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Chronique
GRAVE DIGGER - The living dead

Style : Heavy Metal
Support :  MP3 - Année : 2018
Provenance du disque : Reçu du label
11titre(s) - 46minute(s)

Site(s) Internet : 
GRAVE DIGGER WEBSITE

Label(s) :
Napalm Records
 (19/20)

Auteur : Jan
Date de publication : 26/09/18
Une œuvre sordidement géniale.
« Un pas vers la droite, puis un vers la gauche ! Voilà, trrrrrèèèès bien !! Maintenant, vous allez faire un petit saut sur votre droite, puis sur votre gauche, tout en gardant les bras tendus, les mains tombantes... Lancez doucement votre tête en arrière, sur votre épaule droite, puis avancez d’un pas... Recommencez cette petite séquence depuis le début tout en penchant votre crâne sur votre clavicule gauche pour terminer !! Voilà, vous êtes prêt(e)s pour le bal de promo de la rentrée. Je suis très fière de vous, vous allez fracasser l’ambiance festive. Ca va être terrrrrrriiiiible !! »

Ainsi s’enorgueillit Anita, la directrice et seule professeure de cette école de danse macabre de Rhénanie du Nord, en roulant caractéristiquement les « r » avec sa langue noircie par la décomposition pestilentielle de son gosier fétide, de sa troupe de gigoteurs/ses confirmé(e)s, qui s’apprêtent dans les jours à venir à mettre une pagaille monstre dans les rues de Gladbeck, ceci avant d’envahir l’Europe entière avec une faim insatiable dont plusieurs milliers de personnes en feront les frais.

Perdue au milieu de nulle part dans une campagne colorée par le douloureux souvenir de l’industrie minière, cette bâtisse portait sur elle un visage fantomatique avec sa structure boisée, sa terrasse Belle Epoque, ses fenêtres de toit typiques, tels deux grands yeux écarquillés scrutant le monde environnant d’un inquiétant intérêt, dévorant optiquement le mouvement aux alentours. La peinture bleue écaillée et recouverte d’une épaisse végétation grimpante sur son flanc, cette demeure était cernée par une succession d’arbres morts ayant l’allure de silhouettes squelettiques égarées dans une brume épaisse en cette aube fraîche de début septembre. D’anciennes stèles mémorielles laissées à l’abandon finissaient de donner à cette petite propriété un air de décor hollywoodien, cependant moins caricatural et beaucoup plus réaliste.

Pointant d’une fenêtre au rez-de-chaussée, une faible lueur vacilla, laissant deviner au commun des mortels, qui pourrait, éventuellement, prendre l’énorme risque de passer par là, qu’une étincelle de vie s’ébattit étonnamment dans un endroit pareil, le sommet d’une colline désolée, passablement lassée par les turpitudes d’une histoire passée. Et pourtant, une célébration se préparait là tranquillement, à l’abri des regards indiscrets, qui ne se doutent de rien. Jusqu’au jour fatidique où l’existence ne serait plus qu’un détail lointain dans les couloirs du temps.

Sur l’instant, un son, de prime abord, folklorique était même perceptible, ce qui donnait à cette architecture vieillotte une nouvelle chance d’attirer à elle les regards des quidams qui s’écoulaient à toute vitesse, ne désirant aucunement troubler la quiétude des lieux, ni même réveiller la colère des défunts reposant là depuis un peu plus d’un siècle. Ces badauds au pas rapide ne souhaitaient pas connaître le même sort que la petite fille qui avait eu le malheur de pénétrer dans ce jardin obscur par un soir de lune montante. Personne ne la revit dès lors, malgré les intensives recherches policières et riveraines. La jeune Abigail laissa ses parents totalement désemparés et perclus de douleur. Les rumeurs affirmant même que ces derniers ne s’en sont jamais remis et moururent d’un intense chagrin qui leur firent perdre la tête, les incitant à se pendre à l’une des poutres porteuses de leur maison de banlieue. Pourtant, d’autres voix plus crédibles révélèrent que la police les retrouva six années après l’évanouissement de leur enfant unique baignant dans une mare de sang, probablement poignardés à de multiples reprises. Suivant ce dramatique évènement, l’esprit de la fillette aurait été aperçu derrière la clôture, brandissant un poignard dans la main et tenant un croissant sélène dans l’autre, cadeau de sa mère pour ses huit ans, un rire sadique glaçant illustrant cette morbide vision nocturne.

