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Chronique
THIN LIZZY - Live and dangerous super deluxe

Style : Hard Rock
Support :  CD - Année : 2023
Provenance du disque : Acheté
120titre(s)

Site(s) Internet : 
THIN LIZZY ONLINE WEBSITE
THIN LIZZY WEBSITE

Label(s) :
Universal
 (20/20)

Auteur : Alain
Date de publication : 30/01/2023
Réédition ultime d'un album encore et toujours bien vivant et dangereux
Avant d’en venir à la chronique de cette édition super deluxe d’un double album live mythique, je me dois de rendre hommage à celui qui, désintéressé et soucieux de partager une passion peu commune en France à l’époque, me fit découvrir THIN LIZZY. Au début des années 80 donc, un condisciple de collège (Philippe ORDON, futur chanteur du combo Thrash NO RETURN !), porté sur le Hard et le Métal, m’offre un enregistrement artisanal de l’album Chinatown (1980). Peu de temps après, je me fis prêter le double album en public Live And Dangerous, encore récent, tout aussi galvanisant et venimeux, également touchant, deux ans après sa parution. Une passion était née !

Replaçons le double album live de 1978, Live And Dangerous, dans son contexte. Après trois albums sortis chez Decca entre 1971 et 1973, THIN LIZZY est tout juste parvenu à décrocher un tube piégeur, à savoir une reprise accrocheuse d’un morceau traditionnel irlandais, Whiskey In The Jar. En 1974, le trio devenu quartette entame une longue collaboration avec Vertigo (en Europe) et une très progressive mue vers un Hard Rock fort en gueule et en mélodies, qui fit sa réputation. Fin 1974, le bassiste-chanteur Phil LYNOTT et son acolyte batteur Brian DOWNEY sont dorénavant accompagnés par deux redoutables guitaristes, l’Américain Scott GORHAM et le jeune Écossais Brian ROBERTSON. En dépit de cette équipe de choc, l’album Nightlife loupe sa cible, manquant de nerf ; on en veut pour preuve que l’unique classique de cet opus demeure l’intemporelle ballade Still In Love With You, talonné par un morceau nerveux en diable – Sha Na Na – lequel s’incruste durablement dans le momentum dramatique du groupe en concert.

Avec sa pochette un brin macho (quelle que soit la version retenue, selon les territoires), l’album Fighting (fin 1975), durcit quelque peu le ton, délivrant notamment une reprise brillante de Rosalie, chanson originellement émise par le chanteur américain Bob SEGER, en 1974 (album Back In ’72). Hormis quelques titres fringants, comme Suicide, le disque peine à marquer, tant artistiquement que commercialement parlant. La tournure devient nettement plus positive avec la parution en 1976 de Jailbreak. Aucun déchet sur ce premier classique de THIN LIZZY, avec tout d’abord le hit The Boys Are Back In Town, mais aussi les titres tranchants comme Warriors, Jailbreak, l’épique Emerald et ses influences irlandaises, le plus nuancé Cowboy Song (tous ces titres intègrent logiquement et durablement le répertoire scénique du groupe).
Moins de classiques mais encore plus de variété à la fin de cette même année 76 avec Johnny The Fox, qui comporte de sacrés brûlots (Massacre, Johnny, Don’t Believe A Word, Boogie Woogie Dance) mais aussi une merveille de groove vaudou, Johnny The Fox Meets Jimmy The Weed.

1977 : Brian ROBERTSON viré (il participe néanmoins à une partie des sessions studio), THIN LIZZY livre un Bad Reputation de haut vol, marquant un épanouissement artistique flagrant. Pour ne citer que quelques titres parmi les plus marquants, les élégants et presque "laidback" Southbound et Soldier Of Fortune, le teigneux titre éponyme, l’éternel groove délicat de Dancing In The Moonlight (It’s Caught Me In Its Spotlight). La classe à l’état pur !

