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Dossiers
Reportage :  IRON MAIDEN: La Bête a 40 ans - 1ère partie (1975 - 1985) ( IRON MAIDEN )
Date de publication : 04/02/15
Auteur : metalmp
En 2015, IRON MAIDEN fêtera quarante ans de carrière, et célèbrera, au mois d’avril, le 35ème anniversaire de la sortie de son premier album. Un disque qui lança la machine devenue aujourd’hui un incontournable du Rock en général et, surtout, le symbole de tout l’univers du Metal. C’est pour nous l’occasion de revenir sur la carrière exemplaire d’un groupe non moins exemplaire qui, malgré quelques revers, a toujours su se battre pour s’imposer sans se compromettre et devenir l’une des formations les plus influentes et appréciées que la musique populaire ait engendré. Voici donc la première partie de cette biographie relatant les premières années de la vie de de la carrière d’IRON MAIDEN.

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Steve HARRIS est né à Londres le 12 mars 1956. Il grandit entouré de filles (il est l’ainé d’une famille de 4 enfants, et le seul garçon) et développe rapidement un goût certain pour la musique grâce à toutes les nouveautés que ses sœurs pouvaient rapporter et écouter à la maison ainsi que, comme la plupart des garçons de son âge, pour le foot. Le jeune Steve ne souhaitant pas suivre les traces professionnelles de son père chauffeur routier quitte l’école en 1972 et va de petit boulot en emploi précaire tout en consacrant son temps libre à se perfectionner dans ses deux passions.

Plutôt que la guitare, Steve opte pour la basse et intègre un premier groupe, GYPSY’S KISS (qui désigne, en argot anglais l’urine, la « pisse »…) qui donne son premier concert dans une église lors d’un concours de talents. C’est à cette occasion que Steve HARRIS fait la connaissance d’un certain Dave BEASLEY, qui sera plus tard connu sous le nom de Dave LIGHTS et jouera un important rôle dans le visuel des futurs spectacles du bassiste tout au long des années 80.

GYPSY’S KISS donnera six concerts avant que Steve rejoigne une formation du East End Londonien appelée SMILER au sein de laquelle sévissent le batteur Doug SAMPSON et le chanteur Dennis WILCOCK, tous deux âgés de 26 ans. Avec SMILER, le jeune bassiste compose ce qui deviendra Innocent Exile et Burning Ambition que ses camarades refusent de jouer live à cause des trop nombreux breaks et changements. Trop complexe, en d’autres termes.

Steve décide alors de quitter SMILER et fonde son propre groupe, IRON MAIDEN. Nous sommes en 1975, et la première mouture comprend le chanteur Paul DAY, les guitaristes Dave SULLIVAN et Terry RANCE ainsi que le batteur Ron MATTHEWS. Les cinq répètent intensivement les morceaux composés par Steve. Dès son premier concert – au pub Carts and Horses IRON MAIDEN joue, outre les deux premières compositions de Steve, Prowler, l’instrumental Transylvania et ce qui sera bientôt l’hymne de ralliement des fans, Iron Maiden et sa fameuse prédiction : « Iron Maiden’s gonna get you, wherever you are ».

Bien que les concerts s’accumulent, Steve HARRIS, au fil du temps, se révèle de moins en moins satisfait du line-up de son groupe. Fin 1976, il commence par se séparer de Paul DAY et convainc Denis WILCOCK de le rejoindre. Ce dernier lui suggère de faire appel à un jeune guitariste qu’il a récemment auditionné pour son propre groupe, WARLOCK. Avec Dave MURRAY, IRON MAIDEN compte trois guitaristes (un signe ?). Cependant, cette intégration est mal vécue par le duo d’origine qui menace Steve d’un vindicatif « c’est lui ou nous ! ». Le bassiste opte pour « lui » et se sépare de Dave et Terry.

En très grand fan de KISS, Dennis apporte un côté visuel spectaculaire sur scène, crachant du sang, jouant avec une épée ou se maquillant le visage, tout comme ses idoles. Steve, lui, se concentre sur la réputation de son groupe et diffuse nombre d’affiches aux textes évocateurs et aguicheurs. Tout est bon pour attirer le public, les médias ou les labels.

Le nouveau line-up tient quelques mois, jusqu’à une dispute entre Dave MURRAY et Dennis qui entraine le départ du guitariste qui rejoint aussi sec URCHIN, le groupe de son ami de toujours Adrian SMITH. Il sera remplacé quelques temps par Terry WAPRAM, tandis que Ron MATTHEWS pose ses baguettes que récupère un certain Thundersticks. Steve tente même à cette époque (seconde moitié de 1977) d’intégrer à la musique du groupe les claviers de Tony MOORE. Une très mauvaise idée qui prendra fin dès le premier concert. Mais Terry prétextant ne pouvoir jouer qu’accompagné de claviers se verra, lui aussi, indiquer le chemine de la sortie.

Malgré les difficultés à stabiliser son groupe, Steve sait exactement ce qu’il souhaite. Et qui il veut à la guitare. Il parvient à convaincre Dave MURRAY de réintégrer IRON MAIDEN au printemps 1978. Mais plus tard, juste avant un concert, c’est Dennis WILCOCK, ne voyant pas l’avenir du groupe s’améliorer, qui décide de partir soudainement, bientôt suivi par Thundersticks. Pendant quelques mois, le groupe jouera sous la forme d’un trio : Steve HARRIS à la basse et au chant, Dave MURRAY à la guitare et, récupéré de SMILER, Doug SAMPSON à la batterie, le temps de trouver une équipe plus solide.