Aujourd’hui encore, elle hanterait cet havre mortuaire, semblant toujours se réjouir de son méfait de jadis...

Surplombant cette turne cauchemardesque et dérangeant la non-quiétude qui régnait dans la pièce principale, des chauves-souris et des corbeaux survolèrent le manoir dans un étrange mélange de sifflements stridents et de croassements bruyants, ridiculisant ainsi l’aéronef massif des britanniques de la Vierge de Fer durant son décollage. Plus forts que les cris des nuées d’étourneaux, les hurlements persistants des volatiles montèrent au nez de l’enseignante telle une moutarde extra forte dijonnaise, ce qui la fit sortir de ses gonds pendant l’entraînement de ses élèves et s’empressa d’ouvrir la porte pour faire déguerpir cette bande de délirantes bestioles nyctalopes en quête de quelque chose à se mettre sous le bec, de préférence un peu de chair fraîche, histoire d’imiter bêtement la folie carniste qui a pignon sur rue dans ce bas monde. Pour que son geste soit d’une redoutable efficacité, Anita posa sur le palier de la véranda couverte extérieure un poste radio-CD, le brancha sur la prise murale, au-dessus de laquelle était accroché une huile du maître Gyula HAVANCSÁK, et l’alluma. Des enceintes intégrées s’échappa alors le râle puissant d’une guitare à l’allemande, postérieurement suivi d’un tonnerre rythmique basse/batterie, puis d’une voix rocailleuse sortie d’outre-tombe. Les piailleurs ailés furent tellement surpris de cette déflagration sonore et de se retrouver bec-à-nez face au fossoyeur musical dont ils n’eurent, bizarrement, jamais connaissance, n’étant pas aussi fans de metal que leurs daron(ne)s, qu’ils disparurent aussitôt sec dans les froides ténèbres de la nuit noire.

« Ouf ! Bon débarrrrrras, nous allons pouvoir continuer nos exercices gestuels, les ami(e)s ! C’est parrrrrrti pour au moins une bonne heure de sueur sur vos fronts ! Hahahaha, c’est vrai, vos glandes sudoripares sont foutues, tout comme les miennes d’ailleurs, vu que nous ne sommes plus tellement vivant(e)s, ni concrètement à bouffer les pissenlits par la racine ! Qu’importe, nous sommes les Véronique et Davina de la polka, comme les Marie-Claude Pietragalla du heavy rock ! Et nous allons nous donner à fond pour l’invasion dans la quinzaine qui vient, capiche ? Alors, où en étions-nous ?? Ah oui, ça me revient... Un pas vers la droite, un autre sur la gauche... »

Le vendredi tant attendu s’affichât prestement sans crier gare sur le calendrier postal. La plupart des défunts, reposant sur le terre-plein dans leurs caveaux respectifs, s’éveillèrent, baillèrent, étirèrent leurs corps tout flasques après leur long sommeil. Ils ouvrirent leurs cercueils, grattèrent avidement la terre qui les recouvrait et accueillirent les premières lueurs matinales avec une certaine forme de soulagement, dès qu’il furent parvenus à la surface.

