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Chronique
VISAVIS - War machine

Style : Rock
Support :  CD - Année : 2019
Provenance du disque : Reçu du label
9titre(s) - 39minute(s)

Site(s) Internet : 
VISAVIS OFFICIAL WEBSITE

Label(s) :
Season Of Mist
 (19/20)

Auteur : Jan
Date de publication : 15/06/19
Un power trio qui en a encore dans le froc...
Bordeaux, dans une époque apocalyptique. De nombreux bâtiments, historiques ou contemporains, sont la proie des flammes. D’autres sont intacts tandis que beaucoup ont fini par s’effondrer. De noires et intenses fumées se dégagent du centre de la capitale girondine. Pas un chat ne se trimballe parmi les ruines. La cité millénaire est déserte. Le silence est assourdissant. Seul un vent frais au parfum sanguin casse la quiétude forcée de l’agglomération meurtrie. La vie se terre, traumatisée par la violence du choc et l’amplitude du désastre. Personne n’ayant prévu ce qui allait survenir. L’offensive fût subite. Imprévisible de par sa fugacité. Electrique, aussi, de par son origine. Aucune âme ne se doutait du retour de la Bête, 15 longues années après un dernier EP 5 titres, le déjà dévastateur Opening. Voilà qu’en 2019, l’Armageddon refit surface, personnifiée par la terrible machine de guerre affublée de l’étrange nom de code VISAVIS.

Ayant vu le jour en 1985 et après une première démo (Try To Get You), le destructeur robotique lança plusieurs autres salves depuis son QG corrézien de Tulles entre 1988 et 2004, faites de missiles à courte portée, ne contenant généralement pas plus de 7 mégatonnes de matériel radio-actif (avec un passage sur les ondes FM de RMC en 1987 dans l’émission Doum Doum Wah Wah du commandant Jean-François Moulec), exception faite du concurrent au Satan II russe made in France largué sur l’Hexagone en 1995 après quelques modifications dans la composition de base de l’ogive nucléaire avec un Régis BOUYGE en lieu et place de Philippe MAUGET, l’efficience de la formule chimique restant la même. Suivant ces bombardements calamiteux pour celles/ceulles/ceux qui étaient en dessous, la démoniaque VISAVIS continua sur la voie qu’elle s’était tracée, à savoir l’écumage des scènes nationales en vue de ratiboiser la quasi-totalité du territoire en balançant des torgnoles musicales à la gueule des bataillons chevelus raides comme des piquets qui lui firent face, les envoyant ainsi balader dans les orties à la rencontré de mémé Paulette.

Arriva un moment dans la terrible carrière du power trio où une opportunité se présenta à lui à force d’en guetter comme sa bigleuse frangine Anne, qui ne vit rien venir, elle, la nullarde. C’est ainsi que le TNT frenchie, fraîchement signé par la SMAC de son trou (de Hobbit) d’origine, s’attela à mettre en boîte un quintuplé de grenades explosives, à l’instar des CRS durant les manifs de Gilets Jaunes, cependant beaucoup moins inoffensives vu l’influence qu’elles ont eu sur le public des Templiers du Rock’n’Roll néo-aquitain, qui en redemandèrent une dose toujours et encore, un énième shot de Jack (Daniel’s) dans le gosier, ce qui fût aussitôt fait grâce au départ en campagne KissKissBankBank qui a permis à VISAVIS de recharger son arsenal infernal et d’en faire une présentation plutôt musclée en ce début d’année au travers d’une neuvaine blasphématoire à la gloire des combattants du son, du whisky et des trips sur Sunset Boulevard dans la Cité des Anges à la recherche de pulpeuses pin-up.

Car, en effet, VISAVIS ne fricote pas avec les bénis oui-oui et les grenouilles de bénitiers chantant les louanges des avantages à finir crucifié.e ou frappé.e par la fléchette d’un Cupidon ayant abusé du vin de messe. VISAVIS préfère de loin défoncer des plombages, botter des boules ou frapper du poing sur la table basse du salon en marbre blanc offert par papy Mougeot lors du mariage de Tatie Henriette. Du coup, le contenu de la bombe artisanale tulliste donna le ton et dès les premières note de Hey Jack, véritable sosie du Riff Raff d’AC/DC sur les parties de gratte, le rock se fit plutôt hard avant de virer classic sur la seconde moitié des titres. Ce retournement de situation ne cassa pas le rythme général, mais un certain assouplissement dans la mitraille se fit sentir. Certes, il y eut de gros riffs bien gras et heavy, limite stoner. Cependant, la teneur générale était plutôt aux mélodies contemporaines, voire popisantes sur Black Holes, un brin punks sur So Special, très groovy sur From L.A., y compris par endroits sur les autres morceaux. Néanmoins, l’ambiance conserva cet aspect très rauque han drôle sur la plupart des compositions. Si ce n’est carrément metal sur Don’t Turn Around, Sound Soldiers ou Hey Jack, avec ces soli de ouf qui vous scotchent sur place. Régis, le frontman, qui est aussi le six-cordiste, possède des doigts de fée et comprend rapidement quand il lui faut être incisif et saisir les attaques (Give The Boys A Chance, Rough Boy et son tapping à cent à l’heure) ou, a contrario, quand il se doit d’être plus doux et entreprendre une forme de relâchement (Mine Tonight avec l’ingé-son à l’harmonica). De la même manière, la section rythmique incarnée par PB et PH semble assez sautillante dans l’ensemble, amenant quelques dynamiques et harmoniques très intéressantes dans le son.

