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Chronique
DUN RINGILL - 150 – where the old gods play part 1

Style : Dark / Gothic / Doom / Stoner
Support :  MP3 - Année : 2023
Provenance du disque : Reçu du label
7titre(s) - 40minute(s)

Site(s) Internet : 
DUN RINGILL INSTAGRAM
DUN RINGILL FACEBOOK
DUN RINGILL BANDCAMP

Label(s) :
The Sign records
 (19/20)

Auteur : Alain
Date de publication : 08/08/2023
Doom envoûtant, mâtiné de folk et de prog
Fondé en 2017, le sextette DUN RINGILL n’est pas à proprement parler un perdreau de l’année. Riche de trois guitaristes, certains de ses membres étaient auparavant passés au sein de groupes tels que THE ORDER OF ISRAFEL, DOOMDOGS, RUNEMAGICK, DARK TRANQUILLITY et autres plus obscurs. Après deux albums parus sur le prolifique label italien Argonauta records, les Suédois reviennent avec ce qui ressemble bel et bien à l’album de la maturité (du projet, pas des musiciens !). Accueilli chez leurs compatriotes de The Sign records, 150 – Where The Old Gods Play Part 1 s’impose comme une pure merveille, tout à la fois fermement ancrée dans les fondamentaux du Doom Metal et les dépassant constamment. Tentons de rendre compte de cet enchantement…

Les fondamentaux ? Lenteur, lourdeur, ambiances sombres : tout y est, parfaitement maîtrisé et mis en son, assurant des apports en termes de puissance, de noirceur, d’angoisse. Les guitares déploient un dispositif diversifié et dense. Se taillent la part du lion des riffs massifs, grondants, quoique demeurant tranchants, des plans aux mélodies mélancoliques, des solos mélodiquement construits, parties acoustiques (nous y reviendrons) ; rien qu’en ce domaine, le groupe pratique l’art ultime des contrastes avec une maestria consommée.

Dans le domaine rythmique, la puissance des riffs de guitares se trouvent renforcée en épaisseur par une section rythmique particulièrement vivace, entre jeu sec et mobile du batteur et lignes de basse épaisses mais agiles du bassiste. Non seulement, cela permet à DUN RINGILL de poutrer très sévèrement, mais cela insuffle paradoxalement un groove de mammouth, lequel permet d’éviter tout effet de monolithisme lassant.

Mais surtout, outre le recours ponctuel et proportionné à la guitare acoustique, DUN RINGILL se fait fort d’intégrer des instruments acoustiques (cornemuse, violon) ; bien connu pour son goût pour les sonorités vintage (exercées chez KAMCHATKA, KING HOBO, SPIRITUAL BEGGARS, OPETH, SWITCHBLADE), le claviériste Per WIBERG participe au superbe The Parrish. Ajouter ces touches Folk et Prog, si typiques des années 70, et vous obtiendrez un résultat très personnel, transcendant les genres et les époques. (*lire à la toute fin de la chronique)

Sur le plan vocal, on retrouve peu ou prou une dichotomie entre, d’une part, un chant majoritairement rauque, habité par une furie et une rage palpables, d’autre part quelques inserts plus modérés, quoique guère plus rassurants (murmures, chant clair, chœurs solennels sur Blood Of The Lord). Quel que soit le registre adopté, le fait est que Thomas ERIKSSON se trouve littéralement possédé par les textes qu’il exprime avec ses tripes certes, mais en prenant soin de varier les intonations, d’incarner les ambiances. On est certes loin de la perfection affichée dans les productions numériques actuelles, y compris dans le cas de chant extrême. Ici, tout n’est peut-être pas solidement étayé et égalisé, mais, au moins, cela vibre, cela éructe, comme aux débuts de CELTIC FROST (ah, ces vocaux qui suintaient littéralement la haine et l’agression teigneuse), comme du Quorthon accouchant du Viking Metal avec BATHORY, comme RUNEMAGICK panachant son Death Metal frontal de Doom Metal lugubre (fusion portée au pinacle avec l'album de 2003, Darkness Death Doom), comme un Johann HEGG (AMON AMARTH) ayant fusionné avec la verve d'un Martin WALKYIER (SABBAT, SKYCLAD). Même si techniquement parlant, tout n’est pas toujours parfaitement canalisé, on succombe à cet assaut passionné, sauvage mais totalement articulé et modulé, garant d’une intensité impressionnante. Cela dit, quand cette prestation hallucinée se trouve ponctuellement rejointe par un chant masculin clair sur le refrain, ô combien entêtant, de Awakening, on touche à l’extase. Quelques chœurs hypnotiques et grandioses (on se croirait chez THERION !) illuminent même Blood Of The Lord et le refrain Nathaniel’s Hymn.