Cela grouillait de partout, dans tous les cimetières de la région. Des hordes de cadavres, ayant tiré le rideau un peu trop tôt pour certains, trop tard pour d’autres, voire pile à l’heure pour la majorité d’entre eux, se précipitèrent de tous les côtés, le pas lourd mais rapide, faisant trembler le sol à la manière de la section rythmique du GRAVE DIGGER. Tous se dirigeant dans la même direction, vers le centre névralgique où tout a commencé exactement 38 printemps auparavant, le hameau de Gladbeck. Afin d’y participer à une humble sauterie organisée par Anita la délabrée, histoire de recharger leurs batteries, avant de voir plus grand et de défoncer la fraise à tous les futurs macchabées dont le souffle et le sifflet n’auraient pas encore été coupés. A voir la détermination de ses abominations à vouloir remplir leurs estomacs, depuis longtemps vermoulus, il fût aisé de deviner la boucherie qui allait se dérouler ici ou là dans ce monde déjà bien entamé côté cervelle, sans même qu’une visite des multiples incarnations du Baron Samedi n’ait été nécessaire. Il n’y avait qu’à ouvrir ses pupilles et découvrir une bulle de plaisirs futiles et évanescents, tous dictés par un bien étrange rituel, celui de la hanounanisation du primate humain devant une drôle de lucarne qui, naguère, avait vocation à instruire plutôt qu’à faire disparaître les neurones, poignée après poignée, comme par magie. De nos jours, les insatiables du « bloody brain cocktail » n’en auraient plus trouvé, y compris chez les émules du père Hawking, plus occupés à chercher un quelconque signe de vie dans l’immensité de l’Univers que d’en conserver la moindre étincelle ici sur Terre pour pallier à une éventuelle sixième extinction de masse, dont l’issue semblait immédiate à une semaine de l’équinoxe automnal.

Sur la route, toute la sainte journée, les discussions se firent bon train et cette cacophonie de « Rhâââ, j’ai les crocs, enfin plus maintenant, mais je me taperais bien un jambonneau de matador bayonnais ! La courbure d’une telle cuisse sous emballage taleguilla me donne la bave aux lèvres !! », de « Ça fait longtemps, tu vois, ma chère Margot, que je ne me suis pas délectée d’un bon tajine à la jupitérienne, il faut seulement que je retrouve mon dentier en or massif et les lunettes de momie Brigitte, qu’elle m’a transmises, lorsqu’elle a épousé son zigoto de présiperlimpimpin quelques temps avant son embaumement ! » ou de « D’abord, tu découpes le crâne à la scie sauteuse, tu le décalottes doucement pour ne pas faire sursauter le jus. Il faut qu’il bouillonne préalablement à l’air libre, Gérard. Tu conceptualises ? Bien, ensuite tu prends la pelle à tarte et le petit ciseau à barbichette de tonton Zégut, tu relèves délicatement le contenu d’une main et tu cisailles tendrement les vaisseaux et les nerfs de l’autre, de sorte à ce que le cerveau ne soit pas abîmé, si tant est qu’il y en est un dans cette coquille. Ce serait dommage, ne crois-tu pas, qu’un peu de matière grise ou blanche se la joue -taïaut, messire, taïaut- dans les couloirs du temps ?! » fît malencontreusement sortir des têtes blondes ou brunes de leurs fenêtres qui ne se doutaient pas du tout du sort qui allait leur être réservé passablement sous peu. Certaines d’entre elles, d’ailleurs, ne prirent pas le temps de respirer et se barricadèrent fissa dans leur home sweet home, priant le pépé hippie céleste de leur laisser encore un peu de répit avant que la grande faucheuse ne vienne chez elles siroter un dernier mojito avant la récolte. D’autres, eurent moins de réflexes et se virent dare-dare transformées en hachis-Parmentier tartare passant par la case moissonneuse-batteuse buccale en deux dents trois mouvements.

Cependant, ce n’étaient pas de vulgaires casse-croûtes humains qui allaient les arrêter dans leur marche marathonienne, même si ces succulents homo-sapiens firent de si bons apéros-minute, malgré l’absence incontestablement remarquée des spiritueux Styx by Charon et, surtout, du whisky labellisé par les cantonniers des pierres tombales qui, justement, auront été à l’origine de la gigantesque boom dont tout le monde éthérique parle depuis maintenant une soixantaine de jours.

