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Chronique
RAVAGE - Return of the spectral rider

Style : Heavy Metal
Support :  CD - Année : 2017
Provenance du disque : Reçu du label
12titre(s) - 55minute(s)

Site(s) Internet : 
RAVAGE MYSPACE 
RAVAGE WEBSITE
RAVAGE WEBSITE

Label(s) :
Auto Production
 (17/20)

Auteur : Jan
Date de publication : 27/09/17
Un très savoureux moment de heavy traditionnel...
Il était une fois, dans une contrée fort éloignée de la sinistre Macronie, par-delà une vaste étendue marine, une sombre demeure, dont l’aspect délabré n’augurait rien de bon. L’atmosphère pesante et obscure qui s’en dégageait laissait à penser que de nombreuses créatures, plus ou moins éthériques, hantaient les lieux et s’amusaient à effrayer les quidams imprudents qui osaient s’aventurer dans cette bâtisse imposante, mais tristement recouverte d’une mousse grisâtre. Parfois, un son métallique se faisait entendre, émanant des entrailles de ce manoir tristounet. Pour certain(e)s, le râle plaintif d’un baigneur paisible saigné dans son jacuzzi. Pour d’autres, un vrombissement d’aspect vaguement mécanique. Ou peut-être s’agissait-il du ricanement cynique du dragon qui virevoltait régulièrement au-dessus du château, à la recherche d’une victime à se mettre sous la dent pour un quatre-heures permanent. Personne ne le savait ou ne souhaitait pas en découvrir plus à ce sujet.

Pourtant, par un crépuscule printanier, la voûte céleste d’un dégradé sanguin, un rugissement inhabituel survint du fin fond de cet auguste édifice. Tout d’abord incertain, celui-ci se fît plus pressant. Jusqu’à ce que les lanternes cernant l’arche d’entrée s’illuminèrent de mille feux et que le pont-levis s’abaissa, dévoilant un profond brouillard dissimulant une noirceur glaçante. Puis, surgissant brutalement du couloir de la Mort, un guerrier fantomatique chevauchant un engin démoniaque. Une ombre au tableau. Un suppôt de la Faucheuse décidé à faire quelques emplettes pour se rassasier d’âmes humaines corrompues après avoir passé des siècles à faire un régime minceur, histoire de perdre quelques kilos en trop. Ce jour maudit marquait, donc, le retour apocalyptique du cavalier spectral.

Plus impressionnante que jamais, cette réapparition soudaine du hussard motorisé nous est contée par les ménestrels de RAVAGE, une troupe originaire de Boston, dans le Massachusetts. Formée au milieu des nineties, elle nous avait déjà narré les aventures de ce pilote sans nom en 2005 après une démo et trois EP mis en boîte entre 1998 et 2002 et avoir écumé les routes nord-américaines durant de longs mois pour affûter leur heavy metal incisif. Influencée par les britanniques de JUDAS PRIEST et IRON MAIDEN, certaines des structures utilisées dans ses chansons le confirmant, la horde fougueuse a, par la suite, enregistré une seconde rondelle en 2009, toujours dans la même lignée que son précédent effort. N’ayant jamais dévié d’un iota de la voie qu’elle s’est tracée, la bande insatiable s’est décidée sept années plus tard, soit en 2016, à réenregistrer son premier album, dont elle ne possédait pas les pistes non-mixées, Spectral Rider ayant été distribué à petite échelle par le label Karthago Records. De ce fait, il semblait naturel pour les trois membres originels (le frontman Al RAVAGE, les guitaristes Eli FRICANO et Nick IZZO) d’immortaliser une nouvelle fois cet opus énergique et relativement traditionnel. Voilà, en fin de compte, la genèse de cette, techniquement, troisième galette, logiquement intitulée Return Of The Spectral Rider.

Dotée d’une bien meilleure production que précédemment, Return Of The Spectral Rider démontre plus clairement toute l’étendue du talent de ces musiciens expérimentés qui ont parfaitement digéré la musique de leurs idoles pour en créer une, certes pas originale pour un kopek, mais tout à fait cohérente et perpétuant un savoir-faire quasiment ancestral de nos jours, ayant inspiré un sacré paquet d’instrumentistes depuis déjà trois décennies, voire même quatre, si l’on considère BLACK SABBATH comme étant le précurseur d’une nouvelle vague stylistique toujours en vigueur actuellement.