Pendant qu’ IRON MAIDEN tente de se stabiliser et de se construire, le monde a succombé à un nouveau phénomène musical, aussi violent et vindicatif que provocateur : le Punk porté par THE DAMNED et les SEX PISTOLS. Cheveux en brosse, crêtes, épingles à nourrice plantées dans la joue (la préhistoire des piercings modernes…), ces nouveaux rebelles prennent rapidement, depuis deux ou trois ans, la place qu’occupaient d’ex-rebelles désormais nantis qui ne sont certainement plus en colère. Les punks le sont, ajoutant à leur colère irrespect, discourtoisie, impertinence ou vulgarité. C’est tout ce que mérite, en cette seconde moitié des 70’s, l’Angleterre que ne dirige pas encore d’une main de fer Margaret THATCHER, qui ne deviendra premier ministre que le 4 mai 1979…

Ce n’est donc pas son surnom (elle est depuis longtemps connue au sein de son propre parti comme « la dame de fer » - en anglais « Iron Maiden ») qui a donné à Steve HARRIS l’idée d’appeler ainsi son groupe. Et, contrairement à la croyance, ce n’est pas l’instrument de torture médiéval qui fut à l’origine du nom (un charmant cercueil clouté qui, en se refermant sur ses victimes, les transperçait lentement pour les faire parler…) mais un film, L’Homme Au Masque De Fer (une des versions d’avant Leonardo di CAPRIO...)

C’est également au cours de ces années que Steve HARRIS décide de construire ce qui deviendra l’image du groupe. Après le départ de Dennis, il souhaite conserver un aspect « horreur » autour d’IRON MAIDEN. Mais cet aspect doit être extérieur aux musiciens. Dave LIGHTS, avec qui Steve est resté en contact, lui suggère de développer une sorte de mascotte. Il s’occupe d’ailleurs de nombre d’aspects visuels pour le groupe, bricolant des effets de scènes et jeux de lumières, proposant d’utiliser à chaque concert un panneau lumineux sur lequel figurent la signature du groupe et le premier visage d’Eddie the Ead

Ayant entendu que IRON MAIDEN cherchait un chanteur, Paul DI’ANNO prend contact avec Steve HARRIS ; Au cours de l’audition, Paul se vante, grande gueule de cockney qu’il est, d’avoir déjà officié dans pas mal de groupes, ce qui se révèlera un mensonge. Le gaillard est cependant retenu, le groupe répéte autant que possible avant de donner son premier concert avec ce nouveau chanteur au Ruskin Arms le 31 décembre 1978. A partir de ce moment, la réputation scénique du groupe se consolide et s’étend plus que localement. Le pub deviendra rapidement un repère pour IRON MAIDEN qui y jouera régulièrement, faisant à chaque fois le plein, même en y donnant 3 ou 4 concerts par semaine.

Après avoir refusé quelques propositions de maisons de disques dont les responsables, obnubilés par le Punk et souhaitant gagner de l’argent facilement, leur proposait un contrat si les musiciens se coupaient les cheveux, Steve HARRIS décide, fin 1978, qu’il est temps d’enregistrer une première démo. Plutôt que de le faire sur un simple 4 pistes de mauvaise qualité, il opte pour un studio que le groupe louera pendant deux jours. Quatre chansons sont alors enregistrées (Iron Maiden, Prowler, Strange World et Invasion) et, armés de leur stock de cassettes, les musiciens démarchent les clubs. C’est ainsi qu’ils font la connaissance au Bandwagon Soundhouse du DJ passionné de Heavy Metal, Neal KAY. Rapidement, l’homme craque pour la musique du groupe, diffuse la démo au cours de ses soirées et programme IRON MAIDEN live dès que possible. Son enthousiasme se transmet à son public qui en redemande et place deux des titres de la démo dans les charts du club. Charts que KAY tient à jour et transmets chaque semaine aux professionnels de la musique.

Le succès grandissant d’IRON MAIDEN accroit sa réputation commence à en faire une attraction nationale. Neal KAY décide alors de mettre sur pied une mini tournée anglaise avec de jeunes groupes prometteurs. IRON MAIDEN part ainsi avec ANGEL WITCH et SAMSON. Trois groupes parmi une myriade d’autres… Car en cette année 1979, le monde mue de nouveau. Le Punk crasseux fatigue et le public recherche une nouvelle forme d’énergie. Le magazine Sounds le sent, et un de ses journalistes, Geoff BARTON, commence à parler du phénomène et désigne le renouveau métallique sous le terme de New Wave Of British Heavy Metal. Une révolution est en marche.

L’été 1979 va s’avérer décisif dans l’avenir d’IRON MAIDEN . C’est à cette époque qu’un certain Rod SMALLWOOD récupère par un ami la fameuse démo. L’homme est impressionné, mais va de désillusion en désillusion. Après avoir échoué à l’examen sanctionnant ses études de droit, SMALLWOOD s’est occupé, avec son ami d’université (qui, lui, a obtenu son diplôme) et collègue Andy TAYLOR, des affaires de formations aussi diverses que les RUBETTES, JUDAS PRIEST, GOLDEN EARRING ou encore MOTT THE HOPPLE. Il hésite quelques temps mais un article de Sounds, persuadé du retour en force du Metal, le convainc de tenter le coup avec IRON MAIDEN qui embauche un second guitariste, Tony PARSONS.