À ce stade, THIN LIZZY vient d’aligner trois albums studios splendides. Cependant, plusieurs facteurs empêchent le groupe d’exploser, notamment aux États-Unis : l’annulation de deux tournées US qui auraient dû être décisives, l’incapacité à renouveler les hits de l’album Jailbreak, et enfin la difficulté que rencontrent le groupe et ses producteurs successifs à retranscrire pleinement en studio le parfait équilibre entre puissance, force de frappe, finesse et groove, tous éléments que le groupe déploie magnifiquement lors de ses concerts. Dès 1975, le groupe fonctionne à plein régime et confère sur scène une toute autre dimension aux compositions trop sagement enregistrées et captées en studio. En témoigne l’album UK Tour 75, paru en 2008 (également connu en version pirate sous le titre Derby Blues). Ainsi que les versions live d’une série de concerts donnés en novembre 1976 dans la mythique salle londonienne de l’Hammersmith Odeon. Ou les captations non officielles des tournées américaines de 1977 et 1978 : entre autres, Live At The Tower (enregistré le 26 octobre à Philadelphie, tardivement édité légalement en 2009, cependant tronqué, sous le titre Still Dangerous : Live At Tower Theatre Philadelphia 1977) et Paradise By The Soundboard 5-9-78 (enregistré au Paradise Theatre de Boston).

1978 devait impérativement permettre à THIN LIZZY de transcender le succès réel, quoique intermittent en Grande-Bretagne et dans quelques pays de l’Europe continentale, la reconnaissance bouillonnante aux États-Unis (premières parties prestigieuses, concerts au succès assuré dans le réseau des salles de tailles intermédiaires entre les clubs et les arenas, soit quelque milliers de personnes). Au cours des années 60 finissantes et des 70’s florissantes, la publication d’albums enregistrés en public a connu un succès grandissant. En témoignent des albums mythiques comme le Wheels Of Fire de CREAM (1968), Kick Out The Jams du MC5 (1969), Live At Leeds de THE WHO (1970), At Fillmore East du ALLMAN BROTHERS BAND (1971), Space Ritual de HAWKWIND (1973), Irish Tour ’74 de Rory GALLAGHER et Rock’n’Roll Animal de Lou REED (1974), Alive ! de KISS (1975), One More From The Road de LYNYRD SKYNYRD, ‘Live’ Bullet de Bob SEGER AND THE SILVER BULLET BAND et All The World’s A Stage de RUSH (1976).

Pressé par des engagements à venir avec David BOWIE, le producteur Tony VISCONTI (à l’époque, il a déjà travaillé avec David BOWIE, T-REX, THE STRAWBS, GENTLE GIANT, BADFINGER, OSIBISA, MAGNA CARTA, ARGENT, CARAVAN, Iggy POP…) relève le défi de rendre fidèlement compte du talent scénique de THIN LIZZY. En résulte en 1978 la parution d’un double album vinyle, baptisé Live And Dangerous. Soit 17 titres incarnant à la perfection le répertoire acéré, tranchant d’une part, foncièrement mélodique et délicat d’autre part. Au fil des ans, ce double album a invariablement figuré dans la liste des meilleurs albums live, toutes époques confondues. Devenant en quelque sorte un monument indépassable.

Au bout du compte, l’objet paraissant en 2023 est un fort copieux coffret, riche de 8 CD, accompagnés d’un livre à couverture épaisse, explicatif et richement illustré. Les concerts présentés en copieux supplément sont : trois concerts captés à l’Hammersmith Odeon de Londres en 1976 (CD 2, 3 et 4), deux concerts enregistrés au Tower Theater de Philadelphie en 1977 (CD 5 et 6), un concert au Seneca College Field House de Toronto en 1977 (CD 7) et enfin le concert donné au Rainbow Theatre de Londres en 1978 (CD 8). Ce sont donc des prestations complètes (à l’exception de quelques titres entachés de problèmes techniques rédhibitoires) qui sont livrées, permettant une immersion totale, avec les montées en intensité et les passages plus tempérés. Toutes ces sources complémentaires ont constitué le vivier dans lequel Tony VISCONTI a pioché pour assembler le Live And Dangerous originel.