Return Of The Spectral Rider est le fruit d’une démarche altruiste permettant aux amateurs/amatrices de bon vieux heavy metal de goûter à un très bon crû pourtant déjà mis sur le marché auparavant. Cela dit, ce millésime a un aspect plus enthousiasmant que le premier, une saveur plus directe à l’oreille, plus âcre tout en étant fruitée. Bien que les titres sont les mêmes que ceux figurant sur Spectral Rider, l’album démarre très fort avec un bref instrumental cinématographique en guise d’introduction, illustrant avec justesse l’atmosphère pesante de la pochette, avant de lancer les hostilités avec un éponyme et tranchant Spectral Rider, composition me rappelant par moment les titres phares de Bruce DICKINSON en solo, notamment sur les mélodies de guitares, à rapprocher de celles interprétées par Adrian SMITH sur Accident Of Birth, la ligne rythmique, quant à elle, tirant avec insistance sur du JUDAS PRIEST de Painkiller. Les six-cordistes ici présent, à savoir Eli FRICANO (aussi producteur de ce Return Of The Spectral Rider) et Nick IZZO, sont tellement intimes dans leur relation amicale et professionnelle qu’ils se complètent merveilleusement dans leurs échanges successifs tout au long du disque. Sur Turn The Screw, la formation n’hésite pas à s’engouffrer temporairement dans la tête de Blaze BAYLEY de manière palpable sur cette introduction à la The Hunger, Identity et Reach For The Horizon puis se jette à corps perdu dans la célérité avec un clone partiel de Night Crawler du PRIEST, en ce qui concerne le main riff et le tempo assez enlevé. The Wicked Way est plutôt du genre piquante comme une certaine Dame de Fer, mélodieuse comme un Transylvania et schizophrène comme un When The River Runs Deep. Tournant dans cet opus coloré, The Masque Of Black Death est thrashy à souhait, Al RAVAGE s’égosillant régulièrement dans les aigus, restant prudemment dans les notes medium là où il se sent le plus à l’aise, même si sur ce morceau, plus de nervosité aurait été de rigueur vocalement, et c’est étrangement sur le gnome Ravage, Pt. 1 : Damage, d’une durée de 2 minutes 37, qu’il se laisse aller à quelques grognements menaçants sur cette piste à la Metallica, tandis que Ravage enchaîne sur Whyvern, chanson relativement plus lente et épique pour repartir sur des ritournelles infernales, comme sur le Megadethien Wake The Dead ou les classiques The Wasteland, Curse Of Heaven, Bring Down The Hellhammer, et de terminer sur The King Forgotten, un émouvant chapitre à rallonge qui referme ce retour du biker ectoplasmique sur une tonalité speed à l’ancienne avec, encore une fois, des ponts et soli qui ressemblent à s’y méprendre à ceux des frères SMITH et MURRAY, sauf que ce sont ceux des collègues FRICANO et IZZO, soutenus par les efficients Tommy G à la basse et Derek JAY à la batterie, pas si bleus que cela vu le doigté enchanteur du premier ainsi que la frappe précise du second.