Le groupe commence à s’exporter en donnant des concerts hors de Londres. Sa réputation est alors telle que Lemmy les contacte directement afin de jouer avec MOTORHEAD lors d’un concert caritatif au Music Machine, le 3 septembre 79. Si le public est massif, il n’y a pas de représentants des maisons de disques… Tant pis, Rod négocie avec le célèbre club Marquee de faire jouer IRON MAIDEN et y invite autant de représentants de labels que possible. Le 19 octobre, IRON MAIDEN joue sans doute son avenir. A&M est royalement absent, CBS considère les compos pas assez solides, Warner décline… Tant pis, IRON MAIDEN décide de monter son propre label, Rock Hard Records, afin de sortir quelques titres et les distribue directement. Ainsi parait, le 9 novembre 1979 le 45t The Soundhouse Tapes qui regroupe Iron Maiden en face 1 et Prowler et Invasion en face 2. Edité à 5.000 exemplaires prioritairement destinés aux fans, il s’écoule très rapidement.

Si d’autres font grise mine, EMI semble de son côté s’intéresser à ce nouveau phénomène musical et envisage même de produire une compilation regroupant certains nouveau talents. L’album Metal For Muthas est ainsi prévu pour la fin d’année. IRON MAIDEN y est prévu, bien sûr, mais Rod et le groupe entendent négocier leurs conditions : bénéficier de deux journées de studio et l'exigence que deux chansons doivent figurer sur le disque, dont une en première position de la face 1.

Cette approche professionnelle des affaires et des concerts finissent par convaincre EMI d’avoir IRON MAIDEN à son catalogue. Le 15 décembre 1979, le groupe et son manager signent leur premier contrat qui porte sur trois albums. Cette exigence de Rod SMALLWOOD a pour objectif que le label s’engage vraiment, et ne cherche pas à laisser tomber le groupe si le premier album ne marche pas. Mais dans un premier temps, IRON MAIDEN s’engage dans le Metal For Muthas tour qui débute le 1er février 1980 à Aberdeen et s’étend jusqu’au 2 mars à Biringham.

Le début 1980 voit le paysage musical se transformer, se métamorphoser radicalement après un encart qu’a publié Geoff BARTON dans Sounds, intitulé « The New Face Of Heavy Metal ». Oui, le Metal revient en force, c’est une évidence, mais a-t-il jamais disparu ? Cette rage de renouveau se ressent au sein même des groupes dont les formations s’adaptent aux dures lois du marché. Si chaque musicien veut obtenir sa part de succès, tous ne sont pas prêts à faire les efforts nécessaires. Ceux qui refusent d’admettre qu’un groupe est avant tout une équipe travaillant en commun, dans le même but, se voient évincés sans remords. Les grands chamboulements précèdent l’entrée en studio des groupes… Ainsi, Dennis STRATTON remplace Tony PARSONS à la guitare au sein d’IRON MAIDEN , dès le début du mois de janvier. Parallèlement le groupe engage le batteur Clive BURR issu d’un combo prometteur, SAMSON, qui a déjà un album remarqué à son actif.

IRON MAIDEN voit son premier single chez EMI - Running Free - sortir le 23 février. Le groupe et ses managers, Rod SMALLWOOD et Andy TAYLOR, savaient que les fans attendaient avec impatience de pouvoir se procurer ce premier témoignage vinylique. Mais aucun ne s’attendaient à une telle déferlante: 10.000 exemplaires achetés en quelques jours! Les clubs, le spectacle, l’image, Steve HARRIS mène son groupe là où il veut qu’il aille, tout en faisant preuve de grand respect pour ses aînés, comme le montrent les graffiti qui ornent ce single : sur les murs, on distingue très clairement les noms de JUDAS PRIEST, LED ZEPPELIN, SCORPIONS et ACDC. Steve et ses acolytes sont des fans, ceux dont les rêves se transforment – enfin – en réalité. Mais ce qui intrigue le plus sur cette pochette, c’est ce bras décharné et, au bout de l’allée, ce personnages inquiétant…

Le succès grandissant d’IRON MAIDEN se confirme par une invitation de la télévision britannique. Lorsque le groupe passe, le 5 mars, à l’émission télé anglaise Top of the pops, HARRIS impose de jouer live. Le groupe est d’ailleurs le premier depuis les WHO en 1972 à passer en direct par respect pour son public. IRON MAIDEN saisit surtout la chance qu’il a de pouvoir jouer devant une vaste audience puisqu’il ouvre pour les dates anglaises de JUDAS PRIEST dès le 9 mars. Malgré l’admiration que Steve HARRIS et Dave MURRAY peuvent avoir pour leurs aînés, cette tournée ne se passe pas sans encombres, Paul DI’ANNO ayant eu la judicieuse idée de déclarer à la presse, la veille de cette première date, que IRON MAIDEN allait, en quelque sorte, faire mordre la poussière à PRIEST, les rétamer… Bref, leur voler la vedette dès que possible. On peut imaginer plus de diplomatie ou de discrétion mais le chanteur est un dur, direct et provocateur...