Signalons que le texte du livre ne fait l’impasse sur aucune des faces sombres de cette période pourtant artistiquement glorieuse. Ainsi, les tensions extrêmes entre le patron Phil LYNOTT et l’impétrant Brian ROBERTSON, dans le rôle du "Rookie Of The Year". Idem pour les visions très différenciées du traitement du matériau de base, le producteur Tony VISCONTI affirmant de nombreuses reprises un gros travail a posteriori en studio, les musiciens rescapés (Brian DOWNEY, Scott GORHAM, Brian ROBERTSON) relativisant largement de tels remords, comme on dit en peinture.

Hormis le premier CD qui reproduit à l’identique ("remastering" inclus) la magie d’un album mythique, les 7 autres CD possèdent tous une profonde vertu artistique, parfaitement ciselée quant à la mise en son. Rien à redire non plus quant à l’interprétation, maîtrisée et engagée. Songez aux guitares ô combien complémentaires de GORHAM et ROBERTSON, alignant sans coup férir plans gémellaires, solos incendiaires et merveilleusement mélodiques, sans oublier des riffs tour à tour cinglants ou pleins d’une élasticité Soul-Funk. Le tout vivement agité par le jeu tendu et nerveux de Brian DOWNEY, en parfait accord avec les lignes de basses épaisses mais toujours très dynamiques de Phil LYNOTT. Lequel achève de rendre l’ensemble absolument irrésistible avec son timbre vocal profond, chaleureux, troublant. Qui plus est, ce manieur de foules hors pair réitère, soir après soir, des éléments de langage identiques, pourtant investis d’une totale (mais passablement illusoire) spontanéité. Comment résister à son désormais mythique "Are You Out There?".

Convenons-en, ce bel objet s’adresse avant tout aux fans absolus mais il rend splendidement justice à un THIN LIZZY alors au sommet de son inspiration quant au répertoire proposé et de sa forme sur scène.

Vidéo de présentation du coffret cliquez ici et de Dancing In The Moonlight cliquez ici
COMMENTAIRES DES LECTEURS Vos commentaires, vos remarques, vos impressions sur la chronique et sur l'album
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fazer25 Le mardi 31 janvier 2023

Ville : morteau
Fan absolu de Thin Lizzy,J'adore évidemment cet album, que j'avais acheté en vinyl en 1979; j'avais acheté plus tard le CD "vinyl replica" (avec toutes les photos!...) , puis la réédition 2CD + le DVD du concert au Rainbow et qq titres bonus. Je ne pense pas que j'achèterai ce coffret, qui n'apportera que des redites; le live d'origine avait été conçu en épluchant tous les concerts présents ici par Tony Visconti et en en gardant la quintessence. Je pense que, passé la curiosité, je reviendrai toujours au live d'origine... Et par les temps qui courent, 70€ ce n'est pas rien... Par contre, j'aimerais bien voir un jour un coffret de ce type pour le Lizzy de 1983, époque John Sykes, auquel le Live/Life ne rend pas justice à mon humble avis...
Commentaire de Alain : Je suis tout à fait d'accord sur le côté filon que l'on exploite à outrance. Disons qu'après cette édition, on ne risque plus grand-chose autour de cet album (sauf une version superdeluxe augmentée du DVD du concert au Rainbow Theater !). Je te rejoins sur l'intérêt d'un coffret documentant la période allant de Black Rose à Thunder & Lightning.
JMM213 Le mardi 31 janvier 2023

Ville : 91360
La perfection magnifiquement racontée. J'en pleurerai presque.... Ce groupe est immense et m'a accompagné toute ma jeunesse. Im still in love with you, c'est une merveille et ils en ont fait tellement d'autres ! Merci ALain
Rémifm Le mardi 31 janvier 2023
Une mine d'informations formidablement mise en rédaction par Alain ! Vive les 70' ! Vive THIN LIZZY ! Et merci...
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