Production qui, soit dit en passant, fût l’œuvre conjointe de Déclics PROD°, Pierre FLEYGNAC (prise de son, mixage) et Globe Audio MASTERING, pour un résultat final carrément bombastique, chaque déflagration étant un jaillissement de sang chaud, simplement illustré par Gérald CAILLET sur une pochette minimaliste, et d’énergie prise sur le vif par Chris BOGAERTS et son objectif à tête chercheuse. Conséquemment, il ne pouvait en être autrement que de ces ateliers sorte un opus qui soit une bombe H totale. Fort logiquement, l’état du Burdigala actuel après cette supernova supersonique ne pouvait qu’être une copie presque aussi impressionnante de Nagasaki après son survol par le tristement célèbre B-29 Bockscar et le largage de sa funeste cargaison sur une population civile vivant pourtant sa vie tranquillement loin des soubresauts de la WW2. Esgourdes éclatées, vêtements lacérés, mines défaites mais ravies, les témoins de ce carnage musical dans cette région viticole sautèrent de contentement après l’implosion quantique de cette crêpe organique d’une intensité solaire. Le modèle War Machine de la division VISAVIS mérita bien son nom car il ne fit aucune concession sur le champ de bataille, même s’il fût prompt à distiller de la vie plutôt qu’à la prendre. Là était sa force de frappe. Une véritable mine anti-personnelle d’un éclat surréaliste et pourtant extrêmement tangible pour un groupe ayant vu le jour il y a plus de trente piges. Voilà le genre d’album que l’on aimerait bien entendre de la part de certaines autres formations françaises pourtant plus jeunes qui ont l’air d’être déjà à la retraite alors que des « papys » du rock sont encore en pleine forme en 2019 comme viennent de le prouver magistralement ce power trio qui en a encore dans le froc et qui n’a pas dit son dernier mot. Voilà, donc, une bien belle surprise qui démontre, s’il en était une nouvelle fois besoin, que ces « dinosaures » (parmi d’autres) sont bel et bien de retour pour tout fracasser sur leur passage, comme le font les brontosaures et les tyrannosaures quand ils déboisent Isla Nublar. Nous remercions InGen et John Hammond, ainsi que toute son équipe de généticiens, dont Henry Wu, d’avoir eu la généreuse idée de ressusciter ces vestiges du passé qui ont toute leur place dans le présent et qui attendent de déboîter le futur à coups de guitare mélodique et de rythmiques bien épaisses.



Line-up :

Régis « Reg » BOUYGE (chant, guitares)
Pierre « PB » BEYSSAC (basse)
Pierre Henri « PH » TRAUX (batterie)


Equipe technique :

Déclics PRODUCTION (production)
Pierre FLEYGNAC (enregistrement, mixage)
Globe Audio MASTERING (mastering)
Gérald CAILLET (artwork, design pochette)
Chris BOGAERTS (photographie)


Guests :

Pierre « Riri » FLEYGNAC (harmonica sur Mine Tonight)


Studios :

Enregistré et mixé au sein des studios Le Labo (Tulle, Corrèze, FRANCE) et La Boîte A Meuh (St-Aubin-des-Coudrais, Sarthe, FRANCE)
Masterisé au sein des studios Globe Audio Mastering (Bordeaux, Gironde, FRANCE)


Crédits :

VISAVIS (musique, paroles)


Tracklist :

1) Hey Jack
2) Black Holes
3) Give The Boys A Chance
4) Don’t Turn Around
5) Mine Tonight
6) Sound Soldiers
7) So Special
8) From L.A.
9) Rough Boy

Durée totale : 39 minutes environs.


Discographie :

Try To Get You [EP 4 Titres] (1985)
I Wanna Dance [45 Tours 2 Titres] (1988)
Visavis [EP 4 Titres] (1990)
Right On Time [EP 4 Titres] (1992)
La Cage [EP 7 Titres] (1993)
So Special (1995)
Opening [EP 5 Titres] (2004)
War Machine (2019)



Date de sortie :

Janvier 2019



Hey Jack (Clip vidéo officiel) : cliquez ici
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