Enfin… Le 14 avril 1980, apparaît dans les bacs un visage inhumain, qui va rapidement devenir le symbole de ralliement de toute une génération de headbangers… Originellement destiné à représenter les punks, et déniché par hasard par Rod SMALLWOOD, Eddie the ‘Ead illustre la pochette du premier album éponyme d’IRON MAIDEN , lequel précède SAXON dans les charts en arrivant numéro 4. Rien n’a été laissé au hasard, pas même l’ordonnancement des morceaux : le titre introductif, Prowler (le rôdeur) doit-il nous faire comprendre que nos nuits seront désormais hantées par Eddie ? Que penser alors de la conclusion que connaissent bien les fans de la première heure : « IRON MAIDEN’s gonna get you, wherever you are » ? Steve HARRIS est déterminé à imposer son groupe partout, et, de ce point de vue, l’entente avec Rod SMALLWOOD est parfaite. Ce premier album d’IRON MAIDEN , produit par Wil MALONE dont l’enregistrement s’est effectué au studio Kingsway de Londres, mêle allègrement puissance (Phantom Of The Opera, Prowler), douceur (Remember Tomorrow), instrumental (Transylvania) et hits potentiels (Running Free, Iron Maiden). Bref, de véritables perles classiques du Metal nouveau. Même si le leader avoue être loin d’apprécier le son de ce disque, trop éloigné de ce qu’il attendait. D’une certaine manière, la production, avec ses relents punk crades, participe à sa légende.

IRON MAIDEN, dans la foulée du succès de son premier album, s’engage dans une grande tournée anglaise à partir du 15 mai. Tournée dont la dernière date aura lieu le 1er décembre, après un passage, le 23 août, au festival de Reading, en ouverture de UFO. Parallèlement, afin d’asseoir sa réputation de nouveau leader du Heavy Metal, un nouveau single sort le 16 chez les disquaires ; il faut très peu de temps pour que les grandes instances de la morale anglaise réagissent. En effet, la pochette de Sanctuary montre la mascotte, Eddie, ayant assassiné Maggie, Margaret THATCHER, alors Premier Ministre britannique, tenant dans sa main un poster d’IRON MAIDEN qu’elle venait d’arracher au mur. Une véritable hérésie selon Eddie ! Le scandale ne manque pas d’être rapporté par la presse, et, d’une certaine manière, agit comme publicité indirecte pour le groupe.

IRON MAIDEN a enfin l'opportunité de venir jouer en Europe: le groupe pourrait avoir décroché la timbale en étant retenu pour effectuer la première partie de la tournée européenen de KISS entre les mois d'août et d'octobre. Le groupe bénéficie d'une baisse de popularité des américains pour se donner au maximum en Italie, Allemagne, Espagne, Suisse, Belgique, Scandinavie, France... et vole la vedette à la tête d'affiche à plus d'une reprise. Là encore, la machine est lancée sur le vieux continent. Mais...

Octobre est marqué par l’annonce du départ de Dennis STRATTON pour « divergences musicales ». La différence d’âge, de mentalité ou d’attitude, l’implication même de Dennis au sein de la famille MAIDEN engendre, à la suite de la tournée européenne, le mécontentement de Steve HARRIS, qui, en accord avec les autres membres du groupe et Rod SMALLWOOD, prend la lourde décision de son éviction. Steve HARRIS a déjà une idée sur le futur remplaçant de Dennis : il pense fortement à redemander à Adrian SMITH de rejoindre la formation. Vieil ami de Dave MURRAY, il avait décliné une première offre pour ne pas laisser en plan ses collègues d’URCHIN qui commençait juste à se faire une réputation dans l’underground de Londres. La fidélité est une qualité prisée de Steve HARRIS, et URCHIN ne perçant pas, SMITH dissout le groupe pour rejoindre MAIDEN. La formation nouvellement constituée entreprend d’intensives séances de répétitions afin de mettre en place les morceaux qui composeront le futur album. Juste avant, IRON MAIDEN repart sur les routes anglaises entre le 21 novembre et le 1er décembre, afin de présenter Adrian SMITH au public, rencontre qui se passe à merveille. Les fans avaient certaines réticences mais s’avouent comblés par la chaleur et la simplicité du nouvel embauché.

IRON MAIDEN retrouve ensuite le chemin des studios pour y enregistrer son second album, Killers, qui investit les bacs le 2 février 1981. Le groupe en assure la promotion en repartant sur les routes pour sa première tournée mondiale qui débute le 17 à Ipswich – avec, en ouverture des dates anglaises, les Français de TRUST – et le groupe va traverser le monde pour soutenir son album. Eddie est à nouveau présent, plus effrayant encore qu’auparavant, et le public, après avoir accepté l’arrivée d’Adrian SMITH, confirme tout le bien que l’on pensait des nouveaux rois de la scène metallique anglaise. IRON MAIDEN ne pouvait se tromper, et signe avec ce nouvel album des brûlots indémodables comme Wrathchild, Killers, Purgatory, ou encore l’adaptation, de la nouvelle de Poe, Murders In The Rue Morgue. Pourtant, bien que cet album marque le début d’une longue collaboration avec le producteur Martin BIRCH (internationalement reconnu pour son travail avec DEEP PURPLE, BLACK SABBATH et WHITESNAKE) – qui va devenir le septième membre humain du groupe (Rod étant le sixième, tandis qu’Eddie est déjà indissociable de l’image d’IRON MAIDEN ) – ce second essai, malgré un accueil public chaleureux, doit affronter une critique sévère et, parfois, injuste, comme ce fut le cas notamment avec Sounds qui ne trouva que du mal à dire… Mais Paul DI’ANNO venait de se séparer de la journaliste qui écrivit cette critique… Bien que certifié disque d’or dans de nombreux pays (Canada, Japon, Royaume-Uni et double or en France), Killers demeure un des albums les plus méconnus et sous-estimé du quintette et, paradoxalement, celui par lequel IRON MAIDEN professionnalise entièrement sa démarche et, malgré tout, l’un des préférés des fans de longue date.

