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Chronique
SPARTAN WARRIOR - Hell to pay

Style : Heavy Metal
Support :  CD - Année : 2018
Provenance du disque : Acheté
10titre(s) - 47minute(s)

Site(s) Internet : 
SPARTAN WARRIOR FACEBOOK
SPARTAN WARRIOR BANDCAMP

Label(s) :
Pure Steel
 (19/20)

Auteur : Jan
Date de publication : 07/03/18
Un retour discographique fracassant...
« Chère et aimable clientèle, bienvenue à bord des Trams et Bus de la NWOBHM. Ce tramway desservira tous les arrêts jusqu’à la place SPARTAN WARRIOR. Veuillez, si vous ne l’avez pas encore fait, valider vos tickets sur les bornes prévues à cet effet que vous trouverez sur les barres de maintien. Dans le cas où vous n’auriez pas pris la peine d’acquérir un billet, que cela soit au travers du distributeur automatique de titres de transport sur le quai d’embarquement ou via l’une de nos boutiques urbaines, nous vous laissons le choix de vous débarquer vous-même, d’appeler un contrôleur en appuyant sur le bouton d’appel qui viendra vous délivrer un pass d’une heure agrémenté d’une surtaxe ou honteusement jeter hors de la rame par l’inspecteur lui-même. Pour votre bien, nous vous conseillons, si vous êtes un(e) inconditionnel(le) de notre ligne, d’acheter un abonnement mensuel qui vous permettra de voyager autant que bon vous semble pour un prix raisonnable. Et de ne pas vous ridiculiser devant vos semblables qui, eux, ne fraudent pas. Si vous ne souhaitez pas que cela barde pour vous malgré votre mauvaise attitude, ne laissez pas passer votre chance et acceptez notre solution tout bénéf. Attention à la fermeture des portes. Le départ est imminent. »

Décidément, je suis abonnée au heavy britannique des années quatre-vingt. Même si je n’ai pas de carte vermeille, ni de carte 12/25, ayant dépassé largement l’âge des boutons sur le visage et pas encore atteint celui du dentier dans le verre de Stéradent, j’ai ce sentiment permanent d’être sempiternellement scotchée à ce courant musical qui a permis à de nombreuses formations récentes de voir le jour et de perpétuer l’héritage des « anciens » auprès des jeunes générations. Je suis tellement attachée à cet exercice de style qu’il s’écoule littéralement dans mes veines depuis mon entrée en maternelle quand j’avais trois ans et où j’ai pu poser une oreille intéressée sur le, pour moi, meilleur album metal de tous les temps, j’ai nommé le Powerslave d’IRON MAIDEN. Dès lors, je n’ai cessée de parcourir de long en large et en biais ce champ luxuriant dans lequel la Vierge de Fer ou SAXON se sont développés pour en découvrir toutes les innombrables saveurs, textures et couleurs qui constituent cette prairie verdoyante de l’Albion.

Et, telle une universitaire plongée dans des bouquins poussiéreux pour y découvrir des faits historiques méconnus, je me suis moi-même surprise durant des années à fouiner dans les tréfonds de la Nouvelle Vague du Heavy Metal Britannique pour y dénicher des perles rares. Bon, il est vrai que je n’étais pas forcément très présentable après, car copinant dans un corps-à-corps platonique avec Ungoliant, Arachnée, Spiderman et Aragog et recouverte de leurs multiples soyeuses œuvres d’art. Avec quelques rides en plus. De terribles rhumatismes dus à mon inactivité. Quelques coups du lapin suite à des secouages de tignasse non préconisés par mon kiné. Et une surdité partielle pour avoir mis à fond la caisse les bottages de lunes que sont les joyaux de la couronne tels que ceux de GRIM REAPER, SATAN ou DEMON.

Je ne pourrais pas citer l’ensemble de mes découvertes sonores étant donné qu’en faire une liste complète couvrirait un pack entier de vingt-quatre rouleaux de PQ soit une dépense de six milles feuillets que je ne peux me permettre de faire, vu le peu de temps que j’ai devant moi pour siroter ma réserve de bière et que je n’ai pas que ça à faire que d’aller au supermarché du coin pour recomposer mon stock de torche-séant. Et puis, même s’il est recyclé, je n’ai pas envie de polluer la planète. Me faire taper sur la tronche par un Toutanmacronléon obsédé par le fait de rendre sa grandeur à maman Gaïa ferait un très mauvais effet sur mon image de marque de végane patentée. Sans compter que vous passeriez des heures à m’attendre pour vous présenter le nouvel opus des vétérans de SPARTAN WARRIOR, moi m’étant partiellement éclipsée chez le Cultu Leclerc pour baver devant les derniers-nés de mes combos favoris et, pourquoi pas, ressortir de là avec des rondelles plein mes petits bras. Et ça, ce n’est absolument pas prévu au programme. Donc, passons aux choses sérieuses, si vous le voulez bien.