De ce fait, l’unique but poursuivi par les charognards livides aux lambeaux de chair coincés entre les molaires, obsédés par la mise en bière d’autrui, surtout le frétillant, fût surtout l’atteinte du brunch organisé dans le cadre de la release de la dernière technique outre-rhénane pour mettre KO quiconque s’intéresserait d’un peu trop près à cette encore, pour l’heure, surprise létale wisigothique, presque à portée de cervelle bien dégoulinante maintenant.

Plus qu’une dizaine de bornes et quelques dégustations sur le coup de gourmandes pulsions et, enfin, enfin, les trépassés spécialistes de la trépanation auraient enfin leur précieux dans leurs mimines en putréfaction.

Et ce qui dût arriver, survint. Une bataille bien rangée entre les fans ultimes et les adeptes de la dernière heure surgit aux abords de la salle, réservée pour l’occasion. Après de vives querelles de voisinage et des allées et de sempiternelles allées et venues de la part d’individus viandoholiques ou de soifards perpétuels, tout le monde, le cul purulent assis dans les gradins ou levé dans le pit pogotant d’impatience, se tût prestement lorsque les spots se mirent en veilleuse et qu’une musique d’ambiance se lança, prélude au débarquement scénique du Fossoyeur, présentant en ce quatorze september, en franglish siouplaît, son dix-neuvième (déjà ?!!) méfait, l’extatique The Living Dead, dont la couverture a été gribouillée par l’illustre Gyula HAVANCSÁK. Ce tirage polaroïdesque à coups de pinceaux plût à l’assemblée en délire qui frappa bruyamment dans les mains en guise de remerciement pour cet hommage aux goulu(e)s des fosses communes.

Quelques menus instants plus tard commencèrent alors les réjouissances avec une entrée phonique bien relevée que les cuisiniers du professionnel de la pelle terrestre intitulèrent sobrement Fear Of The Living Dead, une mise en bouche palpitante, pourtant déjà entendue, qui portait en elle tous les ingrédients appréciés par GRAVE DIGGER, dont un riff d’introduction mimétique avec celui de Wargod, bien que dans son ensemble, le titre fût plus heavy et dynamique. Le reste de la crêpe (pomme/cannelle) sonore était du même acabit. Ce fût du GRAVE DIGGER tout craché, sauf qu’il n’en restait pas moins que le quintet savait se renouveler juste ce qu’il fallait pour ne pas lasser ses supporters.

Ainsi, nous retrouvions propulsés dans l’amphithéâtre du sang frais avec le saxonien Fist In Your Face et son efficace mid-tempo, le prévoyant Insane Pain et son synthé futuriste et ses cavalcades rythmiques entraînantes noyées dans une identité propre qui était celle des compères de Gladbeck ainsi que le loufoque Zombie Dance, sorti droitement d’un des films les plus abracadabrantesques de la filmographie de Louis De Funès, l’inoubliable Rabbi Jacob. Pour l’occase, GRAVE DIGGER s’était entouré du must en terme de musique folklorique contemporaine, id est RUSSKAJA, un collectif autrichien qui n’en manque pas une pour se démarquer totalement de ses semblables qui évoluent dans le même champ de mine heavy que lui. D’ailleurs, c’est sur cette, permettez-moi le néologisme, comiquerie polka qu’Anita et ses rats d’opérette se lancèrent joyeusement sur les planches pour mimer admirablement les paroles du refrain. « Step to the right, step to the left...», qu’il disait le père Chris BOLTENDAHL, agrippé à son microphone sans fil, donnant ainsi le « la » du pas de danse. Une excellente surprise qui devait laisser plus d’un détracteur pantois. Oui, la troupe de ménestrels sait changer de garde-robe quand il le faut et juste ce qu’il faut pour ne pas tomber dans le piège de la facilité. Cette circonvolution utile permit à GRAVE DIGGER d’aérer quelque peu son heavy metal burné et démontra ainsi un certain potentiel à la fois artistique et d’autodérision bienvenue. Ce dernier point n’ayant fait qu’une très timide apparition sur Laughing With The Dead, lanterne rouge sur Healed By Metal au travers de mollassonnes tranches de rigolade par les instrumentistes eux-mêmes sur le chorus vocal.