Les membres d’IRON MAIDEN se retrouvent, dès le 3 juin, aux Etats-Unis, pays qu’il est commercialement impératif de conquérir. Bien des formations européennes ont pu vivre de leur musique en ne perçant pas ou peu sur le nouveau continent… Mais l’objectif des Anglais est d’être partout, et leur stratégie consiste, comme cela a toujours été le cas, à jouer partout où c’est envisageable. La situation est ici assez engageante, IRON MAIDEN jouant en ouverture des désormais légendaires JUDAS PRIEST (pas rancuniers) et UFO. Il ne s’agit pas d’une petite escapade mais d’un véritable périple puisque le groupe sera présent sur les terres américaines pendant deux mois, le dernier gig étant prévu pour le 4 août, au Long Beach Arena de Los Angeles puis rentre au pays, afin de préparer l’avenir du groupe. Un avenir incertain, puisque Steve HARRIS a déjà pris une décision grave qui peut, si elle est mal gérée, faire péricliter le plus gros espoir anglais : Paul DI’ANNO doit quitter IRON MAIDEN, son attitude générale ne convenant pas aux projets du groupe. Ses excès de drogue, d’alcool, le fait qu’il se plaigne sans cesse d’extinctions de voix – quelques minutes avant de monter sur scène ! – de trop nombreux esclandres et bagarres et un manque d’investissement sont arrivés à excéder le leader du groupe anglais le plus en vue du moment. e 20 septembre, dans le bureau de Rod SMALLWOOD, Steve HARRIS est rejoint par Paul DI’ANNO pour lui annoncer son éviction d’IRON MAIDEN . Se séparer d’un guitariste est une chose, mais un chanteur, qui tient le public à bout de bras, qui incarne bien souvent un groupe, en est une autre. Le remplacer risque de ne pas être évident, bien que Steve ait déjà une idée en tête… Toutefois, la tournée fut un tel succès que IRON MAIDEN sort son premier live (et seul témoignage scénique avec DI’ANNO), sous forme d’un Ep, dont le titre, Maiden Japan, fait étrangement penser à un autre disque public… Quatre titres seulement figurent sur cette galette, deux de chaque album (Running Free et Remember Tomorrow de Iron Maiden, Killers et Innocent Exile de Killers) et reflètent toute la puissance du groupe dans son élément qu’est la scène.

IRON MAIDEN annonce officiellement le nom du remplaçant de Paul DI’ANNO courant octobre. Le nouveau chanteur a déjà fait ses preuves au sein de SAMSON, et Steve HARRIS a décidé de choisir une voix totalement différente de celle de Paul. Bruce DICKINSON fait officiellement son entrée au sein d’IRON MAIDEN dès le début du mois. Il y a bien évidemment un certain nombre de fans hardcore qui prédisent la chute du combo, persuadés que HARRIS fait la plus grosse erreur de sa vie, que son choix ne pouvait être pire… Afin de tester Bruce, ce sont les Italiens qui ont les honneurs d’une tournée d’échauffement, qui a lieu entre le 26 et le 30 octobre. Ensuite, studio et répétition pour tous avant d’enregistrer une nouvelle fois en compagnie de Martin BIRCH.

IRON MAIDEN n’entend pas laisser le succès lui échapper et entame dès le 23 février 1982, à Dunstable, une grande tournée qui s’achèvera le 10 décembre. Tournée de promotion du décidément très attendu nouvel album, pour lequel le manager a su coller aux musiciens une très forte pression. Trois jours auparavant, le 20, est sorti le single Run To The Hills qui se hisse à la 7ème position du top anglais. Il présente un chanteur à la voix puissante, mélodieuse, différente de celle de DI’ANNO et quelque peu surprenante de prime abord. Le public s’est habitué au premier vocaliste et attend le nouveau membre de pied ferme. Indéniablement Bruce DICKINSON porte le lourd fardeau de la confirmation définitive d’IRON MAIDEN . Toutefois, certains fans abandonnent purement le navire, hurlant (est-ce une habitude anglaise ???) à la trahison ! Ceux-là sont, par la suite, bien vite revenus. Car DICKINSON réussit à imposer sa présence au sein du groupe. Les premières critiques de concerts sont tout simplement dithyrambiques. D’autant qu’il ne s’agit plus de simples prestations mais d’un véritable spectacle : Eddie mesure quelques deux mètres cinquante et vient chasser du guitariste sur scène. Il réussit même à vaincre les diablotins qui veulent ruiner le show ! DICKINSON, quant à lui, est remonté à bloc, cavalant de droite et de gauche, s’assurant que chaque spectateur puisse le voir. Le choix qu’à fait Steve HARRIS s’avère être le meilleur possible, tellement DICKINSON met le feu là où il passe. Comme, par exemple, à Paris, lors de leur passage du 24 mars au pavillon Baltard… Une fois les lumières revenues, ce sont quelques centaines de fans qui s’engouffrent dans les entrailles de la terre, en direction du métro. Mais un conducteur trop zélé, faisant entrer sa rame en station, prend peur et décide d’avancer le train de manière à ce qu’un seul wagon puisse accueillir les chevelus. Il annonce, une fois les portes refermées, qu’il a fait appeler la police. Ce sont alors quelques deux cents jeunes qui deviennent fous et saccagent le matériel, lacèrent les sièges… et se font embarquer. Leur seul tort fut d’avoir les cheveux longs et de scander le nom de « MAIDEN ! MAIDEN ! » en sortant heureux d’un concert. Leur sanction fut de régler à la Régie le montant des dommages, soit quelques dizaines de milliers de francs (à l’époque)…