Alors, écrivis-je, l’Angleterre nous a gratifié il y a quelques jours d’une terrible résurrection, celle de SPARTAN WARRIOR, l’une des formations-phare des années dorées du heavy metal à la sauce Worcestershire. Ayant émergé des abysses en 1980, le groupe natif de Sunderland, une ville portuaire du Nord-est du pays, n’a que quatre galettes à son actif, dont ce formidable Hell To Pay. Après une période de « vaches » maigres suivant les mises en bac successives de Steel N’ Chains en 1983 puis de l’éponyme Spartan Warrior en 1984, le quintet nous est revenu en 2010 avec Behind Closed Eyes passé inaperçu, du moins dans notre France, pas toujours au fait de l’évolution des choses, notamment de l’industrie discographique, toujours très monotone et généralement peu cultivée de par chez nous.

Pourtant, SPARTAN WARRIOR, tout comme l’équipée sauvage de GRIM REAPER, faisait partie intégrante des fers de lance de la scène anglaise de l’époque. Mais, l’ombre de la bande à Steve HARRIS, trop imposante, n’a pas autorisé cette réunion de musiciens talentueux de faire décoller sa carrière, au grand dam de ses supporters pourtant nombreux. Peu importe, SPARTAN WARRIOR, tout comme ses compatriotes de MILLENNIUM, a tenu bon et s’est refait une place de choix parmi les cadors du genre. Cependant, ce n’est que huit longs printemps après un discret Behind Closed Eyes que les cinq guerriers anglo-saxons remettent ça avec un détonnant Hell To Pay qui cogne grave dans la face.

Comme toujours, la formation mise sur la puissance, l’efficacité et les mélodies. Non, les instrumentistes ne sont pas si diminués que ça pour faire de la soupe aux petits pois comme certains individus pourtant beaucoup plus jeunes. Oui, ils ont encore la rage en eux. Et à l’écoute de ces dix titres extrêmement dynamiques, cela s’entend qu’ils n’ont rien perdu de leur énergie et de leur inspiration.

Car, en effet, dès l’entame de l’éponyme Hell To Pay, ça sent grave la castagne. Confirmation avec la traduction française du titre qui signifie quelque chose comme « Ca Va Barder ». Nulle tromperie sur la marchandise, Dave WILKINSON et ses compères nous offrent là tout ce que nous attendions patiemment depuis presque une décennie. Un morceau rapide et sans concession, dont la trame générale rappelle, là encore, un peu le MOTÖRHEAD de la grande époque, tant au niveau du riff de base que de la production générale. Avec un vocaliste très en place, dont le timbre est un mélange étonnant entre un Blaze BAYLEY (ex-IRON MAIDEN) rajeuni sur les intonations basses et un Dave BICKLER (ex-SURVIVOR) déterminé sur les tonalités les plus hautes. Du coup, l’œil du tigre n’est pas très loin, de même que le désir d’en découdre se fait constamment ressentir tout au long de cet album électrisant. Neil WILKINSON et Dan ROCHESTER, les deux six-cordistes déroulent avec doigté leur virtuosité, pas uniquement sur cette compo aussi concise qu’un éclair. En deux minutes et des poussières, la tribu joue pied au plancher menée par les métronomes humains que sont Tim MORTON et James CHARLTON. Et cette savoureuse mise en bouche débouche forcément sur un mets plus relevé, comme ce fabuleux mid-tempo bien pesant intitulé Bad Attitude, qui expose à nos oreilles averties tous éléments qui ont fait de la NWOBHM un genre à part, à commencer par ces soli de guitares magistraux et ces harmonies, mais également ces rythmiques syncopées ainsi que cette énergie qui déborde constamment, allant même à nous envahir subrepticement à chaque écoute.

Les pistes suivantes ne dérogent pas à la règle, surtout Letting Go, Walls Fall Dawn (et son riff à la SAXON), Shadowland et Fallen qui transpirent fortement les années 80. Ma péninsule nasale peut le renifler à des kilomètres même de sa base domestique. Neil et Dan s’échangent des coups de manche tels des gentlemen duellistes, Dave s’égosille à s’en donner des polypes, Tim pianote sur ses cordelettes comme un dingo et James maltraite ses fûts comme un Nicko MCBRAIN sous perfusion de caféine et de Trooper mêlées. La débauche d’incisions à l’aide de pelles aiguisées au micromètre près est omniprésente. Ca réveille comme jamais. Sauf sur la sympathique pause Something To Believe In qui, selon moi, mais ce n’est que mon avis personnel, est trop mielleuse et n’a pas tellement sa place sur un opus de cet acabit qui explose tout de par ce dynamisme exacerbé qui jaillit audacieusement sur presque tous les titres. Même sur le moderne Court Of Clowns, l’entraînant Covered In Lust ou la clôture judas priestienne In Memorium.