L’ensemble conservant cet aspect hyper concentré qui faisait la personnalité du groupe depuis ses débuts en 1984 avec Heavy Metal Breakdown, cependant en plus musclé. Même si Framboisier et Minet n’étaient pas là pour confirmer mes dires, il transparaissait clairement que nos cinq voisins germains n’avaient pas fait cet opus sous le coup de l’apéro-barbeuk, sinon il n’aurait guère été aussi tranchant et explosif, deux qualificatifs qui seyaient à merveille à ce The Living Dead atomique, qui vous arrachait la tronche à coups de double-bass drumming endiablé et de soli magistraux, dans la droite lignée de Clash Of The Gods, Return Of The Reaper et Healed By Metal, dont The Living Dead semblait un parfait milk-shake métallique.

Blade Of The Immortal et ce sifflement persistant sur le couplet, copié/collé sur celui de Engel de RAMMSTEIN. Clin d’œil ou plus que cela, étant donné sa similarité avec le morceau des magnats de la mouvance Neue Deutsche Härte ? S’agissait-il d’une simple coïncidence ? Toujours était-il que ce titre relaxait un tantinet avant la claque When Death Passes By et sa célérité proche de celle de l’ICE de la DB. Shadow Of The Warrior trancha littéralement dans le vif du sujet, qui ne s’égosilla même pas, une fois la lame profondément enfoncée dans le cœur des guerriers qui firent courageusement face à aux croque-morts, particulièrement lorsque ces derniers dégainèrent leur arme secrète en un soli celtique que feu Gary MOORE n’aurait pas renié. Nonobstant la claque monumentale que fût The Power Of Metal, un pamphlet incendiaire contre les haineux qui crachèrent de tous temps sur les « suppôts de Satan » que vous, moi et les thanatopracteurs pratiquants étions, sommes et seront éternellement pour la masse des béni(e)s oui-oui à la coquille Saint-Jacques dans cette boîboîte vide qui lui servait de crâne. Mais qui, redondance oblige, s’inspirât d’une autre sérénade made by GRAVE DIGGER, dont le nom ne revint pas à la reportrice présente durant la curée. Celle-ci était terriblement désolée pour le blank file dans sa RAM personnelle depuis sa chute dans le processus rectiligne malaussénien de la Mort suite à une balle qui se perdit malencontreusement dans son lobe frontal. Hymn Of The Damned jouait, quant à elle, sur les ambiances horrifiques classiques des années 30 à la Boris Karloff, tout en s’initialisant par quelque chant forestier bienvenu, qui se rajouta à l’atmosphère en binôme avec les claviers du maître faucheur Marcus KNIEP. Les cigales s’en tirèrent magistralement en tant que choristes invitées, de même que le monstre grogneur qui leur tint compagnie dans la tranquillité nocturne. Enfin, clôturant la soirée avec succès, l’énergisant Glory Or Grave mit un terme à l’orgie musicale avec une certaine pointe d’exclamation afin de mettre d’accord l’assistance sur la nécessité d’user de cette bande son, magnifiquement mise en lumière par Jörg UMBREIT, pour illustrer le prochain tsunami cadavérique qui, d’après les chuchotis de vestiaires perçus ça et là quelques semaines auparavant, aurait l’ignominie de survenir peu après l’épiphanie 2019. Mais, chuuuuut, cela devrait rester secret défense. Autrement, l’escouade de mercenaires, mandatés par la Grande Faucheuse pour éradiquer les carnistes friands de néocortex perdus tant dans l’éther que sur Terre, pourrait bien vous rendre une petite visite qui ne serait pas de toute courtoisie, si vous voyez ce que votre chroniqueuse habituelle veut dire malgré sa cervelle décidément aux abonnés absents depuis une bonne quinzaine. Mais, nom d’un Homer Simpson au donut neuronal, où sa citerne de pur arabica est-elle passée ?