Le 10 avril 1982, les fans se ruent chez leur disquaire pour découvrir The Number Of The Beast, premier album avec le chanteur Bruce DICKINSON. L’accueil est tellement chaleureux que le disque se trouve directement classé meilleure vente sur le territoire anglais et le groupe est dès lors consacré de manière internationale. Toutefois, le morceau titre, ainsi que la couverture, nouvelle œuvre de Derek RIGGS, sont vite montrés du doigt par les Américains (oh, surprise !) et principalement par les associations moralisatrices qui accusent ouvertement les membres d'IRON MAIDEN d’être des suppôts de Satan et n’hésitent pas à organiser des feux de joie dans le seul but de brûler ce disque certainement démoniaque. Fort heureusement, le public, lui, se laisse emporter par la musique, les riffs magiques, puissants et imparables de Run To The Hills, l’incontournable Hallowed Be Thy Name ou encore The Prisonner. Pour ce titre, le groupe laissa son manager, Rod SMALLWOOD, demander au comédien et producteur Patrick MCGOOHAN l’autorisation d’utiliser les paroles qu’il prononce dans l’intro de la série culte du même nom comme introduction au morceau. Contre toute attente, MCGOOHAN accepte sans hésiter, et sans même penser à l’impact éventuel sur son image que pourrait avoir cette « participation » . On remarque également que les instrumentaux ont disparu. Plus de Transylvania ou de Genghis Khan, que des chansons d’une efficacité remarquable. Une nouvelle vierge est née, prête à imposer sa puissance sur le monde qu’elle continue de sillonner : IRON MAIDEN s’envole de nouveau aux USA pour y effectuer une nouvelle tournée, en ouverture de RAINBOW, .38 SPECIAL puis de SCORPIONS (plus quelques dates en tête d’affiche) de mai à août. Le public new yorkais du Palladium, où le groupe se produit le 29 juin, est électrifié par la prestation – marquée par un incident de taille : le technicien guitare de Dave MURRAY reçoit, lancé par un « fan », un feu d’artifice en plein visage et risque de perdre la vue. D’autres spectateurs auraient sorti le fauteur de trouble afin de le corriger à leur manière. Fort heureusement, cet incident n’a pas laissé de traces et la légende est en marche grâce au travail acharné de Steve HARRIS.

Enfin, la saison se termine une nouvelle fois par deux des festivals européens les plus attendus de l’été, celui des Monsters Of Rock, tout d’abord, puis le festival de Reading dont la grand-messe se tient le 28 août. En guise de confirmation du succès planétaire de son dernier album, la tête d’affiche n’est autre que le désormais incontournable quintette d'IRON MAIDEN . La bande de Steve HARRIS est pourtant en pleine tournée américaine et traverse l’Atlantique pour cette unique date. Le respect dont font preuve les musiciens envers leurs fans locaux est plus que louable. Ces fans, ravis de cette journée qui voit défiler d’autres artistes de l’envergure de TYGERS OF PAN TANG, BLACKFOOT ou Gary MOORE, ne peuvent que porter la Vierge de fer aux nues et féliciter le groupe, s’il en est encore besoin, d’avoir choisi Bruce DICKINSON pour tenir le micro et le public en haleine. L’avenir est pavé d’or est de platine désormais.

Oui, mais… Mais après cette tournée harassante, Clive BURR jette l’éponge. Epuisé, il cède sa place qui sera bientôt occupée par un phénomène récupéré chez les copains de TRUST, Nicko MC BRAIN avec qui IRON MAIDEN s’attèle aux répétitions avant de s’envoler pour les Bahamas afin d’y enregistrer, toujours sous la houlette de Martin BIRCH, son quatrième album.

Piece Of Mind n’est pas encore dans les bacs que le groupe repart sur la route. Le World Piece Tour débute le 2 mai 1983 à Hull (GB) par une tournée anglaise de vingt-deux dates dont quatre au légendaire Hammersmith Odeon de Londres. Cent quarante concerts sont prévus jusqu’au 18 décembre, parmi lesquels cinq mois complets seront consacrés à définitivement assujettir l’Amérique du Nord à la toute-puissance du groupe. Toute puissance ? C’est avec une certaine impatience que les fans attendent la sortie, prévue le 28 mai, de ce nouvel album d'IRON MAIDEN dont un avant-goût a été donné (comme d’habitude) avec le single Flight Of Icarus qui fait office d’amuse-gueule depuis deux mois maintenant. Ce choix a pour but avoué de séduire les radios US. Flight, sans être purement calibré pour, montre un visage d'IRON MAIDEN plus calme, heavy mais un peu plus lent. Les fans sont un peu déroutés par ce choix et boudent quelque peu l’album qui parvient tout de même à atteindre la 3ème place des charts anglais. Quant aux Américains, la bande de Steve HARRIS n’y comprend rien : les radios ne passent ni Flight…, ni aucun autre morceau. Et là, c’est décidé : IRON MAIDEN se battra seul, sur scène pour faire tomber les USA. L’Europe, elle, a succombé et malgré la « méfiance » des fans à la sortie du premier single, continue de largement plébisciter le quintette le plus représentatif du Metal anglais et européen, voire mondial. Piece Of Mind se présente à tous comme le véritable album de la confirmation, peut-être plus que son fabuleux prédécesseur, The Number Of The Beast. Il fait preuve de plus de cohésion dans l’ensemble, et contient de vrais joyaux qui enchantent dès les premières notes du disque. De Where Eagles Dare à l’épique To Tame A Land, sans oublier l’incontournable classique qu’est devenu The Trooper, IRON MAIDEN semble avoir trouvé son rythme de croisière, et l’on sent que Nicko McBRAIN est complètement intégré dans un ensemble équilibré. Le groupe n’a désormais plus besoin de concurrencer qui que ce soit, IRON MAIDEN est définitivement et incontestablement le leader du Heavy international. A force de tourner, le groupe concrétise ses objectifs américains et voit, finalement, Piece Of Mind arriver à la 14ème place du Billboard.