Afin de clore ce qui finit par ressembler à un panégyrique (totalement sincère et enthousiaste), soulignons la qualité des compositions et des arrangements des sept compositions de ce troisième album. Cinq titres affichent des durées concises – entre quatre et cinq minutes -, lesquelles affichent une efficacité impactante, sans exclure des arrangements plus subtils, des plages plus tempérées.

Les deux autres morceaux affichent, vous l’aurez deviné, des durées plus nettement conséquentes, permettant un plein déploiement des ambitions musicales et conceptuelles propres à DUN RINGILL. Tout d’abord, The Parrish (6’23) s’offre quelque secondes étranges et presque paisibles, avant que ne s’avancent des riffs et une rythmique impérieux, sur un tempo implacablement lent. Surprise quand survient le premier couplet : il voit se succéder registre clair et registre guttural et furieux : l’effet de contraste joue à plein pour installer une tension dramatique. S’ensuivront un solo de guitare divinement bluesy et un final dépouillé à l’orgue. Magique…

Dominant le tout du haut de ses 8’30, le colossal Blood Of The Lord transcende un format souvent piégeux, en affichant une implacable progression, certes rythmique, mais avant tout émotionnelle. Sur cette pièce maîtresse, un riff de guitare dépouillé et entêtant ouvre le bal, à peine soutenu par des touches de cymbales, la deuxième guitare reprend le riff, le batteur effectue un roulement, quand éclatent des chœurs magnifiques, avant que le chant littéralement possédé ne soit pleinement soutenu par une rythmique imparable. Les chœurs viennent régulièrement transcender la prestation folle du chanteur, tandis que section rythmique et guitares s’emploient à combiner lancinance lourde des riffs et inserts mélancoliques : de quoi recevoir les félicitations combinées de CANDLEMASS et de WHILE HEAVEN WEPT (première période, hein !). Et, soudainement (à 4’20), alors que la transe devient impérieuse, un break de guitare acoustique s’impose, avec un chant entre parlé et chuchoté, toujours aussi habité. A 6’, nouvelle rythmique tendue, lourde, implacable, lente, qui accueille un des nombreux solos délicieusement bluesy de ce disque, celui-ci se développant longuement en déployant des trésors d’émotions et d’intelligence mélodique, jusqu’à la brusque interruption de la composition… qui nous laisse pantelants et presqu’orphelins.

Fort heureusement, orphelins, nous ne le resterons pas longtemps car, dès 2024, DUN RINGILL livrera un second album, encore une fois basé sur un concept, issu d’un script corédigé par le bassiste du groupe (une sombre histoire d’un prêtre manipulateur, se déroulant en Ecosse en 1900). En attendant, quelle claque magistrale !

Vidéos de Blood Of the Lord (version courte) cliquez ici et de Awakening cliquez ici

* DUN RINGILL emprunte son nom à une colline occupée dès l'âge de fer, sur l'île de Skye (Ecosse). Sur son album Stormwatch (1979), le groupe de Rock Prog et Folk JETHRO TULL lui consacra une chanson : cliquez ici
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