Telle était la question qu’elle allait devoir résoudre dans ce dernier paragraphe. Néanmoins, quelques mots incongrus pour terminer cette colonne quelque peu tirée par la queue de cheval, si et seulement si vous ne vous appelez pas Ralf Scheepers, Udo Dirkschneider ou Ronny Hemlin. Parce-que pour ces derniers, ma courte nouvelle était plutôt logique et issue d’un esprit sain. Terme, toutefois, relatif quand on voit l’imagination digne du croissant fertile du Nil de votre conteuse sous bonne came, qui laisse grandement douter de sa situation mentale. Et puis, une bonne camisole dans une piaule matelassée derrière une porte en acier trempé la protègerait de l’imminent assaut des macchabées déambulant avec assurance sans ambulance dans les faubourgs et les centres-villes des quelques agglomérations géantes du continent décati sur lequel vous et elle foulez des pieds au moment même où elle tape cet article foir’fouille et où vous lisez ce texte tout en constatant l’étant de décérébration de cette créative originale. Ah, mais, celle-ci a, tout de même, plus d’un tour dans son sac à main en bordel et un lapin dans son chapeau d’aristocrate britannique. Des trucs, non pas en plumes, elle en a à revendre, mais elle préfère se les garder bien au chaud, désolée. Le partage d’astuces de passe-passe, ce n’est pas son truc... Et c’est là que vous la renommerez bien volontiers BalthaJan Picsou... Et, ne dites pas non, elle vous voit venir dans votre transparence. Bien, revenons-en à ses boutons...Sur son clavier d’ordinateur qui se trouve devant elle, hein ! Pas ailleurs... L’escadrille des mosquitos en string, c’est fini pour cette année...