L’année se termine en beauté pour IRON MAIDEN qui assure, les 17 et 18 décembre, la tête d’affiche du festival allemand de Dortmund, un événement qui réunit, entre autres pointures, Ozzy OSBOURNE, DEF LEPPARD, SCORPIONS et MSG. Du beau monde qui attire inévitablement quelques dizaines de milliers de spectateurs venus fêter en avance un Noël sous le signe des décibels. Une foule qui confirme le sacre de l’ensemble de ces formations qui ont fait l’actualité métallique de l’année.

Depuis ses débuts, IRON MAIDEN s’est imposé un rythme de travail soutenu. Mais pour la première fois de sa carrière, Steve HARRIS a vécu avec une formation stable. Pas de changement de musicien en vue ! Ce line-up demeurera inchangé jusqu’à la fin de la décennie qui continue sur le même schéma album-tournée. Inlassablement. La première partie de 1984 est ainsi consacrée à la préparation et à l’enregistrement du futur album. Une nouvelle fois chapeauté par Martin BIRCH au Compass Point Studio de Nassau, IRON MAIDEN peaufine son ouvrage dans les moindres détails, sans envisager une seconde de se compromettre pour plaire aux radios américaines.

Au contraire, IRON MAIDEN inaugure, le 9, le World Slavery tour à grand renfort de publicité. Car, pour la première fois, une formation occidentale passe de l’autre côté du rideau de fer pour se donner en spectacle. L’autre côté est ici la Pologne, celle de Lech WALESA et de son ennemi principal, le général JARUSELSKI. Un Etat communiste acceptant de recevoir IRON MAIDEN, symbole de la dépravation du monde « libre » ? C’est assurément un signe de détente et de mutation de la planète. Le public se déplace, évidemment, en masse pour voir la vierge de fer dont la tournée doit s’étendre jusqu’au mois de juillet 1985 avec 190 représentations. Jamais IRON MAIDEN ne s’est tant investi dans une tournée, jamais la scène n’a ressemblé à celle qui s’offre aujourd’hui au public. Le décor égyptien rappelle évidemment la pochette de l’album à venir, Eddie est plus grand et plus menaçant que jamais et le groupe est au sommet du professionnalisme que l’on attend d’artistes de ce niveau. IRON MAIDEN offre un spectacle qui atteint aisément la qualité et la démesure de ceux de KISS dans ses plus grands moments.

Avant même sa sortie, le 15 Septembre, Powerslave, est déjà un succès. Bien plus que son escapade à l’Est, la bande de Steve HARRIS fait désormais partie de ces groupes incontournables, qui sont sur le point d’atteindre le statut de légende du rock. Powerslave, sans surprise, entre dans le top anglais directement à la seconde place. RIGGS aux commandes de la pochette s’en est donné à cœur joie, se « débarrassant », enfin, d’Eddie, l’envoyant mourir dans l’Egypte antique, embaumé dans un sarcophage, reposant, à tout jamais, au cœur d’une pyramide digne des plus grands pharaons. Et la musique là dedans ? Sur les huit titres, quatre sont des hits (Aces High, 2 Minutes To Midnight, Powerslave et l’épique et indispensable Rime Of The Ancient Mariner). Là encore, on sent une équipe soudée, travaillant de concert ayant trouvé un équilibre humain et une complicité musicale faisant de ce disque un des plus grands du Metal de la décennie. La tournée connaît d’ailleurs le même succès partout où passe le groupe.

A peine l’année 1985 vient-elle de commencer que Rio de Janeiro reçoit, l’espace de quelques jours le plus grand festival auquel les fans de musique rêvent depuis longtemps, sobrement intitulé Rock in Rio. Cette première édition voit des artistes de tous horizons jouer devant quelque 300.000 personnes. La chaleur extérieure n’est rien comparée à celle dégagée par le public. Les organisateurs ont choisi de jouer la carte de l’ouverture d’esprit, chaque style musical étant dignement représenté. Les plus dignes représentants du metal actuel (dont SCORPIONS, ACDC, Ozzy OSBOURNE, QUEEN et WHITESNAKE) passent le 19. IRON MAIDEN, au sommet de sa gloire, donne là un de ses concerts les plus mémorables. Sa conquête du monde continue par une intensive tournée des Etats-Unis. Le groupe a notamment prévu de passer une semaine au célèbre Radio City Hall de New York du 17 au 24. Malheureusement, après une journée de repos bien méritée le 22, les deux derniers spectacles sont annulés pour cause de maladie, chose rarissime dans le parcours des Anglais. Toutefois, les New Yorkais ont quand même eu le privilège de pouvoir assister aux quatre premiers concerts qui, cela va sans dire, se sont donnés à guichets fermés.