Contrairement à leurs copains de MILLENNIUM, les membres de SPARTAN WARRIOR n’ont pas eu besoin d’exposer leurs influences ou, plus exactement, les inspirations empruntées à d’autres pour créer des rouleaux-compresseurs soniques, dont l’efficacité est explicitement démontrée. SPARTAN WARRIOR a sa propre identité, point à la ligne. Quand bien même il est possible de saisir ponctuellement d’ingénues similarités avec certaines formations équivalentes, natives elles aussi du même terroir. Pourtant, la musique du groupe sonne singulièrement. C’est ce qui fait son charme et fonde son particularisme. Ce visage vintage permet au quintet anglais de se démarquer de leurs compatriotes qui recherchent désespérément à actualiser leur heavy metal afin de ne pas tomber dans une certaine désuétude. SPARTAN WARRIOR ne s’est, visiblement, pas inquiété outre mesure de cela et s’est tout naturellement hasardé vers une production plus aérienne et vénérable. Ce qui leur fait marquer un point auprès de votre chroniqueuse habituelle. Tout comme l’interprétation quadrilatérale extrêmement précise qui n’a pas à rosir face aux pointures comme SAXON ou IRON MAIDEN. Après huit annuités de silence radio, les « guerriers spartes » n’ont pas vu leurs capacités se gripper. Le heavy metal, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. A moins de se prendre un menhir dans les dents et de ne plus savoir comment faire pour hypnotiser les foules à l’aide de grattes acérées, de basses cavalières, de batteries frénétiques et de voix sidérales. Et, après un ouf de soulagement, cela n’est jamais arrivé. Du moins, pas à ma connaissance. Les musiciens n’abandonnant jamais réellement leur instrument fétiche dans leur grenier. Etant moi-même instrumentiste depuis approximativement un quart de siècle, il m’est inconcevable de ne pas au moins pianoter une heure par semaine sur mon Roland ESX ou de titiller de la double-pédale sur ma Pearl Export. J’ai toujours des mélodies à expérimenter ou des plans rythmiques à valider dans ma tête dans le cadre de mes séances de composition. De ce fait, il me paraît farfelu de penser que les frangins WILKINSON et leurs potes n’ont pas agi de la même façon que moi durant les 21 longues années séparant Spartan Warrior de la mise en fabrication de Behind Closed Eyes, d’une part, puis les huit printemps supplémentaires entre ce dernier et Hell To Pay, d’autre part. Pareillement, le processus de composition n’a pas dévié d’un iota depuis les débuts du groupe. Sans compter la rage et la poigne toujours intactes chez les brothers et leurs collègues. Tout ceci fait de Hell To Pay un retour discographique fracassant qui ne laissera pas indifférent(e)s les adeptes de metal en général et de la NWOBHM en particulier, d’autant que la belle pochette de Timo WUERZ évoque timidement celle de From The Very Depths de VENOM. En ce qui me concerne, Hell To Pay est la troisième meilleure galette de ce premier trimestre 2018 aux côtés du Thunderbolt de SAXON et de Firepower de JUDAS PRIEST. La baballe est, désormais, dans votre camp, les ami(e)s. A vous de voir si vous voulez passer à côté de ce petit bijou lazaréen ou, a contrario, si vous désirez compléter votre tiercé dans l’ordre. Pour ma part, je n’ai pas hésité une seule seconde. Et je ne le regrette pas. Allez, ce n’est pas que vous me dérangez, hein, mais j’ai encore du pain sur la planche à plonger toujours plus profondément dans les entrailles de la Nouvelle Vague du Heavy Metal Britannique pour vous torturer encore un peu dès que j’en aurai l’occasion avec mes tsunami d’élucubrations analytiques qui vous font bâiller d’ennui sur d’anciennes ou de nouvelles réalisations issues de cet éternel courant stylistique...


Line-up :

Dave WILKINSON (chant)
Neil WILKINSON (guitares)
Dan ROCHESTER (guitares)
Tim MORTON (basse)
James CHARLTON (batterie)


Equipe technique :

Neil WILKINSON (production, enregistrement, mixage, mastering)
Timo WUERZ (artwork)

Tracklist :

1) Hell To Pay
2) Bad Attitude
3) Letting Go
4) Court Of Clowns
5) Something To Believe
6) Walls Fall Down
7) Shadowland
8) Covered In Lust
9) Fallen
10) In Memorium

Durée totale : 47 minutes environs.


Discographie non-exhaustive :

Steel N’ Chains (1983)
Spartan Warrior (1984)
Behind Closed Eyes (2010)
Hell To Pay (2018)


Date de sortie :

Vendredi 23 Février 2018



Bandcamp officiel du groupe : cliquez ici
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