Donc, voilà une bien belle cuvée pour nos quinquagénaires aguerris à l’art de trucider les méchants pas beaux qui déboulent des extrêmes faisant un pas sur la droite, un petit saut sur la gauche, tout en se déboîtant une épaule en arrivant au centre en trompetant inlassablement leur appétence pour quelques bribes d’axones juteux, dont on connaît le refrain, profondément ancré notre éléphantesque souvenance. Toujours prompts à zigouiller du métalleux en temps normal, ils se sont attelés, une fois n’est pas coutume, à dézinguer de l’ancêtre pas tout à fait prêt à renoncer à croquer la vie à plein dentier, malgré leur peu de chair sur les os. De bout en bout, The Living Dead est un album grassouillet, à la manière d’un Karadoc ayant abusé du sauciflard même pas végan (quel beauf !), misant énormément sur les énormes riffs de Mister RITT et les ambiances de Herr KNIEP, plus que sur les rythmiques des Sieurs BECKER et ARNOLD. Reste toujours les impressionnants gazouillis du Señor BOLTENDAHL, toujours aussi bas rauque dans ses vocalises écrasantes dignement similaires à celles d’un bulldozer à la Scala de Milan. Le tout est tellement splendide que la gratte-papier de service, qui vous assomme depuis tout à l’heure avec sa prose somnifère et qui mélange les conjugaisons présent/passé simple/imparfait (piètre prof de français elle serait), en chialerait presque ! Bah oui, bien qu’elle n’ait plus de neurones, ceux-ci s’étant barrés, comme le Francis d’Astaffort, en congés hors-saison vu les températures quasi-estivales, il lui reste toutefois, dans sa cage thoracique, un cœur qui tapote des panards sur une double Pearl Eliminator entre deux toms qui lui servent de poumons. Du coup, son quotient émotionnel est parfois en dépassement de découvert autorisé, mais elle sait se retenir quand il le faut ! Cependant, The Living Dead est une œuvre sordidement géniale, avec deux ou trois emprunts certes, que GRAVE DIGGER a pu créditer sur son compte courant, évitant ainsi, encore une fois, un abonnement paie-pâle qu’il n’a plus connu depuis approximativement dix ans, maintenant. Ce n’est pas un mal que le Fossoyeur se maintienne à flot, tête au-dessus de l’eau. Nonobstant une certaine répétition dans une partie de ses mélodies guitaristiques, le combo de Gladbeck, en conservant un cap clair, net et précis, défie tous les pronostics qui vont à son encontre et démontre une impitoyable volonté de proposer constamment des morceaux de choix, organiques et terriblement prenants, à ses ouailles. Ici encore, nulle possibilité d’échapper à ce constat intrinsèquement qualitatif. GRAVE DIGGER fait du GRAVE DIGGER en osant dépasser les limites de son horizon heavy. Zombie Dance est un gage de ce voyage transgenre au-delà des styles musicaux que vous et moi affectionnons particulièrement. Grâce au même équipage, véritable ancrage de son navire, la formation continue sereinement sur sa lancée, initiée par le mythologique Clash Of The Gods tout en s’inspirant grandement de Healed By Metal et en louchant sur le nostalgique Return Of The Reaper. The Living Dead reprend tous ces éléments et les transcende. Bien qu’il puisse y avoir, je l’avoue, quelques petits couacs qui rajoutent au charme épineux et charnu de ce dix-huitième épisode de la saga germanique de l’Encapuchée qui raffole des coups de pioche dans votre sépulture. En résumé, The Living Dead est plus qu’une aventure auditive, il s’agit d’un véritable parcours du combattant à travers les affres d’une errance dans un monde apocalyptique, voire dystopique, dans lequel la satiété n’existerait pas et dans lequel tout le monde serait en proie à une morbide gourmandise et déterminé à déguster une ou plusieurs parts d’autrui, malgré l’absence de système digestif, présomptueusement envahi d’asticots ; cheminement, fort heureusement, parsemé de pauses bienvenues, qui nous éloignent ponctuellement des zombies pas aussi sexy qu’Eddie The Head, mascotte emblématique de la Vierge de Fer. Cela dit, la thématique de l’impermanence de l’existence (Fear Of The Living Dead, When Death Passes By, What War Left Behind, Zombie Dance, Glory Or Grave), chère à nos cinq ménestrels, conserve son monopole, malgré les intrusions guerrières et musicales (Blade Of The Immortal, Shadow Of The Warrior, The Power Of Metal), histoire d’exorciser certaines peurs profondément enfouies, de vous préparer au « grand passage » et de conserver cette marque de fabrique de leur usine à tubes qui est un titanesque tumulus rock. Bien entendu, étant une initiée de longue date de cette porte vers un autre monde et amatrice du groupe depuis sa renaissance et la ponte de The Reaper, la pigiste a immédiatement signé pour cette énième démonstration de puissance made in Deutschland, n’ayant presque jamais été déçue par la bande des employés du camposanto. Sauf, peut-être, par le récent départ de Stefan ARNOLD, remplacé par la Faucheuse Chopin, a.k.a Marcus KNIEP, dont on se demande comment elle va pouvoir assurer deux instruments à la fois lors des show hivernaux du, désormais, quatuor. L’embauche temporaire ou permanente d’une nouvelle recrue semble souhaitable, voire même salutaire. Le temps résoudra l’affaire. Finalement, The Living Dead n’est que l’aboutissement d’une recherche expérimentale qui aura pris quelques printemps, mais qui aura eu le mérite de nous offrir une bonne tarte citron-meringue-fraises-chocolat-framboises-crème pâtissière végane dans la tronche. C’est-y pas beau, ça ?! Une torgnole gastronomique en plein poire ça n’a jamais fait de mal à qui que ce soit, même si c’est à coups de lattes ou de Kalachnikovs en embuscade, topping granola/daim en supplément. En gros, c’est bien, c’est beau, et c’est même pas Bosch en plus ! Bah oui, quoi, ça scie, ça percute, ça saute, ça rabote dans tous les sens ! Et ça fait beaucoup de bruit aussi ! Vivement la suite, en début d’année prochaine, qu’on s’en prenne encore plein la bouille ! Et qu’on dégomme de la banshee, du spectre, de la liche et de la goule ! Que ça saigne, que ça explose de partout et qu’on appelle les frangins Winchester, par pitié ! *mode groupie on* Surtout Deeeeeaaaaaan... parce qu’il n’y en pas deux comme lui !! *mode groupie off* Hum hum... je m’égare, là... Finalement, The Living Dead c’est « The Living Metal », puisque ça regorge de Vie. La galette est fondante et croquante à souhait, telle une cervelle revenue avec de l’ail, du persil, des pommes de terre primeur, un peu d’huile de coco, recette idéale pour des Philippe Etcheworst vermoulus, même si, pour sa part, la critique que je suis préfèrerais un bon tofu à l’ail des ours sauté avec le même accompagnement en lieu et place d’une piece of mind à la sarladaise, hein... Bon, ce n’est pas tout, les metalheads, mais l’éditorialiste doit vous laisser pour enquêter sur des poltergeist malicieux qui, paraît-il, foutraient le boxon dans les piaules des petits Andy et Milan, dont les idées de génie sans Gifi ou les congestions cérébrales électriques font un tabac dans les salles de brainstorming parmi les managers aguerris de la scène métallique teutonne.