Lors du World Piece tour, IRON MAIDEN s’était appliqué à faire succomber le public américain. Avec Powerslave et le World Slavery tour, la victoire est totale. Les Anglais continuent de sillonner et de marteler les USA et s’offrent même le luxe d’être le premier groupe à jouer quatre soirs d’affilée au Long Beach Arena de Los Angeles, du 14 au 17 mars. Quatre concerts à guichets fermés, sans le support – plus du tout recherché depuis l’album Piece Of Mind – des radios américaines ! C’est dire quelle position occupe aujourd’hui le quintette. Leader incontesté du Metal, il se permet d’enregistrer ces concerts pour un premier album live à venir sous peu. Devant un public tout acquis, la vierge de fer offre, comme pour le reste du monde, un des plus importants spectacles jamais vus.

Alors que tout le monde donnait Eddie pour mort et enterré, il réussit, le 26 octobre, à sortir de son sarcophage pour revenir chez les vivants. Il est même naturel de le retrouver illustrant le Live After Death d’IRON MAIDEN, double album témoignage de sa tournée triomphale, enregistré encore et toujours par Martin BIRCH au cours des quatre concerts sold out que les Anglais ont donné au Long Beach Arena . Il était plus qu’attendu ce double live qui se classe n°2 des charts anglais et n°19 du Billboard. Récapitulant la déjà riche carrière du groupe de Steve HARRIS, ce live montre un groupe qui a enfin trouvé son équilibre et une réelle cohésion entre les musiciens. Tout y passe, de Aces High à The Number Of The Beast, en passant par les incontournables Powerslave, The Trooper, 2 Minutes To Midnight ou Iron Maiden, c’est un véritable festival de décibels metalliques qu'offre IRON MAIDEN à son public. Une seule question hante les fans : le groupe est-il capable d’aller encore plus loin, de faire encore mieux ?

Justement... Après un retour à la case studio d'enregistrement, le coup d’envoi du Somewhere On Tour est donné à Belgrade au début du mois de septembre 1986, avant même la sortie de l’album enregistré dans le plus grand secet. Ils auraient pu commencer par leur terre natale mais ont préféré, comme lors du World Slavery Tour, aller voir ce qui se passe derrière le rideau de fer et changer les habitudes avant que ne sorte leur album qui arrive dans les bacs le 11 octobre. Somewhere In Time représente pour la vierge de fer un véritable défi. Il faut énormément de caractère et de créativité pour succéder à un disque comme Powerslave et le Live After Death. Au sommet de sa gloire, IRON MAIDEN a su, pour ce disque mettre tous les atouts de son côté. La pochette, à nouveau signée Derek RIGGS, envoie un Eddie ressuscité dans un futur chaotique et contient nombre de références au passé de la formation britannique. Cette illustration est à elle seule un vrai jeu de piste. Mais le sujet principal reste son contenu d’une efficacité redoutable. Les morceaux s’enchaînent à un rythme soutenu, mettant en avant la cohésion remarquable des cinq musiciens et l’équilibre qui règne entre eux, voire la confiance que Steve HARRIS semble accorder à ses comparses. Adrian SMITH signe ici trois morceaux, dont deux deviendront bientôt des classiques qui, pourtant, préméditaient d’un avenir pas encore proche. Car les paroles de Wasted Years et de Stranger In A Strange Land traduisent lassitude et malaise. Il semble que le syndrome exprimé soit le même que celui ayant forcé le départ de Clive BURR... Pourtant, rien ne transpire du groupe, un nouveau départ n’est absolument pas envisagé, pour la plus grande satisfaction des fans. Les autres morceaux confirment ce sentiment. Pas moins de trois relèvent de l’épique, dépassant largement les sept minutes (Somewhere In Time, Heaven Can Wait et la leçon d’histoire Alexander The Great) écrits – est-ce surprenant ? – par Steve HARRIS.

IRON MAIDEN pourrait sans peine remplir le stade de Wembley, mais opte pour 6 shows dans la salle culte de Londres, le Hammersmith Odeon du 3 au 8 octobre. Guichets fermés chaque soir. Comme partout ailleurs, le public est déchaîné, le spectacle futuriste concocté par le groupe ravi tout le monde, rien n’est laissé au hasard. Lorsque le groupe envahit la scène parisienne de Bercy le 29, c’est accompagné des français de VULCAIN, qui ont sauté sur l’occasion pour entamer les hostilités. VULCAIN, alors le groupe «local» préféré des français, a l’honneur et le privilège d’être le premier groupe français de la famille Hard Rock / Metal à pouvoir jouer devant quelques 17.000 personnes mais n’a pas le droit de se planter. Lorsqu’ils entament le célèbre La Digue Du Cul qui conclu leur set, ils ont pleinement conquis le public. Sans toutefois voler la vedette d’un IRON MAIDEN en pleine forme, jouant ses succès les uns après les autres. Ce concert parisien est même considéré par le photographe Ross HALFIN comme le meilleur qui lui ait été donné de voir de la Vierge de fer. C’est dire…


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Pour des questions techniques, ceci marque la fin de la première partie. La suite de l'aventure IRON MAIDEN vous sera proposée rapidement !


Sources:

www.ironmaiden.com
www.maidenfrance.com
livret du cd Best of the beast
biographies officielles Running Free (Gary BUSHELL, 2nde édition) et Run To The Hills (Mick WALL, 1ère et 3ème éditions)
fiches Hard N Heavy


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