Dance Of Death. Ou, plus récemment, la troupe roumaine TROOPER et son În Ziua A Opta, dont la pochette met en scène un soldat dans une tranchée, enlacé par la Mort elle-même revêtue d’un uniforme similaire à celui du franc-tireur.

Tout cela pour dire que Woe To The Vanquished, sans réellement en être un, peut être considéré comme un album conceptuel pour son intrigue tournant autour de la guerre et de ce qui l’engendre, comme la tricherie (Woe To The Vanquished), la censure et plus généralement la dictature (Remain Violent), la folie (Spectral Asylum), l’artifice que nous élevons au rang de religion (Divinity Of Flesh). Autant de causes futiles qui pourtant mènent toutes à la fin de tout.

Ainsi, le groupe ne pouvait pas éviter d’exprimer cette thématique de la conflagration, qui se pare de divers masques, sans y mettre musicalement un grain de démence et une grosse dose de fureur, d’exaspération et d’amertume. Cela se traduit, donc, tel que je l’écrivais plus haut, par une efficience quasiment déprédatrice qui défonce tout sans oublier de conserver la mélodie, qui reste la base du thrash metal, spécialement au niveau des soli. Résultat des courses, des coups de canon de riffs bien gratinés made by Adam CARROLL et Chase BECKER, une section rythmique hyper martiale qui arrive sans prévenir comme un Panzer IV avec un solide Jessie SANCHEZ et un Carlos CRUZ énervé de la pédale aux commandes et des hurlements d’écorché vif qui sortent des entrailles de John KEVILL. Tout pour nous rappeler à quel point la guerre n’est qu’un effondrement sur lui-même du principe d’humanité. Quoique la musique des californiens puisse nous ravir, malgré tout.

De ce fait, quand bien même le sujet de prédilection des nord-américains est la guerre (il n’y a qu’à voir les patronymes qu’ils ont choisi pour leurs différents disques, War Without End et IV : Empires Collapse singulièrement), ce Woe To The Vanquished est définitivement la plus aboutie de toutes leurs galettes. Sans contestation possible. Autant techniquement, que textuellement. Autant sur le plan des ambiances, qu’émotionnellement. Et même visuellement avec cet artwork explicite réalisé par le grand artiste Andreas MARSCHALL, qui s’est inspiré d’un monument aux morts devant lequel les casques de 12000 combattants allemands ont été empilés en guise de célébration de la victoire alliée en 1918. Néanmoins, la réussite de ce cinquième opus n’aurait peut-être pas été au rendez-vous sans un mixage dynamique et un mastering musclé qui sont l’œuvre de Mike PLOTNIKOFF et Howie WEINBERG, qui sont arrivés à sublimer l’ensemble avec une production étrangement lumineuse, quand bien même l’atmosphère qui se dégage des paroles et de la musique est d’une noirceur à faire pâlir toute une salle de concert remplie de blackeux et de goths.

Bref, cet album est une suite de déflagrations létales qui font revivre les moments les plus funestes de l’Humanité en nous les présentant très crûment, sans détour, afin que nous puissions finalement prendre conscience que nos pensées et nos actes peuvent mener très loin, trop loin (dont notre consommation de viande)...Et que la Paix, comme le scandait si justement Jean-Luc MELENCHON lors de son discours du samedi 18 mars dernier sur son estrade place de la République à Paris, « est un bien précieux qu’il faut chérir ». WARBRINGER est bien de cet avis, pas aussi clairement toutefois, même si l’on peut aisément deviner leur point de vue à travers leurs mots bien sélectionnés. Cette Paix ne peut être que si l’être humain renonce au mal qu’il porte dans son cœur et s’il embrasse l’Harmonie, la Spiritualité et l’Amour globalement. Autrement, il sera perdu à jamais et recommencera sempiternellement les mêmes erreurs et les mêmes errances, amenant ses semblables et les autres espèces animales, ainsi que végétales, à leur agonie. Cela dit, rien n’est jamais joué et tout peut se transformer en or. Et, en attendant de voir de quoi demain sera fait, il ne vous reste plus qu’à vous démonter la nuque avec ce trésor d’agressivité, de culture et de musicalité. Voilà une déclaration bien sympathique avec laquelle vous ne risquez seulement que de vous péter les dents si vous vous cognez trop fort le crâne à la table basse du salon en secouant votre tignasse, que j’espère bien fournie (c’est plus sexy et ça tient chaud l’hiver) et qui rend hommage aux milliers de personnes qui se sont sacrifiées pour que la Paix puisse à nouveau régner. Si tant est que l’Humain puisse conserver une certaine Sagesse et agir de façon honorable sans chercher à nuire à quiconque, même si ce quiconque ne lui ressemble pas. « Si un Homme cherche sérieusement une Vie droite, son premier acte d’abstinence sera l’alimentation animale. » (Léon TOLSTOÏ)

Line-up :

John KEVILL (chant)
Adam CARROLL (guitares)
Chase BECKER (guitares)
Jessie SANCHEZ (basse)
Carlos CRUZ (batterie)

Equipe technique :

Mike PLOTNIKOFF (mixage)
Howie WEINBERG (mastering)
Andreas MARSCHALL (artwork)

Tracklist :

1) Silhouettes
2) Woe To The Vanquished
3) Remain Violent
4) Shellfire
5) Descending Blade
6) Spectral Asylum
7) Divinity Of Flesh
8) When The Guns Fell Silent

Durée totale : 41 minutes

Discographie :

War Without End (2008)
Waking Into Nightmares (2009)
Worlds Torn Asunder (2011)
IV : Empires Collapse (2013)
Woe To The Vanquished (2017)

Date de sortie :

Vendredi 31 Mars 2017

Silhouettes : cliquez ici

Remain Violent : cliquez ici

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