Au travers de ce troisième rejeton, qui n’en est pas vraiment un, RAVAGE s’est hissé deux ou trois marches plus haut sur l’escabeau de son art et a le regard désormais pointé sur un horizon radieux. Ramener Return Of The Spectral Rider de l’au-delà en le réenregistrant intégralement, Eli FRICANO et Nick IZZO à la console, a été une idée de génie. En même temps, le groupe bostonien n’a pas eu vraiment le choix après la disparition des pistes maîtresses à la rupture de son contrat avec son label insouciant de l’époque. Pourtant, il était très plaisant pour moi de redécouvrir ce petit bijou de heavy à l’européenne made in USA après avoir connu la version originale et ses erreurs incompréhensibles côté son. Cette nouvelle version de l’album a été réalisée sans fausse note (ou presque, Al RAVAGE n’étant pas assez régulier dans sa tenue vocale), la production étant enfin digne de ce nom pour cette fantastique formation. Le mix a, donc, été revu, ainsi que le mastering plus percutant de Peter RUTCHO. De même que l’artwork de Tim jacobius beaucoup plus travaillée que celle d’avant. Bref, si RAVAGE n’a pas fait de carnage, le quintet a, néanmoins, réussi à se relancer magistralement sur une voie somme toute assez périlleuse sans faillir un instant à sa réputation de combo qui bosse dur et bien. Return Of The Spectral Rider est l’une des sorties dans le style qu’il vous faut absolument posséder au risque de rater un très savoureux moment de heavy traditionnel. Si, dans le cas où vous ne vous laisseriez pas tenter, pour quelconque raison, assurez vos arrières, le motard fantomatique n’oubliera pas de marquer votre arrière-train de son empreinte éthérique. Plus sérieusement, ce retour aux origines aura encore boosté le groupe dans sa méticulosité et lui aura permis d’accoucher d’une bombinette préalable à de futurs destructions massives. Ben oui, même le Spectral Rider n’aura pas empêché à RAVAGE d’être aussi fertile à l’avenir qu’une marâtre catho et sa douzaine de bénis-oui-oui de petits scouts toujours prêts à faire des manifs pour tous qui ne respectent pas le commandement divin « Aime ton prochain comme toi-même ! ». En plus, leurs panneaux sont tout de rose peinturlurés à ces mômes frigides et barjots et moi, je déteste le rose, ça me rappelle Barbara Cartland et ses chiffons à l’eau-de-rose...Berk ! Heureusement qu’il y a RAVAGE et son heavy metal bien burné, bien graisseux et cette bécane si sexy...Hum, je me ferais bien un tour avec, dites donc !! NOOON, pas avec le Casper casqué, que nenni, lui il est moche comme un pou, juste avec sa monture métallique que votre chroniqueuse préférée pourrait chevaucher, crinière au vent, ne pensant à rien d’autre qu’à sa route sans but...A la manière d’une Max Guevara a.k.a. Jessica Alba dans Dark Angel...Je serais classe, non ?! Bon, bref, je souhaite aux musiciens de RAVAGE d’avoir encore plein plein de marmots bruyants, géniaux et rebelles dans les décennies prochaines, malgré les cris, les pleurs, les couches, les biberons et tout le tintouin peu ragoutant que cela implique et qui rebuterait même un très fort musclor tel que Kalidor...Bon OK, j’en fait peut-être un peu trop-là, mais bon, moi j’en veux encore beaucoup des Return Of The Spectral Rider. Des petits, des grands, des chevelus, des costaud, des sveltes, des verts et des pas mûrs...Ce serait vraiment cool, n’est-il pas ?! Bon allez, je vous laisse écouter les doux ronronnements de la bécane au ghostrider, vous m’en direz des nouvelles ! Moi, je vais me rafraîchir un peu sous la douche...


Line-up :

Al RAVAGE (chant)
Eli FRICANO (guitares)
Nick IZZO (guitares)
Tommy G. (basse)
Derek JAY (batterie)


Equipe technique :

Eli FRICANO (production, mixage, technicien son)
Peter RUTCHO (mastering)
Nick IZZO (technicien son)
Tim JACOBUS (artwork)
John KOZIOL (photographie)

Guests & musiciens de session :

Amber NEWBERRY IZZO (choeurs sur « Wasteland » et « Turn The Screw »)
GTB (choeurs)
Tony CANILLAS (choeurs)
The Choir Of The Damned Nation (choeurs)
Bassil SILVER (batterie sur « Dies Irae »)
Yanni TRANXIDIS (batterie sur « Turn The Screw », « Ravage Pt 1 : Damage » et « Whyvern »)
GTB (batterie sur « The Masque Of Black Death », « Wake The Dead » et « Bring Down The Hellhammer »)


Studios :

Enregistré et mixé dans les locaux des studios Hellbent For Acoustics à Malden, Floride (USA)
Masterisé dans les locaux des studios Damage à Southbridge, Massachusetts (USA)


Tracklist :

1) Dies Irae
2) Spectral Rider
3) Turn The Screw
4) The Wicked Way
5) The Masque Of Black Death
6) Ravage Pt 1 : Damage
7) Whyvern
8) Wake The Dead
9) The Wasteland
10) Curse Of Heaven
11) Bring Down The Hellhammer
12) The King Forgotten

Durée totale : 55 minutes environs.


Discographie non-exhaustive :

Black Horizon [Démo] (1998)
Out Of The Depths [EP] (1999)
The Wicked Side [EP] (2001)
The Face Of Infamy [EP] (2002)
Spectral Rider (2005)
The End Of Tomorrow (2009)
Return Of The Spectral Rider (2017)


Date de sortie :

• Vendredi 26 Mai 2017



Return Of The Spectral Rider (album en écoute intégrale sur BandCamp) : cliquez ici

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