Pour info : les allemands seront de retour en France dans la capitale gauloise dans la salle du Petit Bain, le 28 janvier 2019 et la version mediabook de l’album contient un CD bonus instrumental. La version deluxe box, quant à elle, permet de se délecter d’un titre en plus nommé Nightmare.



Line-up :

Chris BOLTENDAHL (chant)
Axel RITT (guitares)
Jens BECKER (basse)
Marcus KNIEP (claviers)
Stefan ARNOLD (batterie)


Equipe technique :

Chris BOLTENDAHL (production, concept pochette)
Axel RITT (production, enregistrement guitares)
Jörg UMBREIT (production, enregistrement batterie/basse/chant/claviers, mixage, mastering)
Gyula HAVANCSÁK (artwork, design pochette)
Jens HOWORKA (photographie)


Guests :

RUSSKA (sur “Zombie Dance”)
Hacky HACKMANN (chœurs)
Andreas VON LIPPINSKI (chœurs)
Ross THOMPSON (chœurs)


Studios :

Enregistré, mixé et masterisé au sein des studios Principal (Senden, Münster, Allemagne)
Guitares enregistrées au sein des studios Meadows (Babenhausen, Allemagne)


Crédits :

Chris BOLTENDAHL (paroles, musique)
Axel RITT (musique)
Jens BECKER (musique)


Tracklist :

1) Fear Of The Living Dead
2) Blade Of The Immortal
3) When Death Passes By
4) Shadow Of The Warrior
5) The Power Of Metal
6) Hymn Of The Damned
7) What War Left Behind
8) Fist In Your Face
9) Insane Pain
10) Zombie Dance
11) Glory Of Grave (Bonus Track)

Durée totale : 46 minutes environs


Discographie non-exhaustive :

Heavy Metal Breakdown (1984)
Witch Hunter (1985)
War Games (1986)
The Reaper (1993)
Heart Of Darkness (1995)
Tunes Of War (1996)
Knights Of The Cross (1998)
Excalibur (1999)
The Grave Digger (2001)
Tunes Of Wacken [Live] (2002)
Masterpieces [Compilation] (2002)
Rheingold (2003)
The Last Supper (2005)
25 To Live [Live] (2005)
Liberty Or Death (2007)
Ballads Of A Hangman (2009)
The Clans Will Rise Again (2010)
Clash Of The Gods (2012)
Return Of The Reaper (2014)
Exhumation – The Early Years [Compilation] (2015)
Let Your Heads Roll – The Very Best Of The Noise Records 1984/1986 [Compilation] (2016)
Healed By Metal (2017)
The Living Dead (2018)


Date de sortie :

Vendredi 14 Septembre 2018



Fear Of The Living Dead (Lyrics-vidéo officielle) : cliquez ici

Zombie Dance (Vidéo officielle) : cliquez ici
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